Black Christmas

Aline dans la tourmente

Tout va bien dans le meilleur des mondes, celui d’un super marché où chacun fait ses emplettes pour Noël. Douce perspective de ripailles dont on trouve ici les ingrédients venus à nous des quatre coins du globe.

Si Michael Havenith a appelé son film La fin du Monde c’est bien que quelque chose cloche dans les allées de ce jardin d’abondance. Dehors l’orage gronde, dedans flotte un parfum d’insécurité et de fin des haricots. De dysfonctionnements en panne généralisée, le chaos guette.
La faute à ces enculés d’écolos qui ont cassé l’ambiance ?

Le réalisateur morlaisien venu de Belgique nous livre ici un conte de Noël éclaboussé de jus de fraise et de chantilly, à moins que ce ne soit du sang et des éclats de cervelle. Un Black Christmas qui en dit long sur l’état de désenchantement de ceux qui peinent à croire qu’un retour à la raison soit encore envisageable.

LA FIN DU MONDE

de Michael Havenith (2008 - 10')

Serge est vigile dans un hypermarché. Il est le gardien du temple, le garant du système capitaliste. Rien n'est plus rassurant que sa grande surface. Les clients achètent, donc existent. Et si les clients existent, Serge aussi. Et peut-être même qu’il se mariera avec Aline, la jolie caissière. Tout va bien dans le meilleur des mondes.

Et que se passe-t-il si, un beau jour, ce joli ronronnement s'arrête net à cause d'une panne de courant ? Presque rien : après la panne, après une vulgaire orgie, un moment égoïste mais néanmoins collégial, on continue comme avant. Pourtant, il y a eu un accroc : l’orage et la foudre en plein mois de décembre évoquent le dérèglement climatique. On aurait pu s’arrêter, réfléchir, mais non.

>>> un film produit par Banana Films et la RTBF

Un film catastrophe à la Tati

INTENTION
Un acheteur fait des stocks

par Michael Havenith

La fin du Monde ou l’inconscience de la civilisation face à la transformation de son écosystème. Comme une fable, une histoire grotesque et pathétique, drôle, grinçante, désespérée.
La consommation est la clé de la croissance économique. Même en 2008, on continue à nous persuader que notre salut est dans l’acte consumériste. Grâce à son pouvoir d’achat sans cesse revendiqué, le citoyen accomplit son devoir de consommateur : il fait ses courses. Et plus il achète, mieux l'économie se porte.
Pourtant, tout le monde sait que c’est fini, qu’il faut passer à autre chose. Mais on s’accroche. À l’heure actuelle, soit la conscience du problème n’est pas là, soit cette conscience ne nous amène pas à changer de comportement (par inertie d’une société conçue a priori comme inébranlable), soit il existe la croyance d’un sauvetage par une puissance divine, par l’extérieur.


La fin du Monde, comme une allégorie, se penche sur la surconsommation, le gaspillage, la dégradation de notre environnement, le sacré, les relations humaines, le pessimisme vis-à-vis de l'homme et la conviction profonde de la disparition prochaine de la civilisation comme lieu d’échange, de culture et de conscience. Même les enfants déconnent. On a ça en nous, c’est comme ça. Nous vivons dans un univers fini, dans les deux sens du terme.

La fin du Monde est un film-catastrophe à la Tati. Les personnages évoluent dans un univers débordant de sons bizarres (frigidaires, musiques d’ascenseur, bips des scanners à la caisse, annonces micro incompréhensibles...), de lumière froide et aveuglante et de personnages typés, muets ou non. Ça dégouline d’abondance. C’est écœurant. Ça pique les yeux.

J’ai toujours été obnubilé par la qualité de l’environnement : la nature et ses dérivés occupent une grande place dans ma vie. D’abord comme citoyen, au sein d’organisation telles que Greenpeace, Ecolo, le WWF, ensuite en tant que réalisateur avec des programmes de sensibilisation et des émissions de télé-réalité vertes. Depuis toujours, je porte en moi un désir de fiction qui n’a pu exister de temps à autre qu’à travers des mini-séries pour Canal+ Belgique, des docu-soaps pour la RTBF ou un premier court métrage autoproduit. De plus en plus conscient de l’urgence d’agir et de faire passer quelque chose, j’ai décidé de faire un deuxième court métrage, parce que je suis persuadé que les idées sont vraiment libres quand elles vivent dans un film.

Michael Havenith

BIOGRAPHIE
Michael Havenith réalisateur portrait n&b

Morlaisien d'adoption, Michael Havenith travaille depuis plus de vingt-cinq ans pour la fiction et le documentaire sous toutes ses formes en télévision (RTBF, RTL-TVI, CANAL+, ARTE). Il a également réalisé des séries de fictions courtes comme Faux Contact (série satirique de 170 épisodes pour Canal+ Belgique), Promotion Ascenseur (websérie pour France 4), Babelgium (websérie pour la RTBF et Arte), et Le Centre, une websérie sulfureuse pour le portail internet du service public belge. Après avoir réalisé deux courts métrages, il a enchaîné avec des documentaires pour la RTBF, dans le cadre de l’émission qui a remplacé Strip-tease. Il travaille actuellement à l’écriture d’un film documentaire de fiction sur un secret de famille, ZINNEKE, en alternance avec la scénarisation, la production et la réalisation de films d’entreprises, de webséries et de documentaires sous la bannière de sa maison de production Bastard!Films.

CRÉDITS

avec Loudia Gentil, Jean-Luc Couchard, Renaud Rutten, Cathy Grosjean

réalisation Michael Havenith
scénario Michael Havenith, Laurent Cadet
assistant réal Arnaud Kervyn
direction de prod Cécile Philippe
caméra Laurent Cadet
image Patrice Michaux
son Paul Heymans

montage Karim Brusseleers
étalonnage Mile Joris
effets spéciaux Triangle 7
décors Vivian Sassen
costumes Géraldine Miesse
maquillage Malika Kahan

production Jean-Luc Van Damme
coproduction Banana Films, RTBF, Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel
avec le soutien du Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel de la Communauté Française de Belgique, des télédistributeurs wallons de la RTBF

Artistes cités sur cette page

Michael Havenith réalisateur portrait n&b

Michael Havenith

ESPACE PARTICIPATIF

  • 17 Décembre 2019 16:51 - Jean-Claude

    Vivement la panne !!!

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