Le rock est un cri !

tu tournes en rond c- Banner

Tu tournes en rond dans la nuit et tu es dévoré par le feu est un film où l’auteur s’adresse directement au spectateur via un alter ego, rockstar en rêve, qui se la joue, libertaire séducteur qui pompe l’air à son entourage. Syd, comme une réplique de Syd Barret, cofondateur des Pink Floyd, icône psychédélique que le succès et la drogue ont fait sombrer dans la folie.

Un film de Jonathan Millet fleure bon la Nouvelle Vague avec son personnage provocateur, en roue libre, fuyant le conformisme social comme la peste, un film qui déroule une poétique où la bande-son s’émancipe de l’image pour nous susurrer des choses à l’oreille. Choses entendues, choses écrites sur les murs de la ville, histoire d’un héros contemporain qui se risque à être lui-même jusqu’à se consumer.

FILM

TU TOURNES EN ROND DANS LA NUIT ET TU ES DÉVORÉ PAR LE FEU

de Jonathan Millet (2015 - 20’)

Syd erre. Il est en colère, mais personne ne l’entend. Il cherche un endroit où dormir mais il cherche surtout un sens à son existence. Alors il tourne en rond et crie dans la nuit.

>>> un film produit par Thomas Guentch pour 5J Productions et Christophe Vallée pour Fée Clochette Productions

Palmarès


Festival européen du film court de Brest, 2015

Festival Travelling 2016, Rennes

Go Short – International Short Film Festival, Nijmegen 2016

Festival de Douarnenez – Grand Cru Bretagne 2016

INTENTION

Le moment de basculement

Syd danse dans un squat - Tu tournes en rond

par Jonathan Millet

À l'origine de ce projet, il y a une envie de plonger sans filet dans le bouillonnement des pensées intérieures d'un jeune homme plein de doutes. Mon précédent court métrage, Old Love Desert, était un film à l'écriture plus théorique, qui n'était pas construit autour d'enjeux concrets et immédiats pour les personnages. Ce premier film achevé m'a donné envie de me confronter à un autre type de récit cinématographique et de construire une narration autour d'un personnage tout en énergie et en intensité, en colère et en réflexion, un anti-héros qui ne laisse pas indifférent. Je me devais d’écrire le scénario sans retenue ni pudeur, à l'image de ce personnage.

Au départ, j'ai voulu raconter le moment de basculement de ce jeune homme vers l'autre côté : l'âge des responsabilités. Syd se cherche, dans son rapport à la société, et retarde au maximum le moment où il risquerait de devenir un adulte comme les autres. À quel point peut-on refuser la norme et les codes sociaux ? De quelle manière marquer son individualité ?

Le temps d'une nuit, Syd se trouve ainsi confronté à des choix qui vont le déterminer. En voulant s'approcher trop près de ce qu'il appelle la liberté, il prend le risque de se brûler les ailes. Le film raconte son errance, géographique mais avant tout intérieure.


Il crie dans la nuit mais personne ne l'entend. Il est comme pris à la gorge par un tourbillon de pensées qu'il ne sait pas maîtriser, une urgence à dire son mal-être. Il le verbalise comme pour s'en débarrasser, mû par une colère légitime mais vaine. J'ai eu le sentiment d'avoir été parcouru par ces réflexions intemporelles au sortir de mon adolescence, et d'avoir ressenti la crainte de faire des mauvais choix qui se répercuteraient toute ma vie durant : peur de l'engagement, d'une vie qui n'aurait pas de sens, d'une incapacité à se fondre dans un monde privé d'illusions. Ces peurs se mêlent chez Syd à des maux de notre époque : incertitude en l'avenir, cruauté du monde du travail, défiance envers la politique...

Syd se rapproche alors de ceux qui vivent en bordure. Par des projets documentaires ou par des rencontres personnelles, j'ai pu rencontrer ceux qui vivent, par choix ou non, dans l'intervalle, cet espace dans lequel on se réapproprie la ville en évoluant selon ses propres codes. Artistes, anti-système, solitaires, altermondialistes, activistes, marginaux, oiseaux de nuit... Les interrogations que leur mode de vie laisse apparaître et ce qu'elles racontent de notre époque m'ont intéressé au plus haut point et se sont greffées à l'écriture de ce projet, pour mieux y confronter Syd. En parallèle, j'ai rencontré des lectures fortes à ce sujet, plutôt d'auteurs américains, de Kerouac à John Fante, mais aussi d'auteurs plus contemporains comme le français Yannick Haenel.

J'ai ensuite cherché, pour caractériser ce récit, une ville à l'aura visuelle forte mais à taille humaine, qu'on sente respirer. Rennes a été une évidence, par le magnétisme de son décorum urbain délaissé et reconquis par les alternatifs et les noctambules, les marginaux en tout genre. C’est l'énergie perceptible, l'électricité palpable ; la ville qui vit et qui transpire de tous ses pores la jeunesse et l'anticonformisme. Syd gravite autour de ces territoires oubliés, mais ceux qu'il rencontre ne lui ressemblent pas. Ils savent exprimer leurs craintes et canaliser leur colère. Ils font de la musique, luttent en inscrivant des slogans situationnistes ou assument leur condition, comme Andrzejak, qui vit dans sa voiture. Syd, lui, n'est guidé que par son angoisse de finir broyé par le système. Son dogme l'empêche de saisir sa chance : il a peur de se trahir en tombant amoureux. Ses excès moraux l'emmènent trop loin. En inscrivant JE SUIS VIVANT ET VOUS ÊTES MORTS, il sait qu'il ne renonce pas, qu'il repart au moins pour une nouvelle nuit d'errance. Jusqu'à trouver un jour un point d'équilibre.

BIOGRAPHIE

Jonathan Millet

Jonathan Millet

Après des études de philosophie, Jonathan Millet part plusieurs années filmer seul des régions reculées du monde pour des banques de données d’images. Il réalise ensuite six courts métrages de fiction, dont Et toujours nous marcherons, sélectionné aux Césars 2018, et La Veillée, moyen métrage sorti en salles en 2018. En parallèle, il travaille en documentaire sur des questions de territoire et de solitude. Ceuta, douce prison sort ainsi au cinéma en janvier 2014 après plus de 60 sélections en festivals. Il réalise ensuite Dernières nouvelles des étoiles, tourné en Antarctique en 2017, et La Disparition, tourné en Amazonie en 2021.

Jonathan développe actuellement son premier long métrage de fiction avec Films Grand Huit, Les Fantômes.

REVUE DU WEB

Réalisateur engagé

RFI >>> Rencontre avec Jonathan Millet pour la projection de son film Et toujours nous marcherons, sélectionné aux Césars 2018. Le film, réalisé avec des sans-papiers, raconte leur quotidien et rend visible ce que beaucoup ne veulent pas voir.

PARIS MATCH >>> Le réalisateur Jonathan Millet a gagné le Prix de la Fondation Gan 2023 et va donc pouvoir débuter le tournage de son premier long métrage de fiction : Les Fantômes. Encore une fois, le sujet est fort et politique. Il est en effet question de la traque de criminels de guerre syriens, réfugiés en Europe.

COMMENTAIRES

    CRÉDITS

    avec Syd Alexander, Sigrid Bouaziz, Mirza Halilovic

    réalisation et scénario Jonathan Millet
    scripte Maryline Brulé
    image Charles-Hubert Morin, Perrine Dufau
    son Alix Clément

    montage Mona-Lise Lanfant
    musique Wissam Hojeij
    décoration Adrien Souchet

    coproduction 5J Productions et Fée Clochette Productions
    en partenariat avec le CNC
    avec la participation de TVR
    avec le soutien de la Région Bretagne, des Départements des Côtes-d’Armor et du Finistère, et de la Sacem

    Artistes cités sur cette page

    Jonathan Millet

    Jonathan Millet

    Sigrid Bouaziz

    Sigrid Bouaziz

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