Paysans, retour à la vie

regard de veau biodynamie
À voir jusqu'au
02/06/2021

Une voix familière - François Morel - nous raconte le bien-être paysan, celui de la famille Pageot et de ses vaches laitières installées dans le Marais breton (sud de Saint-Nazaire).
Le réalisateur Patrice Gérard prend un malin plaisir à nous faire déguster la tranquille sérénité de ces paysans qui ont repris leur destin en main, eux qui pratiquent une agriculture de vie par opposition à celle dite conventionnelle, qui agit par éradication des insectes, des champignons, des herbes folles… et pour finir du biotope tout entier.

Une petite heure dans la ferme pour vérifier que tout ça fonctionne, puisqu’il est une idéologie qui continue d’affirmer qu’il n’y a point de salut en dehors du productivisme, qu’on ne peut pas se défaire des bienfaits de la chimie, et que les bios sont de doux rêveurs, pire ! des gens qui se contrefichent de savoir si le populo peut s’offrir ces produits issus d’une agriculture biodynamique.

Face à cette alternative, Le veau, la vache et le territoire nous apporte des réponses limpides.

FILM

LE VEAU, LA VACHE ET LE TERRITOIRE

de Patrice Gérard (2015 - 52’)

Les paysans de la ferme du Marais Champs maîtrisent l’agronomie sur les bouts des doigts. Pour assurer les récoltes et accompagner les vaches dans leur carrière lactée, ils ajoutent une pincée d’agriculture céleste, c’est-à-dire de biodynamie. Leur pratique est passionnée, les animaux sont bien traités, eux-mêmes se traitent bien et le pire, c’est que tout ça fonctionne ! À travers la vie d’une vache et d’un troupeau, nous découvrons au fil des saisons une agriculture pleine de poésie, harmonieuse, inventive, engagée, respectueuse des sols, des animaux et des hommes, et créatrice d’emplois.

>>> un film produit par Estelle Robin You pour Les Films du Balibari

INTENTION

À problème global, solution locale

agriculteur avec une mère vache et deux petits

par Patrice Gérard

Le modèle agricole productiviste est en crise : pollution des aliments et des sols, dépendance à la filière agro-industrielle, maltraitance des animaux mais aussi dépossession d’un savoir-faire des agriculteurs, sans compter ceux qui, au bout du rouleau, se suicident. Mon documentaire s’intéresse à ce qui germe et constitue une solution pour l’avenir, à l’échelle locale mais aussi mondiale.

En 2007, j’ai fait un premier film sur l’agriculture Les vaches ne regardent plus passer les trains. Je me suis aperçu que c’était les mêmes gens, la même parole franche que chez les marins. Ce film-là m’a passionné. Je n’ai rencontré que des gens sympathiques, pieds et poings liés dans l’agriculture conventionnelle. L’exploitant y est soumis aux grandes centrales agricoles. C’est un exploité agricole. Il est dans la même situation qu’un ouvrier dans une usine.


Ce qui m’a donné envie de faire ce film, c’est de voir le paysan comme quelqu’un qui se tient debout. Les paysans sont des gens qui tentent des choses. Or c’est bien là, la démarche de l’agriculture biodynamique : les gens réfléchissent. Ils sont face à leurs choix, expérimentent et peuvent vivre de leurs erreurs.
Les précédents films étaient portés par un regard critique. Dans celui-ci, c’est surtout la douceur qui domine. Le film s’ouvre ainsi par une naissance car il fallait que l’on soit à la naissance d’une nouvelle agriculture. Une forme de poésie se dégage. Cela parle du bien être des animaux, de la manière dont on les traite, et celle dont on traite les gens. Il y a donc de l’espoir dans ce film, matérialisé par l’exemple de la ferme du Marais Champs, qui montre qu’une autre agriculture est possible. En définitive, c’est un film très politique. On demande aux gens de penser par eux-mêmes. Sa principale qualité, c’est que les questions qui y sont exposées sont résolues.

BIOGRAPHIE

Patrice Gérard

Portrait réalisateur Patrice Gérard à la barre d'un bateau

Avant de devenir cinéaste au début des années 90, Patrice Gérard a été marin pêcheur à L’île d’Yeu. Et c’est debout sur une table d’un café à raconter une pêche aux requins homérique qu’il rencontre Georges Pernoud, qui lui propose de rejoindre l’équipe de Thalassa. À d’Yeu Vat, un feuilleton documentaire de douze épisodes marque un tournant décisif dans sa carrière d’aventurier du quotidien. Il confirme son regard distancié et solidaire. Observateur attentif, il tisse le fil de ses documentaires à partir de rencontres. Des films en immersion où il met à jour la transformation des territoires et la manière dont les hommes réagissent aux mutations induites par la mondialisation. Une rencontre avec un pédicure pour vache le fait basculer de la mer à la terre. Patrice traîne ses bottes bleues de marin dans les champs. Avec Les vaches ne regardent plus les trains, il pointe les dérives de la génétique. Puis vient Le veau, la vache et le territoire, un deuxième film qui donne à son approche du monde agricole le caractère d’un cycle. Les apprentis en herbe (2018) raconte la transition bio avec une interrogation centrale : pourquoi si peu d’agriculteurs suivent-ils le mouvement ?

COMMENTAIRES

  • 2 Juin 2020 13:42 - Davy louis

    La bio de P. Gérard "l'aventurier" laisse à penser que son feuilleton "A d'Yeu Vat" déjà diffusé sur votre site fut entrepris pour Thalassa … Si la réalité est moins prestigieuse (Ô THALASAAAA !!!) , elle n'en est pas moins intéressante s'il s'agit de raconter l'histoire d'un sauvetage par une modeste antenne régionale de service public ...Bien à vous. LMD

CRÉDITS

avec la voix de François Morel
réalisation Patrice Gérard
image Yoann Martineau
montage Gaëlle Villeneuve
étalonnage Marcello Cilurzo
titrage Cédric Tromeur
musique originale Olivier Champlain

production Les Films du Balibari
coproduction France 3 Pays de la Loire
avec le soutien du Centre national du cinéma, de la Région des Pays de la Loire

Artistes cités sur cette page

Portrait réalisateur Patrice Gérard à la barre d'un bateau

Patrice Gérard

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