Camarades

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68, c'était comment ?

Les Maladroits, ce sont quatre hommes. Ensemble, ils racontent des histoires.
Camarades
, c'est leur récit du parcours de Colette, née au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, son enfance en France, sa jeunesse au moment de 68, ses rencontres, ses voyages... Colette deviendra féministe. Les Maladroits racontent l’intime pour comprendre un engagement, une génération dont ils sont les héritiers.
Après Frères, accueilli en 2016 dans la saison TRIO...S, Camarades s’inscrit dans un cycle de trois créations, animé par les thématiques de l’engagement, des utopies et de l’héritage. Un triptyque qui regarde en arrière pour se plonger dans le présent, entre petites et grande Histoire, fiction et documentaire.

WORK IN PROGRESS

CAMARADES

par la compagnie Les Maladroits (2018 - 9’40)

INTENTION

Déconstruire, reconstituer et éclairer

par Les Maladroits

Si nous sommes le fruit des choix et des actions de nos aïeux, nos grands-parents, et au plus proche de nous, de nos parents, comprendre les engagements des générations qui nous ont précédées est un moyen de découvrir nos héritages. Si hier nous nous intéressions à la Guerre d’Espagne (Frères, 2016), et si aujourd’hui nous nous intéressons à Mai 68 et à la décennie qui suivit, c’est bien pour ces raisons : refaire notre généalogie. Reconstituer des faits pour (mieux) les appréhender. S’approprier des moments de l’histoire contemporaine qui nous sont intimement liés, deux moments où l’utopie était là, deux moments de basculement possibles et par-dessus tout, deux moments où celles et ceux qui l’ont vécu sont encore là pour nous la transmettre. Alors, c’était comment ?


C’était quoi ? C’était qui ? Mai 68 résonne en nous comme une transition de l’Ancien Monde vers le nouveau. Est-ce un mythe ? Pourquoi ce mois de mai est-il toujours présent dans nos médias et dans nos discours politiques ? Pourquoi certains l’attaquent alors que d’autres se revendiquent comme ses héritiers ? Le moment 68 a constitué la grève la plus importante sur le territoire français au XXe siècle. Voilà une première réponse à nos questions. Cela dit, Mai 68 est aussi vaste et complexe qu’il existe de parcours d’individus. Que l’on soit homme, femme, enfant, âgé, jeune, étudiant, travailleur, du Nord, du Sud, de Paris ou de Nantes, ce moment a été vécu et transmis différemment. Ainsi, pour Camarades, il s’agit de raconter le parcours d’un personnage principal ayant vécu la période des années 1960-1970 et de traverser avec lui la grande histoire.

PROCESSUS DE CRÉATION

Écouter ceux qui ont vécu 68

Dans notre recherche documentaire, nous avons défini trois axes d’enquête : outre l’année 68, nous choisissons de nous concentrer sur les expériences collectives et communautaires, les luttes féministes et la radicalisation de certains parcours.
Le fil rouge de notre enquête est de collecter des paroles pour écrire également l’avant et l’après-68. Après ce moment-68, il s’est passé quoi ? Quelles ont été les tentatives des uns et des autres ? Leurs combats ? Comment l’utopie a tenu le coup face aux vicissitudes de la vie ? Comment ce bras au poing fermé, levé bien haut sur la barricade, tend à se baisser peu à peu, ou au contraire comment, avec le temps, il se renforce devenant plus fort et plus musclé.
Nous avons réalisé vingt entretiens avec des personnes ayant vécu Mai 68 et les années soixante-dix, vingt personnes pour témoigner subjectivement de leurs souvenirs de Mai 1968, de ce qu’étaient leurs années 1970, vingt interviews pour plonger dans l’intimité de la période et collecter des récits de vie.


La petite histoire

Lors des interviews, nous avons rencontré notre personnage principal : Colette. Née au lendemain de la guerre, son parcours de jeunesse se situe entre Nantes et Saint-Nazaire. Étudiante à Paris en mai 68, plus tard en Allemagne dans le contexte de la Bande Baader-Meinhof, une rencontre amoureuse l’emmène aux États-Unis lors des révoltes des Black Panthers. De retour en France elle vit l’expérience d’une communauté post-soixante-huitarde, qu’elle quitte pour s’engager dans des luttes féministes. Colette, une épopée ?
Nous avons choisi de démarrer les interviews par nos parents, nés entre 1952 et 1958. Trop jeunes pour « faire » 68, ils sont les petits frères et petites sœurs de ce mois de mai. Ils et elles ont vécu les évolutions culturelles et sociales de cette période : libération des mœurs, transformation de la mode, explosion de la culture de masse... Nous souhaitons que nos parents, réels ou fictifs, trouvent une place dans notre histoire. Le réel devient une source d’inspiration forte pour composer la fiction. L’intime nous le retrouvons également dans le fait que nous sommes quatre auteurs, quatre compagnons de longue date, quatre camarades-amis, et pour Camarades, nous aimerions reconstituer ces évènements tout en abordant une thématique qui nous est chère, celle de de l’amitié (liée à l’engagement et à l’utopie). Les amis sont les personnes avec lesquelles les aventures collectives se réalisent. In fine, les camarades, aujourd’hui, c’est nous. Quatre amis dont l’utopie est de faire du théâtre et d’écrire leurs propres histoires, un collectif prenant la parole sur scène pour dire qu’il ne faut pas oublier les aventures d’hier. Alors, camarades d’hier ou de demain, ce n’est qu’un début, continuons... ce qui a commencé.

BIOGRAPHIE

Les Maladroits

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Les Maladroits, "Camarades", festival Réel/Ment

Les Maladroits se définissent comme un collectif d’artistes au service d’un projet commun, une compagnie créée en 2008, composée de Benjamin Ducasse, Hugo Coudert-Vercelletto, Valentin Pasgrimaud et Arno Wögerbauer. Quatre pour s’épauler, quatre pour échanger, quatre pour questionner, quatre pour se compléter, quatre pour inventer... Tous comédiens, chacun à l’initiative de projets et de créations, chacun avec ses compétences : plasticien, metteur en scène, constructeur. Tous ont le même goût du théâtre - celui qui croise les genres et les disciplines, où l’objet, l’objet de consommation, l’objet-pauvre et récupéré, détenteur de mémoires et d’histoires, occupe une place centrale. Tous avec l’envie de raconter des histoires, de les écrire au plateau, pour les partager ensuite ; parler de ce qui les entoure et les anime ; puisant, selon les réflexions du moment, dans l’actualité, l’histoire, le politique ou le social. Leur théâtre est une tentative d’éclairer le présent, avec humour souvent ; proposer le pas de côté, celui qui permet de trouver un regard sensible, décalé et engagé.

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REVUE DU WEB

Avec trois fois rien

LES MALADROITS >>> Frères, théâtre d'objet épique, création 2016
Nous sommes en Espagne en 1936. Angel, Antonio et Dolores quittent leur village pour Barcelone avec l’espoir de meilleures conditions de vie. Face à l’effervescence de cet été-là, et le début de la guerre civile, leurs chemins les emmèneront bien plus loin que ce qu’ils auraient pu imaginer.

TÉLÉRAMA >>> Un tas de cassonade est déversé sur la table de cuisine, bientôt rejoint par divers ustensiles et des morceaux de sucre : couleur brune pour les républicains, blanche pour les franquistes. Avec trois fois rien, la guerre d’Espagne se rejoue à huit clos. Les cafetières volent en piqué, tandis que sur la toile cirée, figurent bientôt les plages du Roussillon envahies de réfugiés.

LE TÉLÉGRAMME, Isabelle Nivet >>> Un théâtre-récit à part, où le texte, explosé, reflète une réalité kaléïdoscopique, à la fois documentaire et intime. La scène fait écho dans la mémoire et le cœur des Lorientais puisque pour présenter l'enfance de Colette, Les Maladroits réinventent, en scène, Saint-Nazaire bombardé et reconstruit, les baraques où furent relogés les habitants (appelés bungalows à Saint-Nazaire) et les jeux d'enfant dans les rues bordées de gravats.

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