Documentaires animaliers

regard de cochon gros plan

Le documentaire animalier semble être, en temps de pandémie mondiale et de destruction de l’environnement, la réponse au besoin de nature et de dépaysement, à la quête de sens, et à la nécessité de protéger la biodiversité et d’alerter sur son appauvrissement galopant. D’ailleurs, les vidéos d’animaux n’ont jamais eu autant la côte, et la curiosité pour la faune et toutes les merveilles qu’elle possède, n’a cessé de croître. Des scènes de la vie animale ont donné lieu à des mises en scène épiques, romantiques ou à suspens. Si la vie sauvage est souvent à l’honneur dans les films et séries animalières, il y a également beaucoup à découvrir du côté des animaux domestiqués. Ces films parlent davantage du rapport de l’Homme avec le règne animal, et donnent la parole à divers experts, du biologiste au zoologue, en apportant un éclairage différent, culturel ou sociologique, à la question animale. Voici donc notre top des documentaires animaliers.

Cousin comme cochons, un de nos meilleurs documentaires animaliers

Le cochon et l’humain, pas si différents après tout ? La Bretagne produit 14 millions de porcs par an, pourtant, on ne les voit nulle part. Face à ce mystère, le réalisateur et son caméraman partent à la rencontre de l’animal mal aimé. Marqué par sa visite d’une structure de l’industrie porcine, Mathurin Peschet a été particulièrement ému par le regard des porcs, et leur humanité. À partir de là, le réalisateur élargit son enquête à l’objet social et culturel qu’est le cochon, sa représentation dans la littérature et l’imaginaire collectif à travers les siècles. Tantôt haï, méprisé, moqué, tantôt sacré et choyé, ce mammifère met l’homme face ses propres travers et sa propre condition. Si vous êtes sensibles aux images de bébé animaux, ce film vous régalera, avec ses quelques adorables images de porcelets. Par ailleurs, ce documentaire animalier ne manquera pas de vous attendrir et de vous faire changer de regard sur le porc, tout en soulevant des vrais questionnements sur la condition du cochon et de la truie d’élevage, et la manière dont on traite l’animal qui nous nourrit.

Attention : ce film contient des images de mise à mort du cochon.

Avec mes abeilles, docu animalier poétique

Les abeilles représentent l’élément essentiel au maintien de la biodiversité, et à la survie des espèces. Pourtant, la connaissance de cette nécessité n’a pas empêché l’humain de continuer des pratiques détruisant allègrement les précieux pollinisateurs. Face à cette crise, les dernières années ont vu grandir le nombre d’apiculteurs, poussés par l’espoir de retarder leur extinction. Cependant, on n’élève pas des abeilles comme on élèverait des moutons. Les butineuses ont leur propre façon de faire société, avec une organisation et des rôles bien définis. Les réalisateurs, eux-mêmes initiés à cette pratique, sont allés à la rencontre de trois professionnels des abeilles, pour tenter de mettre en lumière tout ce qu’apporte l’élevage des pollinisateurs, au-delà du miel. Un documentaire animalier poétique, qui donne à voir la relation entre l’Homme et les abeilles sous un jour philosophique, et présente l’apiculture comme un véritable mode de vie.

Le cinéaste naturaliste Michel Baracetti sillonne le Trieux pour en capturer la faune et la flore du fleuve breton. On y trouve un biotope riche, d’un équilibre précis mais fragile, dans la mesure où la qualité de l’eau est fonction de la bonne marche de la chaîne alimentaire. Des organismes microscopiques aux insectes, des poissons aux oiseaux, ce documentaire animalier décrit minutieusement la vie qui occupe le fleuve, dont la santé est potentiellement menacée par les diverses pollutions.

Une nuit avec les ramasseurs de volailles, un documentaire animalier percutant

Nous quittons l’univers des mammifères et de la douceur pour entrer dans celui des ovipares, dans une réalisation qui fait froid dans le dos. Dans ce documentaire, le réalisateur - un ancien paysan reconverti - nous fait entrer dans l’enfer de l’élevage industriel de volailles. Enfer pour les animaux, enfer pour les travailleurs, qui, pour un salaire de misère, travaillent 60 heures par semaine, de nuit, dans des conditions effroyables. Allant de poulailler en poulailler, ils sont chargés de ramasser 20 000 poulets par structure, et passent ainsi des heures agenouillés dans la fiente dans un vacarme assourdissant. Ce reportage animalier met en lumière une réalité largement méconnue, et attire l’attention sur les questions de la condition et la dignité de l’ouvrier ainsi que celle de l’animal. Une œuvre nécessaire, qui aborde une réalité encore effective aujourd’hui.

Cochon qui s'en dédit, documentaire animalier visionnaire

En 1979, le jeune Jean-Louis Le Tacon est étudiant en ethnographie et décide de réaliser un documentaire sur un éleveur de porcs, dans le cadre de ses études et avec l’encouragement de Jean Rouch. Il passe trois ans au coeur de la porcherie, à filmer l’activité de Maxime, éleveur porcin, qui exécute seul, comme une machine qui tourne à l’infini, toutes les actions destinées à faire tourner son industrie : nourrir les porcs, les faire se reproduire, nettoyer leurs excréments… Un engrenage où l’on doit rester, coincé par la raison économique, mais qui prend toute la place dans une vie, jusqu’à l’odeur de l’animal qui reste parfois sur soi le soir quand on se couche.

Quarante ans plus tard, ce documentaire est toujours tristement d’actualité.

Le veau, la vache et le territoire, film animalier optimiste

Retrouvez ici la bande annonce de cette oeuvre (les droits de diffusion sur KuB sont arrivés à échéance).

À une époque où le mal-être paysan atteint des sommets dramatiques, et où l’on est de plus en plus conscient des conditions de vie des animaux d’élevage, ce documentaire animalier est une bouffée d’air frais. On y rencontre la famille Pageot, qui pratique une agriculture biodynamique et élève ses vaches et ses veaux dans l’amour et le respect de leurs besoins et de leur santé physique et mentale. Ici, tout est question de cycle : si on soigne le sol en lui laissant ses insectes, il fera pousser une excellente herbe ; si les bovins mangent une herbe saine, et qu’ils sont sereins et épanouis, ils produiront une bouse de qualité, qui à son tour viendra nourrir le sol. Ainsi, la psychologie de la vache est respectée, et l’éleveur veille à ce que toutes les transitions se fassent en douceur (sevrage du veau, par exemple), et que ses bêtes soient épargnées de tout stress.

Ce merveilleux documentaire animalier nous prouve qu’une autre voie est possible, hors de l’agriculture dite traditionnelle, une voie viable économiquement, et qui répondrait aux enjeux sociétaux d’emploi, de transition alimentaire, de bien-être animal.

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