Le chant du monde

cache-cache - Je suis un arbre qui parle - banner
À voir jusqu'au
18/03/2025

Laissez-vous porter et surprendre par Je suis un arbre qui parle !, film organique qui a sa respiration propre, légère et profonde. Un film à aborder les oreilles grandes ouvertes pour se laisser couler dans le mood for love, amour-vibration, folie-douce, à défier la réalité tout en pénétrant le champ de la recherche scientifique.

Les corps humains et végétaux ont ici une consistance inhabituelle, conférant à ce récit impressionniste une dimension artistique. Carole Contant nous y relie avec le monde végétal par une quête qui prend toutes sortes de directions, du monde extérieur vers l’intimité, aller-retour. Un chemin dans lequel musarder pour s’ouvrir à des éventualités jusque-là indétectables par nos attentions distraites.

FILM

JE SUIS UN ARBRE QUI PARLE !

de Carole Contant (2020 - 59’)

Un chanteur de rock perdu en forêt rencontre une petite fille attentive aux plantes. Le lien avec le végétal se tisse à partir de leurs promenades, où la musique des plantes s'accorde avec la voix et l'imaginaire de l'enfant. Cette déambulation poétique révèle les correspondances secrètes du vivant, des sons et de la parole.
>>> un film produit par Roseline Quemener pour Hanami Expérience, Nadejda Tilhou pour Cent Soleils

INTENTION

Symphonie végétale

camille et michel discutent - Je suis un arbre qui parle

par Carole Contant

Ce film part du schisme entre l’humain et la nature qui caractérise les sociétés occidentales modernes, et en prend le contre-pied, espérant faire la lumière sur l'essentiel contaminé par les eaux troubles du progrès. J’ai souhaité faire entendre la symphonie du monde végétal, animal et ses liens avec l'humanité en mettant en scène des personnages parfois maladroits, naïfs ou déjantés, bien plantés, au caractère trempé ou discret, qui s'intéressent à l'inaudible chant des plantes, inaudible mais perceptible par eux et par les animaux aussi. C'est un double récit initiatique auquel les spectateurs assistent dans la fantaisie des bizarreries rencontrées, au bord de truculents personnages et de paysages bretons (vers Pont-l’Abbé et Rennes) et le Ségala lotois. Un récit qui observe cette étrange nécessité que l'humain a, d'entendre le chant du monde.

Dans ce film, toute ressemblance avec des personnages réels est justifiée, le récit mêle des amateurs dans leur propre rôle et des situations fictives. Le scénario s’est développé au fil des repérages et après discussion avec les protagonistes. La construction narrative utilise également les situations réelles rencontrées lors du tournage.

En 2014, tout en poursuivant mon travail de création expérimentale, cinématographique et scénique, j'ai entamé une recherche-action autour de la question du soin, de la guérison, en axant mon regard autour de nos liens avec le règne végétal, en tant que nous sommes partie prenante et résonance de la musicalité du monde. En parallèle j'ai commencé, en 2016, une formation en médecine énergétique chinoise et je m'intéresse au potentiel thérapeutique des sons.


La question du soin est le centre de mes préoccupations : ce film met en scène la puissance d'autoguérison en lien avec la puissance de l'imaginaire de chacun, la confiance en soi, l'amour, la joie. Cette fiction pétrie de versants documentaires et mythiques révèle le chant des plantes, inaudible à l'oreille humaine. Ces sons inaudibles ont été transposés par d'éminents physiciens et musiciens.

La pratique chamanique considère que soigner l'homme, c'est soigner le monde. Ici, sorcier, chaman, médecin, cuisinier, chanteur, ethnobotaniste, enfant, sociologue, musicien, jardinier mais aussi arbres, plantes, oiseaux, paysages sont personnages. Pour écrire le scénario, je me suis inspirée de mes lectures mythiques et scientifiques sur la voix des plantes.

J'ai rencontré plusieurs chercheurs et écrivains : Pierre Lieutaghi et Thierry Thévenin, et le chercheur sociologue au CNRS spécialiste du chamanisme et de la civilisation maya yucatèque Michel Boccara, et sa famille. Une famille d'une immense énergie, joyeuse : ils chantent tous, jouent, jardinent, cuisinent, s'occupent quotidiennement de nourrir le monde. Lors de mon premier séjour chez eux, j'ai rencontré un guérisseur du Ségala lotois : Pierre Capelle travaille avec ses mains en imposition, sans toucher, avec un pendule mais aussi avec différentes essences d'arbres pour soigner ses patients à travers ce qu'il nomme l'éveil à l'arbre.

La musique est celle d’Antoine Garrec, mais aussi celle tramée sur le rythme de Flore, la plante compagne de la petite Camille. J’avais demandé à Sacha Gattino d’enregistrer via la machine qui transforme le potentiel électrique de la plante en signal MIDI à l’aide de pinces sur le feuillage et d’une tige dans la terre, et de composer avec d’autres matières sonores acoustiques de sa bibliothèque de sons.

Ce film d'aventure est une comédie mais aussi une invitation à s’immerger dans une méditation esthétique, à la fois sonore et visuelle, autour d’un monde végétal de plus en plus menacé. Il observe les contradictions à l’œuvre dans notre société à travers le regard et le parcours d'un homme et d'une enfant. Un regard qui s'amuse d'un rien. C'est aussi l'aboutissement d'une réflexion sur le monde, sur notre relation à celui-ci et sur la responsabilité qui nous incombe de le respecter. Loin d'un anthropocentrisme qui fut souvent néfaste, ce film, traversé par la voix humaine, (chanteur rock et choristes enfants) souhaite donner à voir la prévalence de l'invisible (état émotionnel, fréquence et vibrations dans la nature) et révéler la beauté, la diversité et la complexité des langues végétales et animales, réduites au silence par le vacarme des activités humaines. Il nous invite à écouter ces voix du monde vivant non humain.

BIOGRAPHIE

Carole Contant

Carole Contant réalisatrice

Pendant sa maîtrise de Cinéma et Audiovisuel à Censier, Carole Contant se forme avec Nicolas Rey aux techniques argentiques, développe ses films en Super 8 et réalise une trentaine de films où l’acte cinématographique et la parole font danse, le geste parle. Les premiers sont épistolaires et ses dernières vidéos tentent de réactiver une vitalité essentielle à l’œuvre lors des tournages.

Dès 2009, elle devient artiste chorégraphique pour le musée de la Danse (Roman photo de Boris Charmatz, Satisfaying lover de Steve Paxton, The Show must go on de Jérôme Bel, et un film d'Aernout Mik autour d'une pièce de Boris Charmatz) puis dans Le Beau Mariage de la Cie Louma.

Dans la foulée, elle réalise Les Cheminants (2017), documentaire où le film fait corps avec la danse. En parallèle, elle collabore avec les danseurs et chorégraphes S Frétault (L'Évanouissement de Karlotta), Latifa Laabissi (Figure project) et Alain Michard (Louma). Elle anime des ateliers de cinéma expérimental. Avec Éric Thouvenel, enseignant chercheur à Rennes 2, ils montrent des films en écho à des expositions (musée des Beaux-Arts de Rennes, musée de la Danse,...), et en 2014 coécrivent Fabriques du cinéma expérimental, livre d'entretiens avec neuf cinéastes, sorti chez Paris Expérimental, collection Classique de l'Avant-Garde.

Son conte documentaire Je suis un arbre qui parle ! joue à reconnecter notre humanité à la Nature, en partageant la mélodie des plantes grâce à laquelle nous sommes vivants. Son prochain, film François l’assise, propose de jouer une transposition dans le fauteuil de François Roustang et de ceux pour qui il a été une sorte de mentor avant de disparaître en 2016. Depuis 2015, sa pratique du tai chi et du qi gong l’emmène naturellement vers l’énergétique chinoise, puis en 2017 vers la sonothérapie, le chant intuitif et, en 2021, vers une hypnose corporelle, pratiques par lesquels elle accompagne ceux qui le désirent à côté de son travail artistique.

COMMENTAIRES

  • 30 Mars 2024 13:55 - Hélène

    C'est génial ! J'adore ! Merci beaucoup

CRÉDITS

avec Antoine Garrec, Camille Frappier, Michel Boccara, Pierre Capelle, Alexandre Ferran, Alexandre Monmousseau, Françoise Tettamanti, Pascale Barthélémy
réalisation Carole Contant

image Estelle Chaigne, Quentin Marquet
son Emmanuelle Sabouraud, Quentin Lamouroux, Brice Kartmann
montage Carole Contant, Thomas Charmetant, Anthony Le Brun
mixage Corinne Grigon
étalonnage Pierre Bouchon
musique Antoine Garrec, Sacha Gattino

coproduction TVR, Tébéo/Tébésud
avec la participation de Petit Peti, Filme-moi ta plume
avec le soutien de la Région Bretagne

Artistes cités sur cette page

Carole Contant réalisatrice

Carole Contant

KuB vous recommande