Sunday morning

Miniature Douchka Sunday Morning

Sous les abdos, la plage, où se confondent réalité brute et rêves de liberté.

Aussi discipliné et maitrisé que l’électro sophistiquée du jeune Douchka, le clip de Sunday Morning nous entraîne jour après jour dans le quotidien sculpté du très jeune Bhuchidt Boonsane – dit Alien –, prodige miniature de la boxe thaï. Un docu-musclé loin des paysages bretons, signé par le collectif Junta, qui prouve que nous ne vivons pas tous les mêmes matins, ni les mêmes dimanches !

Loin de Rocky, de sa boxe carnassière et de ses sacs de frappe en viande, le muay thaï - petit nom thaïlandais de cette box - se pratique religieusement, les mains plutôt jointes que liées. Le sport s’esthétise au son du ranad, xylophone thaïlandais qui ponctue le morceau, et sert de porte d’entrée sur le ring de cette vie hors-norme. À l’heure bleue où d’autres se couchent, notre enfant boxeur commence l’entrainement, tout en mutisme et en dévotion. Le clip se déploie selon ses règles et son rythme, tandis que les jours se lèvent et se répètent. Religion de dur-à-cuire entremêlant foi et rage-au-ventre, ce muay thaï pieusement jouissif prend le pas sur une enfance qui s’évapore dans les cordes et la sueur. La caméra, entre contemplation et moments volés, suit à la trace - littéralement au poing - une infime partie de ce combat existentiel. Calé sur le son de Douchka, ce corps-à-corps solitaire se transforme en une danse chorégraphiée par les coups et les uppercuts.


Le muay thaï est sport national en Thaïlande, une véritable usine à mythes où tous les espoirs et les coups semblent permis. Sa violence, pourtant, reste toujours calibrée, spectaculaire, esthétisée comme dans un film de Winding Refn, mais loin du gore et des traînées d’hémoglobine d’Only God Forgives. Au rendez-vous, pas de fantômes vengeurs ou de complexes Œdipiens, c’est l’enfance qui tient les rennes et qui trace la route, notamment lorsqu’intervient au milieu du clip une séquence d’animation salvatrice. Comme une épiphanie juvénile, les corps bruts et luisants se dessinent soudain, et les muscles se transforment en un trait irréel qui nous plonge dans l’introspection. Sous les abdos, la plage, où se confondent réalité brute et rêves de liberté, comme dans l’étrange vie de cet apprenti boxeur coincé entre austérité et innocence. L’animation vient transcender l’enfance, pour la remettre au centre, et l’on comprend vite pourquoi l’EP de Douchka s’intitule sobrement Infantile. Joli témoignage que celui de cette lutte qui se joue chaque jour à coups de poings, où l’on sert les dents comme on croise les doigts. Sunday Morning offre un pont musical qui vient recréer du lien, avec comme signe de ralliement les bras en croix de Douchka et d’Alien

SUNDAY MORNING de Douchka

un clip réalisé par Lex et Alexandre Osmoze Brakha (2017 - 3'35)

DU RÉVEIL AU COUCHER

NOTE D'INTENTION

Sunday Morning est une musique emprunte de voix d’enfants et de sonorités multiculturelles (on pense notamment au ranad, un xylophone thaïlandais).
Qu’est-ce qui pousse un enfant à se lever à six heures du matin, à s’entrainer six jours sur sept ? Que représente un « sunday morning » pour lui ? 
C’est ainsi qu’est née l’idée de filmer un jeune boxeur thaïlandais. Pendant dix jours, nous avons suivi Alien, de son réveil à son coucher en passant par ses entraînements. La séquence d’animation avait pour but de le restituer dans son univers d’enfant tout en illustrant ses rêves et ses fragilités.

DOUCHKA

BIOGRAPHIE
DOUCHKA

Pur produit de l’écurie Nowadays Records, Douchka rejoint le label il y a deux ans. Aussi productif qu’hyperactif, le rennais signe un premier EP Joyful (juin 2015) suivi, après quelques mois de tournée, par Together, son second EP sorti en mars 2016.
Joyful était une introduction, un opus de producteur non aguerri. Je l'assume toujours, mais aujourd'hui je le regarde plus avec tendresse qu'autre chose. Avec Together, j'avais envie d'un EP plein de textures différentes, c'était un maxi très ancré dans la mouvance Future Beat.
À peine sorti de studio, Douchka joue son live en première partie de la tournée de Fakear, suivie par des dates sur les scènes de Dour, Garorock, Pitchfork, ainsi que dans bon nombre des plus grandes salles de France. Il traverse également l’Atlantique pour une date à Montréal lors du French Beat en septembre 2016.
C’est lors de cette longue tournée, et en parallèle du projet Leska - duo qu’il forme avec Les Gordon et qu’ils présentent devant 5000 personnes lors des dernières Transmusicales - que Douchka compose Infantile, un troisième EP qui témoigne de la maturité acquise tout au long de cette année.


C’est un maxi qui découle du live et de rencontres humaines. Je l’ai composé de manière spontanée, sans réelle prise de tête, sans deadline. J'ai voulu garder ce qui fonctionnait le mieux par rapport à l'interaction qu'il y avait avec les gens, autant durant les lives que pendant une session d'écoute, avec mes potes ou ma mère. Infantile, c’est une histoire de partage avec les gens sur la route comme en témoigne les featurings avec LIA et Hi Levelz que j'ai rencontré en tournée, hors studio.
Inspiré par ses premiers amours musicaux, que ce soit en électronique (20Syl, Hudson Mohawke, Cashmere Cat), en Hip Hop (Apollo Brown, J Dilla), ou ailleurs (Chilly Gonzales, Gorillaz), Douchka nous offre un son épuré et fluide qui dégage une sérénité contagieuse.
Composé de sept titres, Infantile nous plonge dans l’univers du producteur, guidés par l’insouciance. À travers l’artwork d'Abadibadou entièrement réalisé au stylo à bille, Douchka en profite pour se présenter sur la pochette.

UN JOYEUX MÉLANGE

REVUE DU WEB
INFANTILE-DOUCHKA

Les Inrocks >>> À l’écoute de ses deux premiers EP, Douchka prenait les airs d’un Flume français, étonnamment mature pour son âge. Son dernier mini-album, Infantile, revendique une identité plus hétéroclite parce que teintée d’influences abordées plus en profondeur. Les sons soul et hip-hop se font moins timides et trouvent leur place sur ce nouvel EP qui ravive notre curiosité. Un jeune talent à suivre dans la musique électronique française.

Tsugi >>> On retrouve ici la patte particulière de Douchka et de l’écurie Nowadays Records, qui compte aussi dans ses rangs Fakear, Awir Leon ou La Fine Équipe. Des textures électroniques, des rythmiques influencées hip-hop, des mélodies pop et des samples de voix qui viennent assaisonner ce joyeux mélange. Si ses précédents projets avaient été produits dans son mini-studio aménagé dans son appartement étudiant, Infantile est le fruit de voyages. C’est que le Breton a beaucoup tourné ces derniers temps, aux côtés de ses compagnons de label. Au cœur de l’EP, le morceau Sunday Morning laisse par exemple entrevoir quelques sonorités africaines, agrémentées de chœurs d’enfants, composante très présente sur tout le projet.


CRÉDITS

SUNDAY MORNING
avec     Bhuchidt Boonsane aka Alien
réalisation     Lex et Alexandre Osmoze Brakha, Junta Films
animation     Alexandre Osmoze Brakha
étalonnage     Antonio Lizzio
driver     Bung at Batman Van Rental

Mikros Image
head of creative studio     Julien Vallet
vfx supervisor     Vincent Venchiarutti
vfx producer     Nicolas Huguet
lead compositing artist     Maxime Cordier
compositing artists     Jean-martin Mossu, Yannick Lapasset

lieu de tournage     Thaïlande
production     Christophe Guyot, UMOON
producteur exécutif     Charlie Buranrom

INFANTILE EP
label     Nowadays Records

Artistes cités sur cette page

Nicolas Lexa - Réalisateur - Her, her clip de la semaine

Nicolas Lexa

vignette auteur

Alexandre Osmoze Brakha

ESPACE PARTICIPATIF

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