Le féminisme en 10 films

Frida Kahlo Mistress bomb h

Sur KuB, la journée des droits des femmes, c’est toute l’année !

Qu’il s’agisse d'une création théâtrale produite par des militantes ou de la situation des femmes au travail, dans l’entreprise ou pour les tâches domestiques, qu’il s’agisse de violence conjugale ou d’oppressions sexuelles, KuB est là pour nourrir le débat, pour que l'égalité des sexes, le respect et la dignité des femmes ne soient pas de vains mots, et que la lutte pour les droits des femmes soit considéré comme une cause prioritaire, pour l’émancipation de tous.

Hedda

En 2017, la Russie adopte une loi visant à ne plus punir les violences conjugales. C’est cette nouvelle choquante pour les droits des femmes qui est à l’origine de ce spectacle engagé monté par la comédienne Lena Paugam et l’auteure Sigrid Carré-Lecoindre.

Vibrant message de dignité et d’espoir, Hedda est un spectacle d’une grande puissance abordant le thème de l’égalité homme - femme et de la place de la femme dans la société. Née de nombreuses improvisations, cette pièce jouée par Lena Paugam offre un regard cru et sincère sur les grands thèmes du féminisme. Le reportage de Sylvain Bouttet, nous permet de mieux comprendre les enjeux de ce spectacle passionnant. Une œuvre éprouvante et émouvante, à voir à l’occasion de la prochaine Journée de la femme. Et plus d'informations sur cette réalisation à retrouver sur la page consacrée !

Nue

Comment montrer le corps féminin à l’écran, sans tabou ni vulgarité ? Catherine Bernstein répond à cette question en livrant son corps nu à la caméra, avec une grâce et une maîtrise rares. Avec ce court-métrage d’une stupéfiante beauté, composé de zooms successifs sur les parties de son corps, la réalisatrice parvient à raconter à la fois sa sexualité, son intimité et son histoire personnelle. Il s’agit d’un pari presque inédit : plutôt que de faire intervenir une comédienne, Catherine Bernstein filme son propre corps entièrement nu sur un lit.

Portant un message universel, cette œuvre indissociable du féminisme est une véritable pépite. Sans revendications ni aspirations militantes, ce film d’une grande douceur évoque aussi bien la condition féminine que l’acceptation de son propre corps en dépit du temps qui passe. Tous les détails à retrouver sur la page dédiée à cette réalisation.

MLFMBH

Sorti en décembre 2018, l'album du groupe originaire de Bretagne Mistress Bomb H s’intitule I’m girl, I’m proud. Le féminisme y occupe donc une part prépondérante, comme le prouve le clip du morceau MLFMBH. Confiée à David Moreau, la réalisation de ce titre se présente comme une succession de portraits de figures féminines illustres. Artistes, scientifiques, reines ou guerrières, elles donnent à voir le féminin dans toute sa beauté et sa complexité.

Débarrassé de tout sexisme, ce clip incisif est d’abord une grande réussite visuelle. S’ouvrant sur la chute de danseuses, ce court film se déploie par la suite à travers une galerie de portraits se succédant à un rythme échevelé. Qu’elles soient artistes ou intellectuelles, les figures, présentées ici de manière très descriptive, finissent par décrire avec justesse et sans emphase un éternel féminin trop souvent ignoré. David Moreau signe là un clip sobre et prenant, en forme de nécessaire rappel historique. Plus d'informations sur cette réalisation et le groupe par ici !

Au bonheur des femmes

Simone de Beauvoir, pionnière du mouvement féministe, aurait très certainement apprécié ce spectacle écrit et joué par un collectif de sept comédiennes originaires de la région de Vannes. Il se présente comme un prolongement libérateur et décomplexé de la célèbre pièce Les Monologues du vagin. Désirant aller plus loin sur la question du féminisme, de la sexualité et de la lutte pour les droits des femmes, elles ont décidé de mener à bien leur propre création.

Ludique, joyeux et tendre, le spectacle proposé par cette jeune compagnie féminine séduit par son ton débridé et son authenticité certaine. Les histoires intimes et les questions graves (autour des violences sexuelles notamment) sont abordées avec une grande intelligence. Remarquables, les actrices au cœur de ce projet en font un salutaire plaidoyer contre toute forme de sexisme. Poursuivez par ici pour en savoir plus sur le collectif ou la mise en scène de ce spectacle.

Wonderclito

En France, ce n’est que depuis la rentrée 2017 qu’un manuel scolaire représente enfin correctement le clitoris. Preuve s’il en fallait une que le chemin est encore long pour l’égalité de représentation entre les hommes et les femmes et que la place du plaisir féminin dans la société peut et doit aussi passer par l’éducation.
Alors voilà un petit manifeste didactique, éloge du seul organe de la création dédié au plaisir et possession purement féminine.

Objet d’une méconnaissance maladroite ou victime d'une ignorance délibérée, mais qui est réellement le clitoris ? En 3 minutes et sous forme de documentaire animé, cette réalisation multiplement primée nous propose de retracer un véritable petit historique de cet organe, de sa découverte, en passant par les siècles d’obscurantisme à son sujet jusqu'à aujourd'hui. Le dessin permet à la fois une représentation exacte et sans gêne. Le tabou tombe même grâce à la reprise d’une musique au ton classique, hymne à la gloire du bouton visible pour un pas si petit organe que ça.
Une courte vidéo d’une douceur rosée, par Lori Malépart-Traversy, à destination de tous, pour en apprendre sur le corps des femmes, l’histoire, et revendiquer le plaisir !
Vous en voulez plus sur le clitoris, ce super héros ? Rendez vous ici sur KuB !

Moonkup, les noces d’Hémophile

Peut-on concilier vision féministe et codes du film de genre ? Rarement appliquée dans le petit monde du cinéma français, cette recette détonante fait cependant merveille dans le court-métrage de Pierre Mazingarbe. Ce jeune réalisateur audacieux nous raconte une histoire de vampires en apparence classique, à une exception près : sa dimension résolument féministe. Dans un univers où vampires et humains cohabitent, les femmes doivent offrir leur sang menstruel pour assurer la paix.

Alors que la jeune Hémophile doit se plier à un mariage arrangé par les puissants de ce monde, sa sœur Éva décide de se rebeller pour mettre fin à l’oppression. Abordant le patriarcat, l’émancipation des femmes et le féminisme avec une originalité féroce, Pierre Mazingarbe signe un film court marquant, dont la dimension fantastique n’occulte à aucun moment le message libertaire autour de l’égalité des sexes. Tous les détails de cette réalisation à retrouver sur la page dédiée.

Her

Créé à Rennes en 2015, le groupe Her réunit un duo de musiciens composé de Simon Carpentier et Victor Solf. Déclaration d’amour à un idéal féminin fantasmé, ce court film musical se développe à travers la multiplication de figures imaginaires insaisissables.

Avec ses influences asiatiques, le clip de Nicolas Lexa se démarque par son usage immodéré des effets de style. Alternant les formats, la couleur et le noir et blanc, le film apparaît comme une célébration de la différence et de la beauté féminine sous toutes ses formes. Des inconnues, danseuses ou anonymes, apparaissent puis disparaissent, se dénudent parfois. Avec sensualité et élégance, les innombrables figures féminines qui traversent l’image finissent par composer un univers chaleureux et rassurant, à l’image de la musique du groupe. Retrouvez une chronique de ce clip sur la page dédiée !

Travailleuses, Travailleuses !

Référence au célèbre leitmotiv d’Arlette Laguiller, le titre de ce documentaire de 2018 le place d’emblée sur le terrain du féminisme et des luttes sociales. Dans ce film de 54 minutes, Sonia Larue suit cinq habitantes de la région de Lorient. Celles-ci se confient sur leur travail, leurs centres d’intérêt et leur fatigue au quotidien. En parallèle, la comédienne Erika Vandelet interprète des passages du Journal d’une femme de chambre d’Octave Mirbeau, qui mettent en lumière la difficile quête de l’égalité au travail.

Produit par Olivier Bourbeillon, ce documentaire fournit les témoignages forts de personnalités attachantes cherchant à concilier activité salariée, vie de famille et tâches domestiques. Partageant sans fard leur quotidien, les cinq héroïnes évoquent les difficultés inhérentes au monde du travail aujourd’hui. Retrouvez plus d'informations sur ce documentaire par ici.

Iyawo

En 2018, la jeune réalisatrice Lilas Barbier entreprend de mettre en images le titre Iyawo de Betty. Hymne à l’indépendance féminine à travers le monde, cette chanson constitue autant un hommage à la féminité qu’un message fort dans la lutte contre les inégalités. Auteur-compositrice-interprète, Betty est ici, le temps d’une chanson, ambassadrice des femmes émancipées et respectées. Pareille à une Amazone moderne, elle combat pour les droits des femmes face aux injustices.

Pour livrer ce message militant autour de l’égalité homme - femme et du féminisme, Lilas Barbier choisit de mettre en scène des héroïnes fortes, combattantes et guerrières. Les figures barrées d’un long trait noir, elles apparaissent comme autant de créatures mystérieuses et inatteignables. Multipliant les portraits et les silhouettes, le clip de Lilas Barbier est le parfait complément du morceau composé par Betty. Retrouvez le clip chroniqué sur la page dédiée !

Pascaline et Klara

C’est par le prisme du féminisme que la réalisatrice de ce documentaire édifiant a souhaité aborder la question de l’éducation en France. Pour cela, Céline Dréan a suivi en 2011 et 2012 le quotidien de Pascaline et Klara, deux amies étudiantes qui cherchent leur voie et leur place dans la société. Travaillant toutes deux pour financer leurs études, elles offrent un portrait juste et touchant d’une jeunesse française précaire. Tourné sur l’ensemble de l’année universitaire, le film permet de voir les doutes et les espoirs de ses deux protagonistes.

Habitant à Rennes et toutes deux âgées de 22 ans, Pascaline et Klara sont issues de milieux populaires, au sein desquels le financement des études supérieures devient de plus en plus problématique. C’est cette réalité qu’a voulu mettre en lumière la réalisatrice Céline Dréan. Les dates choisies pour le tournage, coïncidant avec la campagne présidentielle de 2012, permettent également d’aborder la thématique de l’engagement politique des jeunes en mouvement face aux inégalités qu'ils côtoient. Par sa fraîcheur et sa sincérité, ce documentaire enthousiasmant constitue sans aucun doute l’une des plus belles réussites du genre. Pour en savoir plus sur cette réalisation et prendre des nouvelles de Pascaline et Klara quelques années plus tard, rendez-vous sur la page consacrée au film !

ESPACE PARTICIPATIF