Courant alternatif

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Film ivre, barré, anar, hirsute… qui avance sur un chemin chaotique. Puisqu’il n’était plus question de faire marche arrière, ils avaient décidé d’avancer.

Un film de skate, de cabanes, de potagers, qui passe d’édens en enfers, d’ouest en est, à regarder comment on peut vivre autrement. On va pas se faire chier à aller travailler alors qu’on a des envies de changer le système !

Tant qu’on ira vers l’Est c’est Mai 68 cinquante ans après avec ses Cours, camarade, le vieux monde est derrière toi et ses Je ne veux pas perdre ma vie à la gagner.

Un film revigorant, inspirant, peuplé de beaux portraits d'humains, à écouter au casque car il bénéficie d’un relief sonore accidenté, associant un montage son tranchant et la BO planante de Mama Stone & the Swang Gang.

TANT QU'ON IRA VERS L'EST

de Mehdi Rondeleux (2018 - 66’)

Cultures, langues, frontières...
Dans une Europe dissonante, une équipe documentaire tente de se situer, en cheminant de Rennes à Saint-Pétersbourg, dans le sillage de Tao, une jeune artiste skateuse.
Au fil des kilomètres et du temps qui passe, des saisons, des paysages et des alternatives qui ont pris vie sur milles visages rencontrés, de petites histoires se répondent, portées par une poésie légère. Petit à petit, sous les roues et les crayons de Tao, se dessine un hommage tendre au vieux continent, bercé par les questionnements qui ne cessent de hanter la jeunesse européenne.

>>> un film produit par Élie Séonnet BKE

Pour la beauté du geste

INTENTION

par Mehdi Rondeleux

Ce qui frappe quand on rencontre Tao pour la première fois c’est son naturel. Tout chez elle respire la liberté, invite à la découverte et au voyage. Pour moi, ce projet offrait une puissance cinématographique incroyable.
On imagine tout de suite une variété de décors : les grandes étendues de Russie, les lacs et les forêts de Mazurie, les ruelles de la vieille Europe. On devine ce qui peut se jouer sous l’œil de la caméra : les moments de magie, les phases de doutes, les instants d’humanité uniques. Chaque hésitation, chaque rencontre, chaque nouveau départ sur cette longue route qui nous tient en haleine. D’un lieu à l’autre, on découvre une Europe que l’on ne connait que trop peu, une Europe qui devient une aventure. Nous voulions renouer avec un sens plus traditionnel du mot voyage, que l’on pourrait par exemple envisager comme un pèlerinage, une quête initiatique, une recherche pour Tao, plus personnelle et intime.
Au-delà du sens, j’étais également intéressé par la forme (autant dans le voyage que dans le film en tant qu’objet). À un moment je voulais appeler le documentaire Pour la beauté du geste. Je trouve les performances de Tao intéressantes pour ça, parce qu'elles n'existent que pour la beauté du geste (peindre une chaise en bleu, se faire un thé dans un étang...). Et il y a quelque chose de similaire dans la poésie, qui n'existe que pour la beauté du mot. C'est pour cela que je suis parti sur cette idée de demander aux gens que l'on croisait de nous réciter un poème (en plus de l’intérêt que cela représentait pour moi d'entendre la langue du pays). C'est une manière de dire : Regardez, on peut créer quelque chose à partir de rien (ou peu) si on y met la forme. De la même manière, le film existe uniquement parce qu’à un moment nous avons décidé de faire le geste de partir. Alors la forme est apparue, celle d’une mosaïque, d’un puzzle, dans lequel il faut accepter de se perdre, comme nous avons pu nous perdre parfois. Arrivé au bout, on regarde en arrière et on essaye de recoller les morceaux.

Rencontres et moments de grâce

LE VOYAGE

Initialement prévu pour 2016, le tournage est repoussé : le voyage n’est pas assez bien préparé et le budget trop maigre. Alors pour s’échauffer, l'équipe part faire un tour de Bretagne, et réalise une web-série documentaire en 6 épisodes La voie de Tao diffusée sur KuB. Puis vint le soutien des télés locales TVR et Lyon Capitale TV, l'aide du CNC, et tout fut prêt pour le grand départ pour la Russie le 1er mai 2017.
Adrien Bourguignon est remplacé par deux cadreurs expérimentés : Marvin Kanas et Lucas Palen. Le voyage durera quatre mois, un long périple de 3000 km sur les routes d’Europe, parfois périlleux et hasardeux, mais plein de rencontres incroyables et de moments de grâce.
Le parcours : Rennes (France) -> Caen (France) -> Bruxelles (Belgique) -> Modave (Belgique) -> Amsterdam (Pays-Bas) -> Zutphen (Pays-Bas) -> Brunswick (Allemagne) -> Potsdam (Allemagne) -> Berlin (Allemagne) -> Lodz (Pologne) -> Varsovie (Pologne) -> Kaunas (Lituanie) -> Riga (Lettonie) -> Saint-Pétersbourg (Russie).

ÉTAPES/RENCONTRES


CAEN : LA DEMEURÉE

Nous sommes accueillis à La Demeurée, une ferme de vie communautaire menée par un groupe d'amis, avec une véritable réflexion écologique, politique et philosophique. Un lieu d'accueil et de passage qui cherche son autonomie. Comme tout un chacun, Édouard fait face aux doutes et aux interrogations dans sa quête de bonheur.


BRUXELLES : LE CAMION SKATEPARK DE LOÏC

Pour Loïc, skateboard et engagement social ne font qu'un. Loin du grand cirque médiatique, de l'argent, des marques et des sponsors, il s'échine à construire seul un skate-park mobile, monté sur un poids-lourd. Avec son franc-parler, ses mains noircies et ses gestes électriques, Loïc donne l'impression de se consumer sur place. Hyperactif dans le milieu underground bruxellois, il accueille Tao à la Zinzinerie, un lieu alternatif qu'il a créé.


LES HABITANTS DE LA FORÊT DE MODAVE

Dans la forêt de Modave, à une centaine de kilomètre de Bruxelles, une bande d'amis a décidé de vivre en Robinsons des temps modernes. Sam et Tom respirent le calme et la sérénité, à l'image de ce lieu fascinant coupé du reste du monde. Ici, pas d'électricité et pas d'eau courante, on se lave dans la rivière. Le soir, autour du feu, on chante des chants aux sonorités psychédéliques.


ZUTPHEN : UN COURS DE FORGE À L’ÉCOLE

Au milieu de la musique, du souffle de la cheminée et des coups de marteau, Peer explique à Tao que les élèves se brûlent régulièrement. Cela leur apprend à faire attention. Dans ce collège des Pays-Bas, à la Vrijeschool Zutphen, on assume de mettre ces jeunes au défi, sans lunettes ni protections, pour développer leur sens pratique et artistique. Ceux qui sont les citoyens européens de demain, se débattent avec leur morceau de métal, pour arriver au bout de leur création.


LA JEUNESSE DE BRUNSWICK

Une soirée comme une autre dans la ville de Brunswick en Basse-Saxe. Marco, Tino et Christian fument un joint, boivent quelques bières, et discutent avec Tao de cet étrange mot qui n'a pas d'équivalent en français : Heimat. Il désigne le lieu auquel on se sent appartenir, celui qui nous fait dire je suis chez moi. Étonnant que l'on n'ait pas songé à inventer une Heimat en français, si ce n'est la mère-patrie.


LES ANTIFAS DE POTSDAM

Tomber sur un centre antifasciste qui accueille les visiteurs avec un panneau No Nazis à 50 kilomètres de Berlin n'a pas grand-chose d’étonnant. Notre hôte Sebastian est d'une gentillesse rare, et il nous ouvre les portes de Freiland pour la nuit. Le lieu est saturé d'affiches et de stickers contre le nazisme, le racisme et contre les intolérances en général. Pour Sebastian, la résistance est un premier pas vers la liberté.


LE POÈTE DE LODZ

Maxim est un Ukrainien en Pologne. Le premier voyage de sa vie. Un poète qui écrit en russe et parle un français impeccable. Maxim est un personnage qui force l'admiration, d'une immense ouverture d'esprit malgré son jeune âge et son peu d’expérience. Il nous raconte avec douceur ce que la poésie représente pour lui.


LES SKATEURS DE KAUNAS

Entre la tombe du soldat inconnu et les statues de figures politiques indépendantistes dans le plus pur style soviétique, de jeunes skateurs enchaînent les figures. Tout dans ce lieu rappelle l'histoire commune que les pays baltes partagent avec l’ex-URSS. La Russie est juste à côté, mais ici c'est vers l'Ouest que la jeunesse regarde.


RIGA : UN FESTIVAL SPONTANÉ D’ART ET D’ARCHITECTURE

Un champ à quelques kilomètres de Riga. Une moissonneuse batteuse passe lentement. Le festival NATÜRS se met doucement en place de manière intuitive. On cherche, on crée, on fabrique, on joue. À la manière de cette étrange construction en bois au milieu du champ fraîchement labouré : il n' y a pas nécessairement de but ni d'objectif .

TAO

BIOGRAPHIE
Tao Astier

Petite, Tao était habillée d'une couleur unique chaque jour. Sa mère est une artiste qui a dédié sa vie à l'étude des couleurs, faisant de sa vie son œuvre d'art. Chaque jour, elle vit aux rythmes de celles-ci : dans l'habillement, l'alimentation, l'organisation des pièces de la maison. Son père lui, est forgeron. Avec les traits du forgeron précise-t-elle. C’est le genre de gars, s’il te dit non, tu dis d’accord, tu cherches pas à comprendre ni à broncher....

En 22 ans, Tao a eu dix vies.


Elle a beaucoup bougé, d’abord avec sa mère, menant une vie de nomade, explorant chaque merveille, dormant parfois chez des amis ou des gens rencontrés le jour-même. Je pouvais me réveiller dans un appartement miteux et m’endormir le soi-même dans un château.

À 13 ans, elle décide de partir vivre seule à Marseille. Je m’ennuyais et je me suis dit que ce n’était pas possible, je n’avais pas envie de ça. Sa mère l’accompagne au début, la confie à des amis, puis retourne en Ardèche avec son nouvel enfant, laissant le choix à Tao de la suivre ou pas. Dès lors, elle est livrée à elle-même, va à l’école un peu quand elle en a envie et se débrouille pour trouver un endroit pour dormir.

Vivre seule à Marseille, à 15 ans, devient trop lourd. Elle part pour de nouveaux horizons tout en noircissant des carnets entiers de dessins. Parfois elle suit des rencontres, des amours, pour quelques semaines ou quelques mois, vit une aventure, réalise de nouveaux projets et repart. Aujourd’hui elle vit à Rennes et se dédie entièrement à ses créations.

MEHDI RONDELEUX

BIOGRAPHIE
Mehdi Rondeleux, réalisateur

Monteur de formation, Mehdi Rondeleux fait ses armes à la télévision pour Arte (avec l’émission 28 minutes) ou Canal + (Dimanche+ , Le Grand Journal ).
Il réalise en 2013 son premier projet de documentaire, Azar, une série de trois portraits d'hommes et de femmes à travers l'Algérie d’aujourd’hui, qui agissent pour l’environnement.
Il coréalise deux ans plus tard Kak Igra, un court métrage documentaire dans l’intimité de l’équipe de France de Judo, durant les championnats du monde à Tcheliabinsk en Russie.


Passionné d’image, il s’intéresse à la vidéo sous toutes ses formes, qu’elle soit outil d’information, représentation esthétique ou objet artistique pur. Tant qu'on ira vers l'est est son premier long métrage.
Aujourd'hui Mehdi travaille sur son premier projet de fiction.

Un peu folle, dans le bon sens du terme

REVUE DU WEB

FRANCE 3 >>> Faire de la longue distance, c'est ce qu'elle préfère, et de plus en plus. Je fais moins de skate en street pour faire des figures, mais pour me déplacer, de plus en plus loin. Ce voyage représente beaucoup pour elle. Même si elle va beaucoup rouler, 30 kilomètres par jour (dans l'idéal), elle compte surtout créer des œuvres d'art, rencontrer des artistes, des gens qui ont une pensée libre.

KONBINI >>> Il y a des gens qui sont un peu fous, dans le bon sens du terme. La skateuse Tao en fait partie. Son aventure, elle l’a partagée avec une équipe de vidéastes, notamment le réalisateur Mehdi Rondeleux, qui en a fait un documentaire. Superbe objet visuel et artistique, le film raconte certes cette odyssée, mais part aussi à la rencontre des cultures alternatives des pays traversés et de poètes improvisés, loin du sponsoring et des grands contests.

UNIDIVERS >>> Il y a toujours ce bruit. Un long roulement régulier, monotone, qui vibre au gré des impulsions et des irrégularités du sol. Et, de temps en temps, un claquement sec. Le claquement de la planche de skate qui heurte le bord de la rampe ou l’asphalte de la route. Ces bruits ont accompagné Tao Astier sur 3 500 kilomètres.

THE RIDER POST >>> Une battante avec une grande soif de découverte. C’est donc logiquement qu’elle a voulu se lancer dans une aventure comme celle-ci : un long skate trip en skate de 3500 km à travers une dizaine de pays européens.

CRÉDITS

réalisation Mehdi Rondeleux
avec Tao Astier

une idée originale de Tao Astier, Adrien Bourguignon, Mehdi Rondeleux
avec le soutien de KuB

image Marvin Kanas, Lucas Palen
musique originale Bedis Tir
interprétée par Mama Stone & The Swang Gang
voix off Olivier Mag

production BKE
en coproduction avec Tébéo, Tébésud et TVR, les chaÎnes locales de Bretagne, et Lyon Capitale TV
avec la participation du CNC
avec le soutien de la PROCIREP et de l’ANGOA

Artistes cités sur cette page

La voie de TAO 2

Tao

Mehdi Rondeleux, réalisateur

Mehdi Rondeleux

ESPACE PARTICIPATIF

  • 1 Mars 2019 23:40 - Pauline

    salut c'etait sympa

  • 8 Janvier 2019 11:39 - loic

    bravo et merci

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