Fest-noz

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Une nuit en Bretagne, pour quoi faire ? Pour départir le fest-noz d’une réputation de pratique traditionaliste, le voir au contraire comme un fait contemporain, constamment mis à jour.
Le fest-noz est une représentation, celle d’un peuple solidaire, plus collectiviste qu’individualiste, désintéressé par le profit.
Le principe du fest-noz : danser avec tout le monde, et non chacun dans son trip. Partager une pulsation bras dessus, bras dessous, s'envisager comme faisant partie d’un tout, d'une fête, d'une liturgie païenne qui mobilise les forces communes, un moyen de soutenir des causes, des luttes, tous ensemble !

Pour Sébastien Le Guillou le fest-noz est donc éminemment politique, ce qui n’empêche pas son film de regorger de bouffées musicales et de guirlandes humaines à vous soulever de terre.

UNE NUIT EN BRETAGNE

de Sébastien Le Guillou (2016 - 52’)

En Bretagne et dans le monde, les observateurs dénombrent environ un millier de fest-noz par an. Ce n’est donc pas les occasions qui manquent pour les amateurs de danse, les chanteurs et les musiciens de se retrouver. Une nuit en Bretagne / Un nozvezh e Breizh raconte une nuit imaginaire à travers quatre festoù‑noz, pour mettre en scène les choses telles qu’elles se vivent.

>>> un film produit par Olivier Roncin - Poischiche Films

De la cour de ferme à l'UNESCO

INTENTION

par Sébastien Le Guillou

Aujourd’hui, plus qu’une pratique folklorique estivale, le fest-noz est un rendez-vous hebdomadaire pour toute une frange de la population bretonne, qui tente de vivre simplement de bons moments, de préserver sa culture et de la transmettre, notamment l’héritage de la tradition chantée et sonnée. Les textes et les airs sont œuvres collectives, peu de chants ou d’airs sont attribués à tel ou tel compositeur.
En Bretagne, je ne sais pas si tout va bien, toujours est-il que chaque samedi soir ça danse ici et là. Le fest-noz est peut-être ce que la culture bretonne a su le mieux faire évoluer à travers la deuxième moitié du siècle dernier. La culture populaire est en perte de vitesse dans les familles, dans la cité, mais la danse résiste, le fest‑noz s’exporte. Comme on dit en breton : an dañs a dalc’h an den en e sav / La danse maintient l’homme debout !
Il ne s’agit pas de raconter l’histoire du fest-noz assis dans un canapé ou à un coin de table, mais de faire un film en mouvement.

Enfant du baby-boom des festoù-noz, c’est à l’âge de dix ans que je découvre les danses lors des cours communaux, dans les années quatre-vingt-dix.


La pratique musicale évolue grandement, même si une place est toujours réservée aux sonneurs et aux chanteurs traditionnels. Les étés de ma jeunesse sont au rythme de trois-quatre fêtes nocturnes par semaine. À cette époque le fest-noz est rentable, les associations en organisent tant et plus, les chaînes de danseurs s’étendent. Les rencontres avec les organisateurs, sonneurs, chanteurs, musiciens se multiplient. Je parfais l’apprentissage de la langue de ma mère et je prends conscience que ma culture est bretonne !

Une jeune femme qui apprend à chanter avec sa grande tante, ou qui fait répéter son fils. Quelques coups de téléphone pour réserver groupes ou couples, deux sonneurs au fond du jardin qui répètent. Des danseurs qui vont par habitude, serviette éponge sous le bras ou alors qui choisissent à l’occasion leur destination - il est des festoù-noz qu’il ne faut pas manquer - des acolytes qui font la tournée d’affichage pot de colle dans le coffre. Les hommes qui s’affairent à préparer la salle tandis que les vieilles s’apprêtent à accueillir les danseurs. C’est l’heure, ça va commencer, les musiciens vont monter sur scène, les chaînes de danseurs vont envahir la piste, l’aire à battre le blé oubliée, le revêtement des salles de sport ou le parquet des salles des fêtes va absorber le pas des danseurs les plus acharnés entraînant celui des novices, parfois jusqu’au bout de la nuit. Les fûts de bière locale et les tas de crêpes sont avalés, autant de petits sous dans les caisses de l’association. La Bretagne danse dans ses cinq départements !

À Paris l’Unesco inscrit le fest‑noz au patrimoine immatériel mondial. Le fest-noz est donc reconnu, mais est-il si connu qu’on veut le croire ? Si 95 % des habitants de Bretagne savent ce qu’est un biniou, ils ne sont plus que 60 % à être capables de définir ce qu’est un fest-deiz et seulement 19 % ce qu’est une gwerz ou un kan-ha-diskan. Nombreux sont ceux qui croient le fest-noz issu de la nuit des temps alors qu’il ne date que des années 1950.

Aujourd'hui, les festoù-noz ne ressemblent plus tout à fait à ceux de 1994, qui ne ressemblaient plus à ceux de 1974, qui, déjà, avaient pris d’autres formes que cette fameuse journée du 26 décembre 1954, considérée par beaucoup comme la date de création du fest-noz moderne ! Retracer ce chemin, remonter aux sources, nous raconte la société qui l’a vu naître, des acteurs des premiers pas du fest-noz sont encore là pour témoigner. Nous les avons mis en situation, sur le plancher, sur la scène ou au comptoir.

SÉBASTIEN LE GUILLOU

BIOGRAPHIE
Sébastien Le Guillou réalisateur

Difficile de poser une étiquette sur cet autodidacte dont les films surprennent par son approche de la réalisation. Sébastien Le Guillou, dit Bastian, explore un territoire, son pays. Proche des gens, il aime les mettre à l’honneur, avec une petite dose d’humour. Son univers est aussi celui du conte, au cœur des veillées du Trégor. Son expérience personnelle du rapport à la scène, du partage avec le public, les chanteurs et sonneurs, sa complicité avec les organisateurs quand ce n’est pas lui-même qui orchestre de la fête, tous ces aspects qui participent à l’essence même d’une veillée ou d’un fest-noz, Bastian les a chevillés à l’âme.

BRETAGNE ET DIVERSITÉ >>> C'est avec ceux qu’il côtoie au quotidien dans son bourg de Vieux-Marché, Trégor, que Sébastien Le Guillou a plaisir à échanger en breton. Ceux-là ont le breton bien en bouche, c’est agréable ! Entretien en forme de biographie + filmographie complète.

Sonerion, une extraordinaire aventure

WEBDOC

Bretagne Culture Diversité et Sonerion proposent une version numérique de l'exposition Sonerion, une extraordinaire aventure au travers de laquelle vous pourrez découvrir l'ensemble des panneaux réalisés à cette occasion.

>>> une exposition de la fédération des bagadoù et des sonneurs, réalisée par l'association Bodadeg ar Sonerion

Les musiques traditionnelles sont des richesses sans propriétaire, présentes dans la mémoire collective, venant de la nuit des temps. Transmises par oralité, elles se modifient doucement, de génération en génération, se nourrissant d’apports extérieurs, remodelés et parfaitement intégrés. Appartenant à l’univers des musiques modales, comme la musique médiévale, voire comme le jazz, elles développent des logiques d’ornementation, de variation, bien différentes de celles de la musique écrite, en laissant une grande plage de liberté aux interprètes…
Depuis des décennies, les bagadoù et les sonneurs représentent la Bretagne dans l'Hexagone et au-delà, de New York à Pékin, en passant par les grands festivals de folklore en Espagne, Italie, Slovénie et de nombreux pays de l'Est.

Un nozvezh e Breizh

REVUE DU WEB

OUEST France >>> À 38 ans, le réalisateur du Vieux-Marché, près de Lannion, a déjà une soixantaine de documentaires à son compteur. Mais celui-ci est son premier long format de 52 minutes. Que n'a-t-on pas déjà dit sur le fest-noz ?

LE PEUPLE BRETON >>> On entre dans ce film comme dans un moulin. Mais le moulin est un hangar agricole et l’homme qui et est en face de vous vous explique abruptement ce qu’est pour lui un fest-noz. Contre le mur une horloge traditionnelle vous dit qu’il est plus tard que vous ne croyez, mais que pour apprendre à danser l’Hanter-dro ou la Gavotte, il est encore temps.

FRANCE INTER La marche de l’histoire >>> L’UNESCO vient de porter sur le pavois du patrimoine immatériel de l’humanité la fête de nuit bretonne : le fest-noz, du neuf avec du vieux.

CNRS >>> Danses en Haute Bretagne, Collecte de danses traditionnelles : ronds, ridées et pilées du Morbihan.
Dans le village de Saint-Vincent-sur-Oust retour de noces filmé en mai 1974 et rond mené par Jean-Louis Latour. À Allaire, ridées filmées en juin 1974, dont une menée par Jeran-Louis Latour. À Bignan, En Dro filmé en 1975. À Guillac, ridée menée par Charles Rozelier filmée en 1975. À Lanouée, ridées et pilées menées par Calixte Jeanneuf et Alexis Malard filmées en 1976 - 1977.

CRÉDITS

réalisation Sébastien Le Guillou
conseillère éditoriale Anna Jaouen
image Julien Bossé
assistante image Véronique Legoff
son Jean-François Briand

montage Frédéric Bonafous
mixage Pascal Coulombier
étalonnage Marcelle Cilurzo

musique Ar C’hemener / Yann-Fanch Kemener & Eric Meneteau

producteur Olivier Ronchin – Poischiche Films
coproduction France Télévisions / TébéO / TVR / Tébésud

Artistes cités sur cette page

Sébastien Le Guillou réalisateur

Sébastien Le Guillou

ESPACE PARTICIPATIF

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