Corps de femmes

femme corps vignette

Sujet inépuisable, le corps des femmes, intime mais politique, est omniprésent. Les représentations du corps de la femme dans l’art abondent, les films regorgent de corps nus… De la Grèce antique - et sa recherche du corps idéal de femme ou d’homme - à nos jours - avec la surreprésentation des silhouettes de mannequin-, le passage des siècles a vu sans cesse se redessiner le standard du corps de femme parfait. Your body is a battleground, placardait l’artiste Barbara Kruger en 1989 sur la sérigraphie du même nom. Terrain de bataille, donc, notamment de la dichotomie mère ou putain, le corps des femmes existe pourtant bien au-delà de ce regard patriarcal. C’est pourquoi cette page dédiée regroupe principalement des œuvres de femmes, évoquant de manière polyphonique le corps des femmes, dans toute la complexité et la profondeur du sujet.

Nue, corps de femme nu

Une caméra s’attarde sur les détails d’un corps de femme nu allongé sur un lit, un corps qui raconte une vie, sa peau sur laquelle est inscrite une histoire. La femme se livre, parlant de ses yeux, de ses sourcils, de ses seins, de son ventre, de ses jambes... Sa parole recompose peu à peu ce corps de femme dans sa totalité.

Alors que le cinéma contemporain ne cesse de fragmenter le corps des femmes, ce film profondément émouvant est élaboré par touches, le ressoude.. Retrouver l’unité, l’unicité et l’universalité à travers un corps de femme nu. L'amour des autres comme accès à l'acceptation, à l'amour de soi, et les représentations d’un corps de femme normal comme celle-ci y contribuent. Telles sont les bouleversantes questions qu'aborde ce film tout en pudeur et en délicatesse.

Clichés, photos artistique de corps de femme

Clichés montre une femme seule dans sa chambre en ville, qui s’apprête après le bain. Moment émouvant de retour à soi, de reconnexion à son corps de femme nu dans ses moindres courbes.

Mais ce moment de liberté va rapidement toucher à sa fin.

La cinéaste cherche à interroger nos identités multiples, celles qu’on révèle facilement, celles qu’on cherche à gommer et celles que le regard de l’autre impose. Elle dit : Je suis fascinée par les ruses que déploient les femmes pour séduire. Je suis à la fois émerveillée et gênée par ces formes d’imposture qui nous rendent, nous les femmes, si fébriles face aux diktats de la séduction. Comme si le corps féminin voilé ou dévoilé était un lieu de pouvoir et de manipulation, une arme dont on use pour régner ou se soumettre.

Clichés est né de cette volonté de s’interroger sur le corps de femme en tant qu’objet contradictoire qui obéit à une seule règle de jeu : donner à voir une image de soi qui n’est pas soi.

Au bonheur des femmes, sexualité féminine

Difficile d’évoquer le rapport au corps des femmes sans parler de sexualité. L’attrait pour le sexe génère des attentes démesurées, parfois inappropriées, qui peuvent engendrer frustration et violence, et dont les femmes sont les premières victimes.

Dans ce contexte, la libération sur scène de la parole et du corps des femmes est salutaire. Abordant la chose avec leurs émotions, leur joie ou leur sourde colère, les actrices extirpent le sexe du secret des alcôves. Il ne s’agit plus d’étouffer l’affaire mais de la porter sur la place publique et dans le débat démocratique. C’est le sens profond de l’expérience de ce collectif vannetais de sept femmes, qui ont accouché de leur pièce Au bonheur des femmes, apologue utérin.

Elles parlent de sexe, de plaisir et d’amour, elles parlent aussi de viols, de violence et de traumatismes. Elles racontent des histoires vécues ou romancées, avec poésie, humour et émotion, et toujours avec cette même bienveillance qui sublime chacune des histoires intimes.

Moonkup, corps de femme vampirisé

Ce court métrage met en scène avec un humour noir le contrôle exercé sur le corps des femmes dans nos sociétés. Deux sœurs, l’une sage, fragile, promise à un mariage arrangé, l’autre plus âgée et consciente de son pouvoir sexuel... Parce qu’elles portent toutes deux cette force au fond de leur ventre, elles vont entrer en résistance face à la loi des hommes.

Dans cet Orient Express où se croisent collaborationnistes, vampires obscènes et parvenus, Éva, la fille illégitime du propriétaire des chemins de fer, fera de son corps de femme une arme et s'érigera en figure de la résistance. Une Antigone prête à tout pour s'affranchir de ce régime totalitaire et misogyne.

Wonderclito, dessin d’un corps de femme

Ce court film d’animation donne à voir le dessin d’un corps de femme minimaliste, ou plutôt une partie bien spécifique de l’anatomie féminine. Il est à peine croyable que le clitoris n’ait pas été techniquement dessiné avant 1998, et qu'il ne soit entré dans un manuel scolaire qu'en 2017 ! Le clitoris n'est pourtant pas un astre lointain, nécessitant des expéditions interstellaires ! 25% des adolescentes ignoreraient qu’elles en ont un. Dépourvu d’intérêt dans une pédagogie basée sur le système reproductif, il est l’organe du plaisir féminin par excellence. Ajouté à la liste des zones érogènes du corps de la femme, à la fois à l’intérieur et à l’extérieur, il n’est cependant pas la plus facile à découvrir.

Fille et soie, corps humain

Séverine Coulon, seule en scène, transforme trois contes traditionnels aux protagonistes féminins : Blanche-Neige (Grimm), La Petite Sirène (Andersen) et Peau d'Âne (Perrault). Ces adaptations ont un parti-pris drôle et moderne : on s'y projette aisément, dans nos propres rapports au corps, à la séduction, à l'apparence ou bien à la vieillesse. Séverine Coulon parle de féminité, du corps de la femme, de sa vieillesse, de ses défauts, de ce qu’on se fait subir pour atteindre le corps de femme parfait. Enfin, elle évoque le long chemin qu’une femme doit parcourir pour s’émanciper. Un message primordial aux petites filles , mais pas seulement : les garçons à côté le reçoivent aussi.

Monologues du vagin, le rapport au corps des femmes

Retrouvez ici la bande annonce de cette oeuvre (les droits de diffusion sur KuB sont arrivés à échéance).

Savoir regarder sa vie affective et sexuelle, ses désirs, ses douleurs, toutes ces choses contenues dans le corps d’une femme.

Dans une société où le corps des femmes s’est progressivement déshumanisé, la parole des femmes devrait-elle être uniformisée, sans référence à l’expérience personnelle ? Comment parler du ressenti, de l’intime, des particularités de chacune ? Au moment où les femmes commencent à se faire entendre, comment éviter la culture de la femme-objet, et apprendre à parler de sexe ? Avec la complicité d’Ilse Tempelaar, Geneviève Robin nous invite à découvrir le témoignage de vingt comédiennes amateures qui ont joué les Monologues du vagin d’Ève Ensler. S’approprier les mots, oser prendre la parole, aborder des sujets tabous attachés au corps féminin, se décomplexer et, à travers son rôle, participer à l’éducation à la sexualité.

COMMENTAIRES