À poil les nanas !

cover au bonheur des femmes Au bonheur des femmes, apologue utérin

L’attrait pour le sexe fait partie de la condition humaine, pour le meilleur et pour le pire. Bien au-delà des nécessités biologiques, il est une composante du jeu social fait de domination et de soumission, de règlements de comptes, recherche aveugle d’un exutoire ou d’une consolation... Le sexe génère des attentes démesurées, inappropriées, qui engendrent frustration, et violence ; violences dont les femmes sont les premières victimes.

Dans ce contexte, l’irruption sur scène de la parole des femmes est salutaire. Abordant la chose avec leur ressenti, leur joie ou leur sourde colère, elles extirpent le sexe du secret des alcôves. Il ne s’agit plus d’étouffer l’affaire mais de la porter sur la place publique. Au moment où la parité prend des couleurs et où les femmes s’imposent en tant qu’auteures, écrivaines, cinéastes, artistes... le sexe entre, par leur voix, dans le débat démocratique. C’est le sens profond de l’expérience de ce collectif vannetais de sept femmes, qui ont accouché de leur pièce Au bonheur des femmes, apologue utérin.

AU BONHEUR DES FEMMES, APOLOGUE UTÉRIN

SPECTACLE

par un collectif de sept femmes (2018 - 17')

Elles parlent de sexe, de plaisir et d’amour, elles parlent aussi de viols, de violence et de traumatismes. Elles racontent des histoires vécues ou romancées, avec poésie, humour et émotion, et toujours avec cette même bienveillance qui sublime chacune des histoires intimes. 
Après avoir joué pendant trois ans Les Monologues du vagin, sept femmes accompagnées par un homme qui reste dans la pénombre, ont souhaité poursuivre l’aventure avec un apologue utérin, une exploration des contrées inconnues des mondes féminins. Cette création collective a été créée dans un souci d’instruire et de divertir, de permettre aux spectateurs de retrouver tendresse, amours et désamours, légèreté et gravité, humour... 

Réminicences

TÉMOIGNAGE
Juliette Cazorla, Catherine Chiche, Cécile Bonaldi, Gwenola Espaze et Armel Mandart se remémorent le chemin parcouru, de l'écriture à la scène, de la vie vécue à l'abstraction de l'écriture, de l'engagement du corps et de l'esprit. Elles évoquent aussi les réactions du public et de leur entourage.

Armelle Huyard, Marie-Laure Malouines, Juliette Cazorla, Catherine Chiche, Cécile Bonaldi, Julia Hoefleur, Gwenola Espaze . Lire la suite sur KuB : https://www.kubweb.media/admin/pages/1854/edit/preview/

Le collectif

BIOGRAPHIES

Armel Mandart a été psychologue clinicien toute sa vie, tout en pratiquant, en amateur, le théâtre (il anime des troupes, les met en scène) et la musique (il est auteur et compositeur de chansons, notamment pour le groupe Douarmor et pour le poète finistérien Kristian LeThuaut). Il a écrit une quarantaine de pièces. Avec son épouse Joëlle, ils ont édité une cinquantaine d’auteurs de théâtre aux Éditions Les Mandarines.

Marie-Laure Malouines, 58 ans, fait du théâtre depuis une douzaine d’années, vit en Bretagne depuis 20 ans. Nous avons décidé à cette époque mon mari et moi de changer de vie et d’élever nos enfants au bord de la mer pour faire du bateau, puis l’envie de faire du théâtre est arrivée. Un passage dans deux groupes de théâtre amateur, puis la création d'Arts en scènes avec quelques personnes qui souhaitaient créer une nouvelle façon d’aborder les arts vivants. Je suis la secrétaire de l'association depuis 8 ans; nous sommes contents, ne reste plus qu’à obtenir une vraie salle de spectacle pour les troupes amateurs. Après avoir joué les Monologues du vagin pendant 3 ans, nous avons décidé de repartir sur cette création collective qui, je l’espère, va se poursuivre dans le temps.

Gwenola Espaze, professeure agrégée d’allemand, aujourd’hui inspectrice d’académie. Une année de voyages entre le bac et les études l’ont aidée à se construire et à assouvir son besoin d’expérience. Marcher, courir, nager, lire et écrire, exprimer et partager son rapport au monde. Son métier lui permet de cultiver l’amour de la langue, de la relation humaine et du voyage. Le théâtre est une passion qui la fait vivre intensément, de révéler ce qui dans la vie de tous les jours peut rester invisible. De recevoir et porter quelque chose d’incroyablement vivant, complexe, singulier, inattendu, et au bout du compte, universel.

Juliette Cazorla : Enfance très difficile, vie de femme tout autant. J'ai trois enfants une fille de 42 ans, deux garçons un de 26 ans et 17 ans, qui sont les soleils de ma vie. J'ai vécu avec des hommes qui ne m'ont pas respectée. Par trois fois, à 18, 31 et 56 ans, j'ai pris ma valise et j'ai redémarré de zéro. Aujourd’hui, à 62 ans je deviens enfin une femme qui se respecte, et qui s’épanouit. Autodidacte, j'ai pu accéder à des postes d'assistante de direction en étant partie de rien. Je me suis découverte une âme d’artiste à 56 ans, en m'inscrivant à un atelier théâtre qui a fait exploser plein de blocages.

Julia Höfler Née en Autriche, fille d'un père comédien et d'une mère interprète, j'ai toujours eu l'impression que le monde du théâtre était plus coloré, plus ouvert, moins sérieux. J'ai rêvé que l'art était un langage permettant de s'exprimer au-delà des mots. Je suis devenue comédienne afin de prendre mon enfance dans la poche pour continuer à jouer le reste de ma vie, comme disait Max Reinhardt. J’ai joué sur des différentes scènes et dans plusieurs films au cinéma et à la télévision en Allemagne et en Autriche. C’est là que j'ai découvert que ce monde n'était pas que miel et vie en rose. J'étais malheureuse, entourée de collègues qui se plaignaient. J'ai cherché à aller mieux et j'ai découvert la danse, en France. J'ai commencé à me former en art-thérapie par les contes, les mythes, la danse et les dessins. Aujourd'hui le théâtre revient vers moi d'une autre manière dans un contexte moins professionnel mais plus joyeux. J'en suis heureuse. Je joue, donc je suis ;) 

Catherine Chiche enseigne l’éducation socio-culturelle dans un lycée agricole. Elle a débuté par les Monologues du vagin il y a quelques années avant d’aller plus loin dans Au bonheur des femmes.

Cécile Bonaldi La tête dans "la Piste aux étoiles", je décroche avec difficulté mon bac, démarre un IUT de physique-chimie à Rouen, que je quitte pour filer à Paris et intégrer Le carré Sylvia Monfort, école des arts du cirque et du mime. Je me spécialise dans "acrobatie à la barre russe », puis me perfectionne sous le chapiteau de l’école du cirque de Fratellini. Après une période "spectacles de rue avec deux potes », je me lance dans la formation informatique. En parallèle je rejoins la compagnie Jolie môme où je m’initie au théâtre. J’arrive à Vannes en 97 avec mon fiston sous le bras, continue à bosser comme formatrice pour faire bouillir la marmite et pour que le soleil reste dans ma tête, joue dans différentes pièces de théâtre dans des compagnies amateures. 

Armelle Huyard Petite soeur de Janis Joplin et Angela Davis, élevée par Victor Hugo, Gandhi, Pierre Rabbhi, Hubert-Félix Thiéfaine, John Coltrane, Philipp Glass... depuis mes sept ans je sculpte ma colère et arrondis mes angles, je cirque, je carnavalesque, je pare, j'applaudis je pleure, je ris… Jésus était sûrement un mec chouette, on devrait le déclouer. Qu'est-ce que j'ai fait de ma vie ? Chéri mes enfants, pas assez longtemps contemplé mon amoureux, beaucoup dansé, beaucoup croisé la mort, la douleur, la détresse, beaucoup rigolé quand ça faisait pas trop mal, et aussi quand ça faisait mal, beaucoup accompagné. Fervente animiste les meilleurs jours, gastéropode apathique certains matins, bourlingueuse de chemins de traverse, partie de peu avec un billet open, j'ai toujours fait et aidé à faire du théâtre, en pro ou en amateur, pour apprendre ensemble à distancier nos peurs, comprendre notre histoire, fomenter l'utopie : faire du faux pour créer du vrai...

La révolution du poil

TENDANCES

L'épilation corporelle des femmes est un significative de leur condition.
Quant il n'a pas été purement laissé à son état sauvage, le poil corporel a été considéré comme une sorte d'extension du domaine de la coiffure. À civiliser et à contenir (dans les limites du maillot). Sont arrivées les pubs montrant des femmes effilées et glabres, puis ce sont les actrices porno (et les acteurs) qui ont établi une nouvelle norme : l'épilation intégrale. Étrange attrait pour les symboles d'avilissement.



C'est dans ce contexte que sort À poil les nanas (paroles et musique d'Armel Mandart) promis à un large succès (tube de l'été 2018 ?) >>>

[REFRAIN] À poils les nanas, À bas les dictats, Vive le poil rebelle, Chattes, jambes, aisselles

LA GUERRE DU POIL

documentaire sonore de Pauline Boulet (9', 2018)

Yolande, 82 ans, est esthéticienne. Depuis 50 ans qu’elle arrache des bandes de poils, elle a vu les maillots s’échancrer et, avec eux, les corps se libérer. Mais s’épiler entièrement le sexe et la raie des fesses, est-ce vraiment une libération ? Et au fait, pourquoi on s'épile ? Ou pour qui ? Pauline Boulet a posé son micro entre les cuisses des clientes et la marmite de cire chaude.

Ce que l’amour nous réserve

LE TEXTE

Les textes de Au bonheur des femmes, apologue utérin sont le fruit d’un travail collectif, produit par les comédiennes qui les jouent en scène. Extraits :

Pourquoi le chemin du plaisir peut-il être pour les femmes si long et si ardu ?
 Parfois ça marche et parfois ça ne marche pas, ça monte et ça redescend, ça travaille, ça titille, ça vient, ça vous prend, ça prend pas, ça... ne se dit pas ! Qui parmi vous parle ouvertement de la manière dont elle jouit ? (heu...) 

Il est conseillé de se masturber en couple ! Il est recommandé aux maris de toucher leur femme si la pénétration n’a pas suffi à les satisfaire, pour favoriser la fertilité et pour chasser les pensées “mauvaises” : clitoris satisfait garde femme au foyer !

La chanson de l’orgasme  (extrait)

J’ai sa main sur mon con

Mon cortex à l’abandon

J’ai l’clito qui se rétracte 
J’ai le vagin qui se dilate 
L’utérus qui se contracte

Le rectum c’est tout comme 

[refrain]
Ah mon dieu qu’c’est excitant... 
De parvenir à jouir autant

Ah mon dieu qu’c’est excitant 
J’ai le con bien portant.

Andrès a débarqué (extrait)
Tu as tes jours des mûres-framboises ? 
Le commandant Perry est arrivé ? 
Avec le tampon Absorbax, 
tu n’es plus une pestiférée ! 
Moyennant la taxe, 
le tampon Absorbax 
absorbe tous les soucis ! 
Il absorbe ton sang,
Il te suce ton argent,
Oui mais, il autorise string et shorty! 
Absorbax, pour le luxe et la taxe,
Parce que ton vagin le vaut bien !

Le murmure de la source d’eau claire (extrait)
J’ai reculé quand il s’est approché de moi,
Son regard accroché à mes cuisses,
J’ai crié quand j’ai senti son souffle sur ma nuque, 
Quand il m’a prise corps tremblant,
Sous les branches d’olivier et les feux du soleil, 
Jetée tête contre terre,
Hurlé quand il m’a tordu le corps, frappée au visage, 
Parce que je disais non,
Quand il m’a ouvert les jambes, le sexe et le ventre, 
Tandis que je fixais le ciel,
Et les feux du soleil se sont éteints brusquement,
Et lui s’est lavé les mains dans la source d’eau claire.

Un spectacle lumineux

REVUE DU WEB

TÉLÉRAMA >>> Articles, entretiens... dossier complet : Sexe féminin : tout ce qu'on nous a caché.

LE TÉLÉGRAMME >>> Une écriture légère et directe, tendresse, humour, gravité ont conquis l’auditoire. Des histoires qui interrogent la question de la femme, sa position dans la société d’aujourd’hui afin de permettre à celles et ceux qui les écoutent de mieux les comprendre. Un spectacle lumineux. 

CRÉDITS

AU BONHEUR DES FEMMES, APOLOGUE UTÉRIN 

une création originale d’un collectif de sept femmes 

mise en scène par     Armel Mandart

avec
Armelle Huyard, Marie-Laure Malouines, Juliette Cazorla, Catherine Chiche, Cécile Bonaldi, Julia Hoefleur, Gwenola Espaze  

une production     Arts en Scènes

captation vidéo du spectacle     Daniel Malry

tournage et montage des témoignages     équipe de KuB

ESPACE PARTICIPATIF

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