le vide dans la maison

cover-du-vide-dans-la-maison.jpg

Alzheimer

Dans son documentaire Le vide dans la maison, Sylvain Bouttet a choisi de suivre Yves dans ses sorties sentimentales, ses visites à son épouse Henriette au centre spécialisé de Kuzh-Héol (Finistère). Son film raconte, sans fioritures, le quotidien des malades d’Alzheimer, avec de minces moments d’interaction où l’autre adresse un regard, un mot, parfois un cri. Autant de bonheurs.

Toute la poésie du film est dans la visibilité de ce lien. On y voit comment, en dédramatisant une situation, les soignants comme les familles accompagnent ce lent voyage vers la folie. C’est de cette bienveillance, cet ajustement nécessaire au quotidien des malades dont il est question. Avec un profond respect, le réalisateur saisit le dévouement des soignants, soucieux du bien-être des personnes, s’adaptant sans cesse à l’évolution de la maladie. Le désapprentissage de la langue ou des gestes sont autant de marques de l’emprise d’Alzheimer, cette réalité est livrée ici avec naturel dans ce documentaire sincère et touchant.

LE VIDE DANS LA MAISON

un documentaire de Sylvain Bouttet (2013- 55’)

Histoire d’un couple, fragilité de la vie. Elle, la raison l’a quittée. Lui, l’époux, la raison lui échappe, seul dans la maison devenue inutile. Pourquoi, pourquoi n’a-t-il pas vu plus tôt, pas voulu voir ? Au soir de leur vie, Yves reconstitue une histoire d’amour. Entre passé et présent, entre le Centre pour Alzheimer et la maison vide, sans elle.

>>> un film produit par Franck et Marie-Laurence Delaunay, CANDELA PRODUCTION.

Parler de celui qui reste

INTENTION

Ce film traite de la solitude. La dernière, celle qui n'est plus seulement transitoire. Désormais on est seul, l’autre n’est plus là, ou alors pas vraiment : la tête ailleurs.
Comment évoquer Alzheimer sans faire peur, sans se barricader derrière les considérations médicales, sans angélisme ? Simplement au niveau du rapport à l'autre : à l'échelle humaine.
J'ai donc adopté le point de vue de l’aidant, celui qui reste, que j’ai un jour appelé l’aimant. En m'attachant principalement à Yves, un homme de quatre-vingt-quatre ans. Discret, il m'emporte dans son histoire d’amour, dans son passé et son présent désormais réglé par l'absence de sa femme pourtant bien vivante.
Lui dans leur maison si vide, elle dans ce nouveau foyer lumineux. Leurs chemins se sont perdus comme dit Yves, mais ils continuent, ensemble envers et contre tout. Puis, ce voyage au quotidien se double peu à peu d’un cheminement plus abstrait dans les méandres de la maladie, hors des sentiers battus. Comment faire le deuil d’une personne vivante ? Des images fixes en noir et blanc figent ces réflexions sans réponse véritable à l’équation absurde, comme autant de touches d’espoir malgré tout en la vie qui passe, dans tous les sens du terme.

EHPAD, la crise

Les EHPAD - établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes - traversent une crise sans précédant. L’allongement de la durée de vie, et l’arrivée des personnes de plus en plus âgées pose la question de la restructuration de ce secteur.
Le Vide dans la Maison a été tourné au centre Kuzh-Héol, spécialisé pour les malades souffrants d’Alzheimer. De nombreuses personnes ne bénéficient pas de cet accompagnement personnalisé car, faute de places, elles résident en EHPAD. Leur pathologie psychique s’ajoute à la sénescence globale et va représenter pour les aidants une prise en charge supplémentaire.
L’évolution des pathologies et donc des soins n’a pas été suivie de restructurations dans les EHPAD. Leur fonctionnement repose en principe sur une prise en charge collective, avec un tarif limité. Or il faudrait davantage de temps passé dans le soin,


et l’attention portée aux personnes. La crise que traversent ces établissements est liée à leur inadaptation à ces évolutions, tant au niveau des équipements que des effectifs (personnel médical et paramédical). Actuellement les charges de fonctionnement de chaque EHPAD sont réparties entre les trois sections tarifaires : hébergement, dépendance et soins. Le calcul de la prise en charge moyenne par résident n’a pas varié. Un projet de réforme tarifaire est porté par Agnès Buzy, Ministre des Solidarités et de la Santé.

En 2030, la France comptera 5 millions de + de 85 ans (contre 1,5 million aujourd'hui). Pensé comme une maison de vie, ou maison de retraite initialement comme une structure collective, l’EHPAD doit changer, et vite !

SYLVAIN BOUTTET

BIOGRAPHIE
Bouttet Sylvain réalisateur portrait du vide à la maison

Né en 1960 à Dinard, Sylvain Bouttet est d’abord un photographe qui travaille sur l’humain
Il est publié dans le Chasse-Marée, Voiles et Voiliers, Photo-Reporter, Réponses Photo. Lauréat du prix Olympus-Tamron, de la Guilde de l’Aventure et finaliste du prix Ilford. Expositions Signe de vie des Terre-Neuvas et Café Bouillu.
Réalisateur-cadreur de documentaires pour France Télévisions (Thalassa, Faut Pas Rêver…) et Arte. Son film “Love” (Brouillon d’un rêve SCAM) est sélectionné en 2010 à Documentaire sur Grand Écran. "En permanence" a été en compétition au Cinéma du Réel 2008 et a eu le prix spécial du jury Traces de Vies. Au total, il a tourné une trentaine de documentaires dont : Fin de moi(s), Une enfance en absence, Quand on est mort, c'est pour combien de dodos ? Un jour, la rue , Planète Zanzan, Vies en chantier, La marée était en vert, Le voyage de Jacky (Molard), Un homme à la mer, Ça tourne à la campagne…
Sylvain Bouttet travaille le plus souvent seul.

Preuve d'amour

REVUE DU WEB

OUEST FRANCE >>> Le film évoque les grandes difficultés morales et matérielles de l'entourage face à la destruction lente des capacités intellectuelles et physiques de leurs proches, tout essayant de les soulager et de les soutenir.

FRANCE 3, Emilie Colin >>> On y suit Yves dont la femme atteinte d'Alzheimer n'est plus vraiment sa femme justement. La maladie en a fait une autre, avec laquelle il faut conjuguer. Le réalisateur nous parle de sa démarche.

LE TÉLÉGRAMME, Didier Déniel >>> Cette violence qui, souvent, gagne du terrain avec l'avancée de la maladie. Pour Yves, ce n'est pas un souci. Même quand tu m'insultes, je sais que ce sont des mots d'amour, souffle-t-il à l'oreille de sa femme Henriette. 64 ans de mariage, c'est la preuve qu'il y avait de l'amour.

CRÉDITS

réalisation, image et son Sylvain Bouttet
montage Claude Le Gloux
étalonnage Marcello Cilurzo

musique Hélène Labarrière, Jacky Molard
mixage Frédéric Hamelin, Chutt
graphiste Philippe Bruneau



une coproduction
Candela productions, France Télévisions, TVR, Tébéo-TébéSud

avec le soutien de la Région Bretagne, du Département des Côtes d’Armor, de la Procirep-Angoa et du Centre National du Cinéma

Artistes cités sur cette page

Bouttet Sylvain réalisateur portrait du vide à la maison

Sylvain Bouttet

ESPACE PARTICIPATIF

    KuB vous recommande