Portrait réalisateur Patrice Gérard à la barre d'un bateau

Patrice Gérard

  • réalisateur

Avant de devenir cinéaste au début des années 90, Patrice Gérard a été marin pêcheur à L’île d’Yeu. Et c’est debout sur une table d’un café à raconter une pêche aux requins homérique qu’il rencontre Georges Pernoud, qui lui propose de rejoindre l’équipe de Thalassa. À d’Yeu Vat, un feuilleton documentaire de 12 épisodes marque un tournant décisif dans sa carrière d’aventurier du quotidien. Il confirme son regard distancié et solidaire. Observateur attentif de son environnement proche, il tisse le fil de ses documentaires à partir de rencontres. Des films en immersion.

À cette échelle, il met à jour la transformation des territoires et la manière dont les hommes réagissent aux mutations induites par la mondialisation. Une rencontre avec un pédicure pour vache le fait basculer de la mer à la terre. Patrice traîne ses bottes bleues de marin dans les champs. Avec Les vaches ne regardent plus les trains (2007), il pointe les dérives de la génétique. Puis vient Le veau, la vache et le territoire, un deuxième film qui donne à son approche du monde agricole le caractère d’un cycle.

Son dernier documentaire Les apprentis en herbe (2018) raconte la transition bio avec une interrogation centrale : pourquoi malgré la crise que traverse aujourd’hui la paysannerie, un plus grand nombre d’agriculteurs ne suit-il pas le mouvement ?