Hamon-Martin & Zayed

Kharoub au festival No Border
spectacle multiculturalisme métissage

Kharoub, c’est le fruit de la rencontre du Quintet Hamon-Martin et du chanteur et oudiste palestinien Basel Zayed et son frère percussionniste Yousef. Ensemble, ils se sont lancés dans une exploration commune des traditions orales et populaires de Haute-Bretagne et de Palestine, mêlant également à leurs répertoires des reprises de Fairouz, d’Oum Kalthoum avec des textes originaux de Sylvain Giro et de Denis Flageul. Ici se racontent, en français et en arabe, la résistance, la lutte et le partage. Les rondes bretonnes deviennent un miroir de la dabké – une danse traditionnelle arabe - et exaltent les joies, les peines, l’amour et la mort. 

Édito : Serge Steyer

Auteur-réalisateur d’une trentaine de films depuis la fin des années 80, principalement des documentaires pour et avec la télévision publique (France Télévisions, Arte). Auteur d’articles et de dossiers papier pour Films en Bretagne, dont Photographie de l’activité cinématographie et audiovisuelle en Bretagne (2009) et Réinventons l’audiovisuel public (2013). Directeur ...

DE BRETAGNE EN PALESTINE (2017 - 9')

KHAROUB

GENÈSE
KHAROUB festival no border
© Éric Legret

Pour le Quintet Hamon-Martin, toute cette histoire a commencé en octobre 2014, par une invitation à jouer de la musique à Jérusalem, Hébron, et dans quelques communes de Cisjordanie. Les voilà partis pour jouer de la musique et tenter de rencontrer des artistes palestiniens, au festival de Nabi Saleh soutenu par l’Association France Palestine Solidarité. À l’occasion d’un concert du Quintet au Théâtre National Palestinien à Jérusalem, ils rencontrent le chanteur et oudiste Basel Zayed venu récupérer son jeune fils qui assistait aux balances. Sur l’insistance de ce dernier, Basel repart à son domicile chercher son instrument et se joint au quintet pour une dernière pièce commune. Et la magie opère !


La musique permet un accès immédiat au sensible et à l’universel, comme si l’apprentissage de la langue de l’autre était d’un coup facilité. On peut ainsi entrer en résonance avec l’autre, comme des instruments vibrant en sympathie. Le travail a alors débuté par la mise en commun de répertoires, de la chanson française à la chanson arabe, d’un texte de Boris Vian à un poème de Mohammed el Assad, de la danse populaire orientale aux danses traditionnelles de l’ouest de la France. Il s’est poursuivi par l’écriture de chansons, de textes poétiques qui racontent, en français comme en arabe, les grands thèmes universels que sont les joies et les peines, les luttes et l’amour, le partage et le vol. Et pour cela, il faut apprendre la poésie de l’autre, ses chansons, et finalement sa langue. 
Le premier mouvement de cet apprentissage se fait par l’intermédiaire du répertoire populaire de tradition orale des deux cultures. Ainsi, Basel Zayed a une très grande connaissance du répertoire populaire proche oriental, et Mathieu Hamon maîtrise parfaitement son terrain haut breton. Les thématiques des deux répertoires sont passionnantes à mettre en miroir. 
Afin de mieux comprendre et intégrer l’esprit et le sens de la musique arabe, il a été choisi de s’inspirer du répertoire des grandes figures de la chanson arabe que sont Oum Kalthoum et Fairuz. C’est dans la transposition de l’esprit des chansons arabes en français qu’il a été fait appel à Sylvain Girault et Denis Flageul pour l’écriture de textes nouveaux. 
Il a été également choisi dans cette création de mettre en perspective les danses populaires que l’on pratique particulièrement en Haute-Bretagne, avec les danses traditionnelles du Proche Orient, regroupées sous le terme dabke. En effet, ces danses en chaîne partagent avec nos danses plus d’une identité, et permettent que le spectateur se reconnaisse dans la danse de l’autre. 
Dans ce spectacle, l’ensemble s’est également attaché à utiliser la texture sonore commune des instruments traditionnels des deux régions. Ainsi la flûte et la bombarde d’Erwan Hamon rappellent le nay et le mizmar orientaux, le cistre de Ronan Pellen, répond au Oud de Basel Zayed, l’accordéon diatonique de Janick Martin s’inspire de l’ornementation arabe, la basse moelleuse d’Erwan Volant et les percussions de Yousef Zayed assurent la cohésion musicale finale. 

HAMON MARTIN QUINTET

PARCOURS

Depuis le début des années 2000, Hamon-Martin Quintet s’attèle à revisiter les traditions populaires chantées de Haute-Bretagne, utilisant les diverses cultures musicales que chacun de ses membres a traversé. D’abord intéressé par le riche patrimoine oral que le chanteur Mathieu Hamon a collecté et repris en solo, le groupe s’est progressivement tourné vers les musiques populaires d’autres aires culturelles, ainsi que vers l’écriture de textes originaux contemporains, souvent plus engagés et résonnant avec l’actualité. 

Hamon Martin Quintet et Prabhu Edouard >>> Enregistré et filmé au MuzikHall à Rennes dans le cadre du festival Yaouank 2013 (À la Zim ! Muzik)

BASEL ZAYED

BIOGRAPHIE
basel zayed

Basel Zayed est un chanteur et auteur palestinien. Son univers musical tourne autour de la musique orientale, du jazz et de la musique classique. Chanteur dans la pure tradition du chant arabe oriental, il est également pianiste et oudiste. Basel a débuté sa carrière musicale de chanteur, auteur, compositeur et musicien en accompagnant de nombreux groupes en Palestine. Il a ainsi rejoint le groupe Sanabel à la Bir Zeit University, le First Ramallah Group of Music and Dance, formé le groupe Yalalan et dirigé différents projets comme Music without Borders, Music in the Attic - Qalandiya International et Nawa
Il intervient régulièrement comme soliste, avec sa voix et son oud, comme dans le groupe Turab, l’un des groupes les plus actifs en Palestine qu’il a fondé avec de jeunes musiciens. Son ambition de lier des compositions orientales à un arrangement jazz s’est concrétisée au sein de son projet le plus personnel The Basel Zayed Quartet


À travers sa musique, Basel traite de sujets tels que les complexités politiques, la vie sous l’occupation, l’amour, la justice sociale et la vie quotidienne en Palestine et dans le monde arabe. Il constitue aujourd’hui une figure importante de la musique arabe en développant une vision contemporaine et innovante entre la musique arabe et la musique occidentale dans ses différents registres (jazz, pop, classique). Basel intervient également régulièrement au cinéma en tant que compositeur de bandes originales. Il est également diplômé en psychothérapie par la musique de la Guidhall School of Music and Drama de Londres et intervient aujourd’hui en tant que directeur du département de musicothérapie de la Sherill House à Boston. 

LE FEST-NOZ MÈNE À TOUT

REVUE DU WEB
KHAROUB 2

Les Inrocks >>> La Bretagne en Palestine, la Palestine en Bretagne, l’idée ne va pas de soi, on cherche la route, la jonction. Elle existe pourtant, plus évidente qu’on ne le croirait. Après Keyvan Chemirani, la Kreiz Breizh Akademi et Kazut de Tyr, le Hamon-Martin Quintet dévoile à son tour d’étonnantes affinités entre la côte atlantique et l’Est méditerranéen en s’associant aux musiciens palestiniens Basel et Youssef Zayed. Les airs de Fairouz et Oum Kalthoum y gagnent dorures et ferrures médiévales, tandis que certaines tournures bretonnes épousent les luttes contemporaines des habitants de Cisjordanie. C’est plus que réussi, pertinent, engagé et très beau.

Ar Men, Michel Toutous >>> Le fest-noz mène à tout, c’est ce que vient démontrer le Hamon-Martin Quintet. Cette fois, il est allé à la rencontre de musiciens palestiniens pour une création coproduite par Amzer Nevez et le Canal-Théâtre du pays de Redon. Poèmes traditionnels traduits ou textes signés de Denis Flageul, ce sont deux mondes littéraires qui s’interpellent et finalement qui se trouvent des parentés sans doute insoupçonnées. La voix puissante et fortement timbrée de Mathieu Hamon donne le diapason de cette conversation par son phrasé ample et majestueux. Les thèmes traditionnels palestiniens prennent alors des allures de complainte de Haute-Bretagne où la diction épouse remarquablement l’histoire racontée, du grand art vocal. 


Le dialogue s’institue avec le chant de Basel Zayed qui vient répondre à Mathieu Hamon et entourer son chant de volutes orientales ciselées comme des moucharabiehs. La beauté de cet échange ne saurait faire oublier les instrumentistes qui participent au voyage. On connaît depuis des années le talent du Hamon Martin Quintet pour entraîner à la danse, celui-ci ne se dément pas. Toujours cette élégance et cette inspiration qui se mettent au service d’un projet inhabituel qui change des ridées et autres tours même si les rondes du pays de Redon restent présentes dans les développements. Il faut évidemment leur adjoindre la présence de Basel et de Youssef Zayed aux instruments traditionnels palestiniens. Le oud du premier déploie des couleurs modales qui ne déplairaient pas à un Erik Marchand pendant que le bendir, le darbuka et le riq du second installent la rythmique. Une magnifique rencontre.

ESPACE PARTICIPATIF

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