Par-delà la maladie

Caligramme taureau de Morvandiau

Le Taureau par les cornes est un récit intime sur la vie et sa fragilité, sur la manière dont la maladie nous taraude et nous élève. L’auteur en est Morvandiau, il parle de sa propre expérience, de sa mère et de son fils dont les destins ont bousculé le sien. En 2005, il apprend coup sur coup que sa maman souffre d'une maladie de dégénérescence du cerveau et que son fils qui vient de naître est trisomique.
Apprendre à vivre avec cela. Se souvenir des bonnes choses et savourer chaque instant… autant de victoires contre la spirale dépressive qui menace.

Écrivain dessinateur engagé, Morvandiau lutte aussi contre la tentation du repli sur soi. Son combat se mène en famille certes, mais il est aussi l’opportunité de solidarités, d’échanges, d’apprentissages qu’il raconte dans son livre. Ainsi, loin de succomber sous le coup d’une sorte de fatalité, il transcende l’histoire de ses proches comme la sienne, par le biais d'une œuvre profonde et drôle.
Du grain à moudre pour nous tous, concernés de près ou de loin par la maladie.

ENTRETIEN

LE TAUREAU PAR LES CORNES

Juin 2005, le diagnostic est posé : ma mère souffre de démence fronto-temporale précoce, affection cousine de la maladie d’Alzheimer.
Septembre 2005, mon fils Émile naît prématurément. Il est porteur de trisomie.

À quelques mois d’intervalle, Morvandiau doit faire le deuil de la mère qu’il a connue et de l’enfant qu’il attendait. C’est l’occasion pour lui de revenir, avec pudeur et poésie, sur l’histoire de sa famille et plus particulièrement celle de sa mère, femme pieuse et de caractère, conformiste et fantaisiste. C’est aussi le récit du difficile apprentissage de la vie auprès d’un enfant handicapé, du regard porté par les autres, de la jungle administrative qu’il doit affronter.
À travers le regard tantôt amusé tantôt agacé qu’il porte sur les incongruités de la différence et ce qui l’entoure, Morvandiau évoque avec tendresse l’intensité des émotions d’un père et d’un fils face à la maladie, et finalement, le bonheur d’être en vie.

>>> aux éditions L’Association

FEUILLETAGE

Visite guidée

À sa table de travail, Morvandiau revient sur la forme de son livre, en le feuilletant devant nous, tout en égrainant ses commentaires.

BIOGRAPHIE

Morvandiau

bédéaste Morvandiau portrait souriant

Né en 1974, Morvandiau est dessinateur de presse et auteur de bande dessinée. Il se forme au contact de son frère aîné Tanitoc, lui-même auteur, puis sur le tas durant les années 90 en publiant conjointement dans le milieu du fanzine, de l’édition alternative de bande dessinée et de la presse nationale culturelle et politique (Les Inrockuptibles, Rock & Folk, Bakchich, Marianne...) et de création (L'œil électrique, Ferraille, Jade, Ego Comme X, Lapin, Le Tigre, MLQ...). Il travaille toujours en noir et blanc, le plus souvent sans décor, sa ligne est simple et dynamique, ses personnages sont brossés rapidement, leurs traits sont accentués à la façon des dessins d’enfant. Avec D’Algérie en 2007, Morvandiau a rompu avec son style habituel pour se lancer dans une enquête sur ses origines pied-noir.


Quand il a choisi ce pseudonyme, Morvandiau ne savait pas qu’on nommait ainsi les habitants du Morvan. Il faisait référence au peu orthodoxe inspecteur de police Morvandiau joué par Bernard Blier dans Buffet froid, un de ses films préférés. La parenté ne s’arrête pas au nom. L’humour froid et grinçant du film répond à celui que développe le dessinateur dans ses ouvrages, empruntant les chemins de traverse de la BD dite indépendante et alternative.

Autodidacte du dessin, sans formation universitaire, Morvandiau a fait ses gammes dans des associations. Dans ses ouvrages comme Morvandiau cherche comment arrêter de mourir, Morvandiau range sa chambre, Mémoires d’un commercial ou Le Cid, version 6.0, il laisse libre cours à une satire sociale qui n’aurait pas défiguré les bonnes pages de Hara Kiri, maniant l’absurde et le grotesque. Il nous fait partager la vie minable d’un commercial alcoolique, ou revisite un classique à l’usage de la génération internet. Il crée le fanzine d’humour et de poésie Kalemia sur le Tanganyika en 1993.

Cofondateur, à Rennes, des manifestations successives Périscopages (2001-2011) et Spéléographies (depuis 2014), Morvandiau exerce également des activités de journaliste, de conseiller éditorial (Le Monde Diplomatique en bande dessinée, 2010) et d’enseignant à l’Université Rennes 2. En 2016, il entreprend une recherche dans le cadre d’une thèse en arts intitulée L’art de la contrebande ? Une cartographie de la bande dessinée alternative francophone (1990-2015).

En 2020, il publie l'édition augmentée de D'Algérie (aux éditions Le-Monte-en-l’air), et Le taureau par les cornes (éditions L'Association).

REVUE DU WEB

Des pages frappantes sur la trisomie mal perçue

CANAL B, Le nombril de Vénus >>> Juliana rencontre Morvandiau quelques jours après le festival d'Angoulême.

LES INROCKUPTIBLES, Vincent Brunner >>> Dans Le Taureau par les cornes, album pudique sans être austère, le dessinateur renouvelle le genre de l’autobiographie.

COMMENTAIRES

    CRÉDITS

    réalisation Serge Steyer
    moyens techniques KuB

    édition L'Association

    Artistes cités sur cette page

    portrait Morvandiau

    Morvandiau

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