L'art en usine

Ouvriers PSA Louvre

Pause café à l’usine PSA de Rennes. Les robots poursuivent leur ouvrage tandis qu’un groupe de salariés prend la tangente pour rejoindre un espace inséré dans un gigantesque hall, un fragment de musée venu s’inviter dans le vacarme des machines. Il en faut plus pour décourager Pierre-Hadrien Poulouin, le médiateur culturel venu de Paris, qui s’efforce de capter l’attention des visiteurs.

Le Louvre qui fait ainsi irruption dans la chaîne de production d’automobiles. Les ouvriers sont attentifs aux explications, sensibles à l’humour du médiateur. L’idée ici est de provoquer la curiosité et d’inciter à d’autres pratiques culturelles. À suivre...

LE LOUVRE À L'USINE

par Hervé Portanguen (2019 - 5’)

Pour favoriser l’accès de chacun à l’art et à la culture, le musée du Louvre et la Fondation PSA (Peugeot-Citroën) lancent l’itinérance d'une exposition de la Petite Galerie du Louvre : L’Archéologie en bulles, installée dans l’usine PSA de Rennes au printemps 2019.

>>> un film produit par KuB

La petite galerie

PROJET
La petite galerie du Louvre

Parfois, les portes du musée semblent difficiles à pousser, notamment quand on habite dans un quartier éloigné des lieux culturels, quand on rencontre des difficultés économiques ou sociales ou quand on est occupé par une vie professionnelle bien remplie.
En 2015, le Louvre a créé la Petite Galerie, pour se rendre plus compréhensible, plus accueillant, plus généreux. La Petite Galerie présente chaque année une exposition sur un thème transversal de l’histoire de l’art, invitant chacun à apprendre à regarder les chefs-d’œuvre de l’art.
La version itinérante de la Petite Galerie va hors les murs, à la rencontre des publics, sur leurs lieux de travail, d’étude, de vie, grâce à une exposition de reproductions d’œuvres. L’ambition est de susciter un intérêt pour l’art, de déclencher l’envie de franchir le seuil d’un musée qui reste intimidant.


Depuis 2016, la Petite Galerie du Louvre s’est ainsi installée dans les usines du Groupe PSA de Saint-Ouen et de Poissy. À chaque étape, les équipes du musée accompagnent l’exposition pour permettre son appropriation par le plus grand nombre.

Ainsi, au printemps 2018, près de 1 600 ouvriers de PSA ont visité l’exposition sur l’art et le pouvoir au sein de leur usine. Cent cinquante personnes ont ensuite bénéficié d’une visite guidée au musée du Louvre. Avec le projet l’Archéologie en bulles, l’objectif est aussi d’amener les salariés à se rendre dans les musées de leur région, et notamment au musée de Bretagne et à la bibliothèque des Champs Libres.

L'archéologie en bulles

EXPOSITION
exposition PSA

La Petite Galerie - espace d’éducation artistique et culturelle du musée - propose une exposition qui fait dialoguer l’archéologie et la bande dessinée, art invité pour cette quatrième édition. Une centaine d’œuvres, une sélection de planches d’auteurs inspirés par l’archéologie (comme Jul, Enki Bilal, Nicolas de Crécy…) permettent au public de se glisser dans les pas des amateurs et archéologues, de découvrir fortuitement des trésors, d’exhumer des objets enfouis à différentes époques, de les classer puis d’essayer de les interpréter.
Toutes ces étapes sont l’occasion de montrer en quatre salles et quatre thématiques, comment le 9e art s’approprie, entre réel et fiction, les découvertes archéologiques à l’origine des collections du Louvre :

  • La figure de l’archéologue professionnel émerge avec les missions du 19è siècle. Dessins, relevés, publications deviennent alors ses outils. L’archéologue, comme le dessinateur de bandes dessinées, utilise le carnet de croquis pour fixer objets, sites ou personnages d’études. La BD, toutefois, met en scène des reporters, des détectives ou des aventuriers en lieu et place de notre savant.

  • Trésors archéologiques - L’histoire de l’archéologie est ponctuée de découvertes extraordinaires et inattendues. Pour l’archéologue, le mot trésor revêt cependant une signification particulière : des pièces d’orfèvrerie enfouies intentionnellement pour échapper à une catastrophe naturelle ou un conflit ou, comme dans l’Orient ancien et l’Égypte des pharaons, le dépôt volontaire d’un ensemble d’objets consacrés à une divinité notamment pour la fondation d’un sanctuaire. La BD aime mettre en scène les moments de ces découvertes fortuites ou non, en montrant ses héros en quête de trésors ou de civilisation disparues.
  • Classer pour comprendre - En utilisant la description et la comparaison des sciences naturelles, l’archéologue répertorie, classe et propose des typologies de matériel selon le décor, la forme ou la technique. Pour dater ces œuvres, il observe les conditions de la découverte (niveau d’enfouissement, traces de destruction…) qu’il cherche à rattacher à des événements connus par ailleurs. Le dessinateur de BD évoque ces strates du temps à travers le souvenir de ses héros ou compose sur une planche sa propre typologie d’objets.
  • Interpréter et rêver - Quand la bande dessinée imagine. Après le temps des fouilles vient celui de l’étude et de la publication : l’archéologue rassemble les données matérielles à sa disposition et doit les interpréter. Sans contexte de découverte, un objet archéologique est plus difficile à interpréter. La bande dessinée s’est intéressée aux personnages historiques comme aux héros mythiques, aux sites archéologiques réels comme à des lieux imaginaires. La fidélité historique est parfois respectée mais le plus souvent, le réel est transfiguré et devient fiction, voire science-fiction.

Des cartels pédagogiques, des dispositifs vidéos et un folioscope ainsi qu’une médiathèque incitent le visiteur à observer des détails et apportent de précieux éléments de contexte.

Avec la bande-dessinée

MEDIUM
Expo BD PSA Louvre

La bande dessinée sur les traces des archéologues

Une petite galerie constituée de reproductions de dessins, de tableaux et de sculptures, témoins de la diversité et de la richesse des collections du musée, s’installe pendant un mois au cœur de l’usine, à proximité des chaînes de montage.
Se glisser dans les pas des curieux, amateurs et archéologues de l’Antiquité, découvrir fortuitement des trésors, exhumer des objets enfouis à différentes époques, les classer puis essayer de les interpréter, autant d’étapes qui sont l’occasion de montrer comment la bande dessinée s’approprie, entre réel et fiction, les découvertes archéologiques à l’origine des collections du Louvre.
Un médiateur du musée anime régulièrement des Cafés Louvre, moments d’échange pour donner aux visiteurs des clés permettant de comprendre les œuvres d’art. Une collaboration est engagée avec la structure culturelle Les Champs Libres, pour encourager les participants à poursuivre leur découverte du patrimoine.

faire dialoguer l’archéologie et la BD

REVUE DU WEB

MUSÉE DU LOUVRE >>> Conférence de Jean-Luc Martinez et Fabrice Douar, musée du Louvre. L’exposition de la Petite Galerie fait dialoguer l’archéologie et la bande dessinée. Au milieu du brouhaha des lignes de montage, surgissent des reproductions de tableaux, de sculptures et des planches de bande dessinée.

LE PARISIEN >>> Le musée du Louvre et la Fondation PSA proposent aux salariés de l’usine de La Janais, près de Rennes, une exposition sur le thème de l’archéologie et de la bande dessinée.

CRÉDITS

image et entretiens Hervé Portanguen, Kilian Jarno
son Clémentine Lathelier
montage Corentin Laine
moyens techniques KuB

remerciements
musée du Louvre
Jeanne Scanvic, Florence Dinet
PSA groupe Claudia Raynaud

ESPACE PARTICIPATIF

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