Qui a tué Louis Le Ravallec

cover qui a tué louis le ravallec philippe guilloux

Inspecteur Donatien

Qui a tué Louis Le Ravallec ? Le titre du long métrage documentaire de Philippe Guilloux a des consonances de polar. C’en est un, avec deux enquêtes, menées à 230 ans de distance. 

Une lamentable histoire que celle du jeune Louis : le 13 avril 1732, il se rend avec quelques camarades au Pardon de Saint-Fiacre, dans le pays du Faouët, célèbre pour la bénédiction d’un énorme bouquet de fleurs donné en offrande au saint-patron des jardiniers. Louis se laisse entraîner à un souper qui se prolonge tard dans la soirée. Sur le chemin du retour, ses trois compagnons tuent le pauvre Louis.  La justice, après cinq années de procédures, classe l’affaire. 
En 1962, un ethnomusicologue, Donatien Laurent, parvient à démontrer l’origine criminelle de la mort de Louis, après une enquête minutieuse passant par l’analyse d’une gwerz*, une complainte bretonne, qui relate les faits, jouant ainsi son rôle de mémoire collective à travers les siècles.


* la gwerz est un chant sombre, fantastique, tragique, racontant des apparitions surnaturelles, des assassinats, des infanticides, des duels à mort, des trahisons, des enlèvements et des violences de toutes sortes. Souvent sur le fondement d’événements réels. Les Bretons ont chanté la vie à pleine gorge pour exalter la joie ou endormir la peine. Ils s’accompagnaient de chansons, du berceau à la tombe et toutes circonstances étaient bonnes pour improviser un véritable journal en couplets. Per Jakez Helias

QUI A TUÉ LOUIS LE RAVALLEC

un documentaire de Philippe Guilloux (2013 – 90’)

Le Faouët, 26 avril 1732 : un pêcheur découvre sur les bords de l’Ellé le corps sans vie de Louis Le Ravallec. Cette macabre découverte est le point de départ d’une enquête qui va durer plus de cinq ans. Après de nombreux rebondissements, les juges estimeront que le jeune homme a fait une chute et s’est fracassé le crâne sur les rochers. 


230 ans plus tard, Donatien Laurent exhume les carnets de notes d’un vicomte au 19e siècle, Théodore Hersart de La Villemarqué, qui contiennent la gwerz Pardon Saint Fiakr. Celle-ci donne une tout autre raison à la mort de Louis Le Ravallec : il aurait été assassiné, victime d’une rivalité amoureuse. Parcourant la campagne du Faouët, l’ethnomusicologue rencontre des interprètes de cette gwerz et rassemble les traces de la tradition orale encore présentes dans la mémoire collective. Il les confronte au volumineux dossier de l’enquête officielle conservé aux archives départementales du Morbihan. Plus de deux siècles après les faits, il livre ses conclusions : c’est la gwerz qui donne la bonne version, Louis Le Ravallec a bien été assassiné. 
Qui a tué Louis Le Ravallec ? permet de comprendre le rôle social des gwerzioù, leur techniques narratives, leur mode de transmission, il relate le travail de Donatien Laurent qui légitime l’utilisation de la littérature orale comme source fiable de recherches historiques. Le film est aussi le portrait de ce chercheur aux méthodes atypiques, directeur de recherche au CNRS, aujourd’hui reconnu comme l’un des plus grands spécialistes mondiaux de la transmission orale. 

La gwerz : une ressource historique

DOCUMENTATION
Louis le ravallec

par Philippe Guilloux

La plupart des communautés humaines se sont développées sans autre moyen de transmission de l’information que la parole et sans autre moyen de stockage que la mémoire individuelle. La transmission de cette parole se faisait à l’occasion de veillées, de fêtes, de célébrations, sous forme de chants, contes, proverbes, complaintes… visant à capter l’auditoire et à mémoriser des informations. 
En Bretagne, cette tradition orale est principalement fondée sur la gwerz. Héritées des poèmes médiévaux dont la fonction est de raconter un événement et d’en transmettre le souvenir, ces complaintes interprétées en breton décrivent des faits divers : accidents, infanticides, disparition d’un être aimé... Elles se caractérisent par un souci du détail. Là où une chanson française parle d’un soldat mort à la guerre, une gwerz donnera son patronyme, le nom de son village d’origine, les circonstances de la mort, les conséquences pour la famille du défunt. 


Bien que porteuse d’informations importantes sur une société essentiellement rurale, le chant de tradition orale a longtemps été négligé par les historiens qui contestaient leur fiabilité. Les transcriptions des folkloristes lettrés - tels Aymar de Blois de la Calande qui recueille dès 1820 trente couplets d’une gwerz relatant un mariage malheureux, complainte qui relate l’union de Marie de Keroulas et le seigneur de Chateaugal en 1565 - auraient pu permettre de lever cette objection, mais la méconnaissance de la langue bretonne par les historiens n’a pas permis l’exploitation de ces manuscrits. 
C’est dans ce contexte qu’il faut replacer le travail de l’ethnologue Donatien Laurent ; pour en mesurer l’importance et l’influence sur l’évolution du regard que portent aujourd’hui les historiens sur la chanson de tradition orale. 

Sensibiliser à la culture bretonne

ENTRETIEN
qui a tué Louis le ravellec

par Caroline Troin, pour Films en Bretagne

Entretien avec Philippe Guilloux, qui avec son film Qui a tué Louis le Ravallec nous offre une belle réflexion sur la transmission orale. C’est tout un pan de culture bretonne que nous découvrons à travers l’histoire d’une gwerz singulière, Pardon Sant-Fiakr, dans un récit tressé avec un émouvant portrait de l’ethnomusicologue Donatien Laurent. 

Traité comme un scénario policier, le film est un long métrage documentaire nourri de séquences fictionnées. Un film à découvrir du 18 avril au 5 juin dans une dizaine de salles bretonnes.

Caroline Troin : À quand remonte ce désir de film ?
Philippe Guilloux : Je me souviens m’être longuement interrogé sur l’accueil délirant fait à Denez Prigent aux Transmusicales 1992 puis aux Vieilles Charrues.


Il transportait toutes les générations avec des gwerzioù du siècle dernier. Cela a résonné avec une question que je me pose depuis longtemps : comment sensibiliser les jeunes à la culture bretonne ? J’ai voulu utiliser les outils d’aujourd’hui et l’image en fait largement partie.
Cette réflexion sur les outils vous entraîne sur ce beau sujet de la gwerz, initialement imaginé en fiction ?
Oui, le portrait de l’ethnomusicologue Donatien Laurent, et au-delà, le récit de ce qu’est la gwerz pouvaient s’inscrire dans une fiction. Comme la gwerz qui, inspirée par le réel, finit toujours par raconter une histoire. Comme Donatien, qui n’est pas seulement un quêteur d’airs, mais qui vient chercher ces histoires. J’avais pensé mettre en scène ce qui s’est joué autour de cette fameuse gwerz de Le Ravallec et rejouer les jeunes années de Donatien.
Pouvez-vous nous en dire plus sur Donatien Laurent ?

Je l’ai rencontré, il y a un peu plus de trois ans, et suis tombé sous le charme de ce personnage lunaire : pour lui, s’asseoir sur un banc sur une place au Faouët en 1965 et demander à son voisin s’il connaît Le Ravallec, un garçon mort 250 ans plus tôt, c’est naturel… Après une thèse de breton, il a voulu relier musique, linguistique et ethnologie. Dans les années 50, il recueille des chants populaires. Puis il devient chercheur au Centre de Recherches Bretonnes et Celtiques où il accomplit un immense travail, notamment autour des carnets de La Villemarqué, auteur du Barzaz Breiz. C’est au cours de ces recherches qu’il découvre la gwerz et l’histoire de Le Ravallec.
Que raconte cette histoire en quelques mots ?
En 1732, le cadavre du paysan Louis le Ravallec est retrouvé dans une rivière, près du Faouët. Au cœur de l’histoire, une rivalité amoureuse. Les autorités de l’époque concluent à un accident et l’affaire s’achève sur un non-lieu. Or, la gwerz évoque un crime, sans donner le nom des coupables par peur de représailles. Le récit s’est transmis et enrichi au fil des siècles, les chanteurs rajoutant des détails au fur et à mesure que les protagonistes directs disparaissaient.
Il faudra attendre 1965 et le travail de Donatien pour accréditer la thèse du meurtre. Il s’est livré à une véritable enquête policière, a étudié toutes les versions de la gwerz, ses évolutions et les a confrontées aux archives judiciaires. Sans chercher au départ à résoudre l’énigme, il ouvre de nouvelles pistes et donne une autre lecture de l’histoire. En découle une magnifique réflexion sur la transmission orale, trop souvent négligée par les historiens.
Pourquoi avoir choisi la forme documentaire, mêlant des entretiens avec Donatien et des scènes de fiction autour du personnage Louis Le Ravallec ?

C’est la rencontre avec Donatien qui m’a fait changer d’avis. Il aurait été incongru de faire jouer son rôle par quelqu’un d’autre. Donatien est à lui seul un personnage et son parcours de vie est un scénario plein de rebondissements. De toute façon, doc, fiction, docu-fiction, tout ça, ce sont des cases. Dans tous les cas, il s’agit d’embarquer le spectateur dans une histoire. De la même manière, je ne fais pas un film pour la télé ou pour les salles. D’ailleurs, ce formatage, je ne suis pas sûr qu’il réponde vraiment aux attentes des spectateurs. C’est pour ça que j’aime aller à leur rencontre en diffusant le film en salles. Ce retour direct nous conforte dans l’idée que le spectateur est encore un être humain doté d’un cerveau disponible et pas seulement pour lui vendre du coca. On n’a pas systématiquement besoin de le prendre par la main . À partir du moment où on lui donne des clefs, on peut l’emmener sur tous les chemins.
Le volet fiction a-t-il été difficile à mettre en place ?
Un peu, mais je me suis pris au jeu. Jusqu’à chercher un porte-clés de 2cv datant de 1965 ! Et il ne fallait pas faire n’importe quoi. Par exemple, en 1732 il n’y avait pas encore de costume breton. Au départ, naïvement, je pensais m’adresser aux cercles celtiques pour trouver les costumes. Ça aurait été un beau ratage !
La difficulté a été le financement ! Je savais que le film excéderait 52 minutes. Et quand on dépasse cette durée, ça complique la recherche d’un diffuseur car on ne rentre pas dans les cases habituelles. À ce niveau-là, il y a eu une autre difficulté. La littérature orale est quelque chose d’universel, en Bretagne, en Afrique, en Finlande… Et pourtant, la réponse des diffuseurs a souvent été : Le sujet est trop breton. Là, nous touchons à des a priori très profonds. Comme le dit un intervenant dans le film : S’intéresser à l’ethnologie du proche est considéré comme du folklore.  Nous avons la chance d’avoir en Bretagne les chaînes locales qui sont ouvertes en termes d’écriture et de durée. Mais du coup, je savais que le budget serait contraint.
On a dû innover. On a tourné dans des décors existants. Filmant en numérique, on a tiré profit de l’extrême sensibilité de ces caméras. Toutes les séquences de fiction, y compris les extérieurs-nuit, sont éclairées avec des bougies ou des lanternes, en imaginant ce que pouvait être l’ambiance en 1732.
La partie documentaire est d’une grande richesse et les témoignages passionnants.
J’ai sollicité des personnalités assez différentes : Eva Guillorel, Fanch Postic, Annie Ebrel. Leur rôle est d’être précis et concis, ce qui n’est pas le point fort de Donatien. C’est un chercheur, il peut passer 45 minutes à donner une définition de la gwerz. C’est passionnant mais pas très télévisuel ! En plus, il est assez imprévisible et n’est jamais là où on l’attend. Nous sommes retournés sur les lieux évoqués dans la gwerz, à Saint-Fiacre en Morbihan. J’ai organisé le réel, et à l’équipe d’être opportuniste pour saisir ce qui allait se passer. Nous tournions toujours caméra à l’épaule, pour être à ses côtés.
C’est donc à un voyage intemporel que vous nous invitez ?
Dans la gwerz, il n’y a pas de temporalité, et cela me passionne, comme me passionne tout ce qui touche de près ou de loin à l’identité et à la culture bretonnes car je fais mienne cette phrase de Quillivic : Plus on est enraciné, plus on est universel. 

Donatien Laurent, l'enquêteur

PARCOURS
Donatien Laurent louis le ravellec

Né à Belfort d’un père polytechnicien finistérien et d’une mère musicienne originaire de Nantes, chercheur au CNRS et directeur du Centre de recherche bretonne et celtique de la faculté de Brest, Donatien a consacré sa carrière à l’étude de la civilisation celtique et plus particulièrement à la chanson de tradition orale. On lui doit la découverte des carnets de notes originaux du Barzaz Breizh qu’il étudie pendant dix ans pour aboutir à une thèse permettant de réhabiliter le travail de collectage réalisé par le vicomte de Lavillemarqué. 
Une gwerz transcrite dans ces carnets attire l’attention du chercheur. Pardon Saint Fiakr relate la mort de Louis Le Ravallec, un jeune homme du Faouët dont le corps sans vie


a été retrouvé sur les berges de l’Ellé. Donatien arpente alors la campagne du Faouët à la recherche d’interprètes contemporains de cette gwerz. L’enregistrement qu’il réalise en 1964 de l’interprétation par une femme de Langonnet qui ne sait ni lire ni écrire (qui ne pouvait donc avoir pris connaissance de la version du Barzaz Breiz) étant en tout point semblable au texte transcrit par le vicomte un siècle auparavant. Il vérifiait ainsi que la transmission orale n’altérait pas les informations contenues, la construction d’une chanson (rime, rythmique...) constituant un procédé mnémotechnique rendant pratiquement impossible leurs variabilités.
Donatien se met alors en quête des preuves confirmant les faits relatés. Il trouve aux archives départementales du Morbihan un volumineux dossier de 534 pages concernant la mort de Louis Le Ravallec. Mais alors que la gwerz relate un crime, l’enquête s’était soldée par un non-lieu, les juges concluant à une mort accidentelle.
Menant un minutieux travail sur terrain, Donatien collecte près d’une vingtaine de versions plus ou moins documentées de la gwerz. Toutes font état d’une rivalité amoureuse mettant en cause une jeune femme habitant le hameau de Kerly et conduisent le chercheur à vérifier cette piste. Les recoupements de témoignages de contemporains désignent la maison maudite dans le hameau de Kerly, théâtre d’une dispute tragique, des matrices cadastrales et des registres d’état-civil, et aboutissent au nom d’une jeune femme : Louise Troboul. 
En épluchant les registres paroissiaux de cette famille, Donatien découvre que Marguerite Troboul née en 1730 (deux ans avant la mort de Ravallec) avait pour parrain Maître Jacques Borré, fils et substitut du procureur chargé d’instruire le procès. Or, c’est précisément ce procureur que le père de Louis Le Ravallec accuse de lenteur et d’incapacité à faire la lumière sur la mort de son fils. En approfondissant l’analyse de ces registres, le chercheur constate que la famille Troboul s’évertue depuis plusieurs générations à tisser des liens étroits avec les représentants du pouvoir royal : sénéchal, procureur fiscal, greffier de juridiction ont été sollicités pour être les parrains des enfants. Si une famille a pu bénéficier des faveurs des juges du Faouët, c’est bien la famille de Louise Troboul. Donatien démontre ainsi que la procédure judiciaire est sujette à caution tandis que la voix populaire transmise oralement de génération en génération donne une version vraisemblablement exacte de la mort de Louis Le Ravallec. 
En sautant par dessus la barrière de l’aire ils l’ont attrapé / Et ils ont pris leur couteau à la main / Ils le frappèrent de coup de couteau partout à travers son corps.
Les archives comportent bien le témoignage d’une femme présente à la levée du corps et qui déclare avoir vu des plaies, mais elle ne fut pas convoquée par les juges, pas plus qu’un homme affirmant avoir entendu appeler au secours le soir du meurtre, un fait qui est également exprimé dans la gwerz.
Et il appela son père et sa mère qu’ils viennent à son secours / Appelez votre père, votre mère, celui que vous voudrez / Car certainement du pain chez vous jamais plus vous ne mangerez.
Donatien découvre encore dans les archives des lettres de rémission adressées au roi par un certain Noël le Houarner. Les lettres de rémission sont une demande de grâce. Lors d’une confrontation, quatre ans après la mort de Le Ravallec, Le Houarner admet qu’il s’est battu avec lui mais qu’il ne pense pas lui avoir donné la mort. Il explique que son geste était involontaire et qu’il le regrette. Pourquoi demander la grâce au roi alors que le procès verbal de la levée du corps parle d’une noyade ?
Les méthodes de Donatien, inlassable quêteur de mémoire, sont en tout point comparables à celles d’un inspecteur cherchant à résoudre une affaire criminelle : recherche de témoignages, enquête de voisinage, visite sur les lieux, recoupement des informations... si ce n’est que 200 ans se sont écoulés depuis les faits !
On mesure toute la portée de ce travail et des conclusions non seulement pour la Bretagne mais pour toutes les civilisations de tradition orale. La contribution parue dans la revue Arts et traditions populaires en 1967 fit d’ailleurs grand bruit.

Scènes de crime

EXPOSITION

Parricide, empoisonnement, infanticide, crime passionnel, banditisme… les crimes interrogent sur la société et la justice. Avec Scènes de crime, enquêtes aux Archives, les Archives départementales du Morbihan exposent à Vannes, jusqu’à mi-septembre 2018, dix affaires criminelles survenues en Morbihan entre le 18e et le 20e siècle, dont celle de Louis Le Ravallec.
Une application multimédia a spécialement été créée pour l’occasion. Chaque visiteur choisit une affaire, découvre le déroulé du crime et de l’enquête via des bonus visuels ou sonores. Croquis de scènes de crimes, rapports d’autopsies, dépositions des témoins, interrogatoires des accusés, reconstitution des faits… Du crime au procès jusqu'au verdict, l’appli propose aussi un éclairage sur ce que révèle le crime de la société de l'époque.
Devenez tour à tour enquêteur, juge ou accusé•e… 


Chaque affaire est traitée comme un livre ouvert. D'un côté, vous découvrez un décor relevant de la vie quotidienne avec pour seules indications, un lieu, une date, un titre énigmatique et une citation de la victime ou de l’accusé. De l'autre, derrière ce semblant de quiétude, vous voilà plongé•e dans la réalité d'un crime à propos duquel vous allez venir enquêter.

À propos de cette exposition deux articles à lire : ICI ET LÀ et LE PARISIEN.

PHILIPPE GUILLOUX

BIOGRAPHIE
portrait philippe guilloux

Né en 1960 à Aulnay-sous-Bois, Philippe Guilloux est monteur et réalisateur. Il a fondé Carrément à l’ouest, une société de production basée à Carhaix.

Voir la fiche artiste... 

Un modèle d’étude ethnologique

REVUE DU WEB

L’OUEST EN MÉMOIRE >>> Collectage de gwerz. Cet extrait du film La mémoire du sabot illustre l'importance du chant et de la danse en Bretagne. Les gwerzioù, complaintes traditionnelles, racontent une histoire, une épopée, un combat... ce sont des chants dramatiques le plus souvent, dont certains se transmettaient de génération en génération, étaient parfois chantés lors des festoù-noz. Le film illustre d'ailleurs ce passage inter-générationnel puisque de jeunes musiciens-collecteurs se sont réunis un soir pour accompagner Yves Pichon, conteur et chanteur de Poullaouen. L'époque du tournage est celle des sœurs Goadec, de Dialouled ar Ménez, d'Alan Stivell, des frères Morvan, également présents dans ce film, et de beaucoup d'autres. Dans ce film, Yves Pichon se fait l'héritier de la tradition en chantant mais aussi en créant une nouvelle gwerz. Les dernières images laissent défiler le message : le paysage et la vie même sont menacés par les bouleversements induits par le remembrement. D'autres moments tragiques de l'histoire de la Bretagne contemporaine ont été l'objet de nouvelles gwerzioù : les marées noires, celle de l'Erika par exemple. 

OUEST-FRANCE >>> L'idée de génie du chercheur va être de confronter récit de la gwerz, souvenirs enfouis dans la mémoire orale des témoins et minutes des procès du Faouët et d'Hennebont, conservées aux archives départementales. Un travail d'enquête presque policière, sans négliger aucun indice, glisse à l'image l'historien Fañch Postic.

LE TÉLÉGRAMME >>> À chacun son affaire Saint-Fiacre. En 1932, le commissaire Maigret résolvait un crime sorti de l'imagination de Georges Simenon. La mort de Louis Le Ravallec, en 1732, contée dans la gwerz Pardon Saint Fiakr, fut bien réelle, elle, et aussi mystérieuse. Deux siècles et demi plus tard, le travail colossal de l'ethnologue Donatien Laurent a permis de l'élucider. Qui dit mieux ? 

CRÉDITS

réalisation     Philippe Guilloux
montage     Philippe Guillou assisté de Catherine Nédelec et Leslie Pihier 
montage son     Sylviane Bouget

avec la participation de     Donatien Laurent, Laurent Bigot, Alain Croix, Annie Ebrel , Eva Guillorel , Tanguy Laurent, Pierre Le Padellec, Fañch Postic, Michel Tréguer

les comédiens     Willy Bigot, Christophe Le Men, Tifenn Linéatte, Yves Porot, Marc Trusch

archives     collection famille Laurent, collection famille de La Villemarqué, collection Philippe Etienne Raviard, Ina Atlantique
collection     Hervé Monbureau 
moyens techniques     Ouest EditingChuuttt !!, Excel audio, Arwestud

mixage     Frédéric Hamelin
étalonnage     Fred Fleureau
directeur de la photo     Stéphane Guillard, assisté de Matthieu Delamarche

collectages des gwerz réalisés par     Donatien Laurent auprès de Marie Huiliou, Barban Libous, Louis Marie Guennic, version contemporaine interprétée par Annie Ebrel, enregistrée par Frédéric Hamelin à la chapelle Saint Gildas de Carnoët 
production     Carrément à l’Ouest, Tébéo, Tébésud, TVR

Artistes cités sur cette page

Krismenn

Krismenn

portrait philippe guilloux

Philippe Guilloux

ESPACE PARTICIPATIF

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