Lesneu first time

Lesneu

  • musicien
  • chanteur

Lesneu est le projet de Victor Gobbé, membre des Slow Sliders, en échappée solo. Lesneu pour Lesneven, ville de son enfance où ce Nantais en cavale trouve refuge pour enregistrer, avec un minimum de matériel, des petites chansons, comme si de rien n’était, dans sa chambre d’ado. Guitares mélancoliques à souhait, basse roulante, claviers vaporeux (Beach House) et une voix puissante (The Walkmen, Avey Tare, Tame Impala, Brian Wilson).

Quand on est brestois, brestôa de Brest-mêm’, c’est souvent avec une certaine condescendance que l’on observe ce qui se passe au-delà de l’arc de cercle formé au nord de la rade par les limites de la Communauté Urbaine. Le Léon. Déjà, Plabennec, c’est pas jojo. Alors Lesneven, pensez-donc ! On y garde des attaches familiales à la rigueur, la tombe de Mamie ou la ferme de Tonton que les cousins n’ont pas repris… Mais y vivre sa jeunesse ! Soyons sérieux.
Pourtant, depuis quelques années, une bande de léonards juvéniles (pour certains exilés à Nantes) se permet de faire la nique aux citadins du bord de mer. Bantam Lyons, Djokovic, The Slow Sliders et maintenant Lesneu sont autant de preuves que s’il arrive que l’on s’ennuie ferme dans le coin, il y a de la ressource pour occuper les après-midis pluvieuses. 
Alors évidemment, comme dans toute scène qui se respecte, étant entendu que l’on peut donc dorénavant parler de la scène léonarde, l’écueil de la consanguinité n’est pas facile à éviter : ces types sont des paysans, pas des marins. Tenez, par exemple, Victor Gobbé, à l’origine de Lesneu est aussi membre de Djokovic, deux groupes (avec The Slow Sliders) dont les aspirations musicales ne sont pas radicalement différentes. Vous voilà prévenus : la musique de Lesneu est bien capable de vous tirer une petite larme. Empreinte de douceur et de mélancolie, à l’image du clip Sergio l’an passé, à base d’archives familiales en VHS, souvenirs colorés d’une enfance portée disparue.
Adepte des choses simples, Lesneu pose un cadre sans fioriture où, conduits par une boîte à rythme discrète et une basse parfaite dans son rôle, une guitare étincelante et un clavier omniprésent suffisent à préparer le terrain au véritable instrument de prédilection de Victor Gobbé : sa voix. 
Alors, à sa façon, tel un crooner pop, Lesneu réhabilite ce genre désuet qu’est le slow, celui des boums de notre adolescence, des filles (ou des gars) que l’on n’ose pas inviter et des malentendus perpétuels. Si l’on excepte Sergio, premier single à avoir vu le jour dans une autre structure brestoise, Beko, petit brin de tube pop pour virée printanière en bord de mer, les cinq autres titres de cet EP s’étirent nonchalamment, virevoltent au ralenti, parfois même de façon plus langoureuse comme ce I Will et ses chœurs angéliques délicieusement 70’s.
Avec ce premier disque, Music From The Masses - émanation du disquaire Bad Seeds de la place Guérin qui va bientôt fêter ses deux ans d’existence - confirme son ancrage brestois et son soutien aux Young Seeds – les jeunes pousses locales. Disques, galas promotionnels, expos, concerts, partenariats avec les autres acteurs culturels de la région, Reno et Christophe, depuis des années impliqués de diverses manières dans la scène musicale brestoise, se démènent pour la faire vivre et mettre en lumière ses aspects les plus passionnants et ses membres les plus prometteurs.