La dernière journée

Olivier Bourbeillon la dernière journée La dernière journée d'Olivier Bourbeillon

Hommage d’un cinéaste à la classe ouvrière, saisie dans un moment symbolique de son extinction.

Alors que la question de la fin du travail et de la robotisation resurgissent dans le débat politique, 
La dernière journée fait l’éloge du geste qualifié de l’ouvrier-démiurge. Nous sommes en 2005 à l’Arsenal de Brest ; le film saisit le dernier souffle d’une forge, fixant in extremis une trace de ce qui a eu lieu là. C’est la vocation du cinéma : de prendre pour témoins les derniers survivants, qui ont vécu cela et qui le disent. Et de leur substituer la forme spectrale d’images animées sur un écran.

L’intérêt qu’Olivier Bourbeillon porte à ce sujet pourrait bien être liée à sa conscience de travailleur du cinéma. Il convoque en effet pour cette réalisation ce dont le cinéma dispose de plus noble : une pellicule argentique au faîte de sa sensibilité, une lumière raffinée, une machinerie qui rend possible de subtiles glissements dans l’espace… Des machines et une équipe de cinéma, face aux machines et à l’équipe de la forge de Pontaniou.

En 2005, les jeux sont faits, tant pour le marteau pilon Schneider que pour la caméra 35 mm Arriflex. De part et d’autre les techniques changent, les savoir-faire disparaissent, les ouvriers en fin de carrière ne sont plus remplacés… En 20 ans, les effectifs de la forge sont passés de 23 salariés à 3, et ceux des équipes de cinéma ont fondu comme neige au soleil.

CETTE PAGE EST ÉDITÉE EN PARTENARIAT AVEC LE FESTIVAL « TRAVELLING » qui jette un coup de projecteur sur le catalogue de Paris-Brest Productions les 12 et 13 février 2017.

LA DERNIÈRE JOURNÉE

BANDE-ANNONCE

un film d'Olivier Bourbeillon (2006)

Les droits de diffusion sur KuB sont arrivés à échéance. KuB vous offre un petit aperçu du documentaire d'Olivier Bourbeillon dans cette bande-annonce.


Fin juin 2005, dans l’arsenal de Brest, sur les rives de la Penfeld, au pied du Plateau des Capucins, c’est la dernière journée d’activité pour le marteau pilon n°125 Schneider et Cie des anciennes forges, qui fonctionnait depuis 1867.

Les trois ouvriers qui travaillaient là, font une dernière fois, devant la caméra, les gestes particuliers qu’exigent le métier et la machine. Pour Robert Vourch, c’est l’heure de la retraite. Pour ses deux collègues, Jean Ropars et Bernard Eozenou, un nouvel emploi. Filmer le travail, raconter sa vie, se pencher sur le passé, dresser un bilan humain et social, tels sont les enjeux de ce film court.

Lutin de la meilleure photo pour Laurent Dailland Les Lutins du court-métrage 2008
Mention Ours de bronze Festival des nations d’Ebensee 2008
Prix Fujifilm Festival Tous Courts d’Aix-en-Provence 2007

>>> un film produit par Paris Brest Productions

PAROLES D’OUVRIERS

Olivier Bourbeillon la dernière journée

Extraits des entretiens qui émaillent La dernière journée.

Ben en principe, j’étais pas forgeron, j’étais tôlier. Et on m’a dit : Bon ben là, maintenant, vous allez aux forges. J’ai été mis sur une machine de suite et, comme on dit, c’est en forgeant… J’ai mis pas loin d’un an à m’habituer. Et même au bout d’un an, c’est pas évident.
C’est un travail d’équipe, c’est surtout ça, parce que c’est synchronisé, chacun sait ce qu’il a à faire. Ça se passait bien entre nous, on travaillait pas tout le temps avec les mêmes personnes. C’est par équipe de trois quoi, au minimum. On donne des ordres au frappeur, Bernard, qui est à la manœuvre. La manœuvre du pilon. On leur demande de faire un grand coup ou un petit coup, suivant ce qu’on veut faire avec la pièce.
Dire que demain je serai plus dans cet univers. Je serai hors des forges demain ! Ça va me faire drôle ! On a passé 30 ans ici ! Je suis satisfait, j’ai accompli ma tâche, mon travail est fini, je suis content. Mes chefs m’ont laissé faire mon travail comme je l’entendais, ils m’ont fait confiance. On aurait bien aimé conserver ces métiers-là. Les gens partent en retraite. Les forgerons, on était 23 en 82, et maintenant on est 3.

OLIVIER BOURBEILLON

BIOGRAPHIE
Olivier Bourbeillon La dernière journée KuB

Né en 1957 à Dinan, Olivier Bourbeillon devient brestois à l’âge de 7 ans. La ville de Brest devient au fil des années un lieu essentiel de son existence et de son évolution mais pas un lieu exclusif : ce ne serait ni vivable, ni souhaitable, souligne-t-il. En 1979, il fait la rencontre de Marie Hélia, qui est comédienne et deviendra cinéaste.

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UN TÉMOIGNAGE DU BREST INDUSTRIEL

REVUE DE PRESSE
Olivier Bourbeillon la dernière journée

Le Télégramme, 1er juillet 2005 >>> La société Paris-Brest Productions d’Olivier Bourbeillon a achevé un tournage de deux jours autour du marteau-pilon géant de la forge de Pontaniou, véritable témoignage du Brest industriel, en fonctionnement depuis la fin du XIXe siècle.

Le marteau-pilon est un outil emblématique de la grosse industrie lourde. Il fut mis au point en 1841 par le Français François Bourdon, ingénieur chez Schneider, au Creusot, notamment pour le forgeage des arbres d’hélice de grand diamètre devant équiper les transatlantiques.

Dossier pédagogique de l’Institut français

ESPACE PARTICIPATIF

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