L'artiste et le commissaire

Nicolas Fedorenko installation tryptique

Avec son documentaire L'accrochage, Hervé Portanguen fait d'une pierre deux coups.
D'une part, il nous fait découvrir l’œuvre peinte d'un grand artiste, Nicolas Fédorenko, originaire d'Ukraine et basé à Pont-Croix dans le Finistère. D'autre part, il nous fait toucher du doigt le rôle d'un commissaire d'expo, Olivier Delavallade, médiateur entre le public et l'œuvre.
L'on voit ici concrètement comment ça se passe entre l'un et l'autre, quand le sol est jonché de grands dessins et d'objets divers, trop nombreux pour tous trouver une place sur les murs. Et comment, par la juxtaposition d'images se constitue un récit propre au lieu, à sa lumière, aux cheminements qu'il propose. En arrière-plan de L'accrochage sourd également la question de la restitution du parcours d'un artiste septuagénaire, le mot rétrospective étant banni par l'intéressé.

L'ACCROCHAGE

par Hervé Portanguen (2018 - 12’)

Comment se passe un accrochage, ce moment particulier qui conditionne la réussite d'une exposition ? Nicolas Fédorenko, artiste breton et Olivier Delavallade, commissaire d'exposition préparent l'exposition Peindre est un présent en se confrontant physiquement aux œuvres sélectionnées pour l'occasion.

>>> un reportage réalisé au Centre d’art du Domaine de Kerguéhennec

Peindre par le feu

Second aspect du travail de Nicolas Fédorenko : la sculpture. Des terres émaillées, cuites et recuites, qu'il installe dans un méandre de l'exposition Peindre est un présent au Centre d'art de Kerguéhennec.

Réalisation : Hervé Portanguen (2018 - 4')

Dialogue à l'oeuvre

INTENTION

par Hervé Portanguen

N Fedorenko et O Delavallade choisissent les oeuvres

L’exposition d'une œuvre dans une galerie appelle la présence d'un commissaire, un personnage dont le travail est méconnu.
Avec l'expo Peindre est un présent, l'opportunité m'a été donnée de voir se construire la scénographie d'une œuvre importante, celle de Nicolas Fédorenko, en présence du commissaire, Olivier Delavallade, et du peintre lui-même, celui-ci vivant à proximité du Centre d'art de Kerguéhennec. Entre les deux personnages, un dialogue s’instaure alors.
L’artiste passe des heures, seul avec ses toiles, dans le lieu d'exposition, à les manipuler, les interroger de son regard acéré pour en mesurer leur importance, ou pas.


Quant au commissaire, il est celui qui a l’expérience de l’accrochage dans ces lieux, celui qui peut trancher si besoin, ayant plus de recul que l’artiste qui a inscrit sa chair dans ses peintures.
Ils échangent leurs arguments : pour ou contre une idée, le choix de telle ou telle toile, sur l'endroit judicieux , en fonction de la lumière, de la perspective, de la relation aux œuvres positionnées à coté et la perception désirée en entrant dans la salle...
En focalisant mon attention sur ce moment de l’accrochage, l’ambition est de faire sentir implicitement l’invisible de l’art, ce qui fait œuvre dans la préparation de la rencontre avec le public. Il s’agit aussi, en côtoyant l’artiste, d'approcher l’instant fécond de la création qu’il incarne dans ses toiles, dessins, gravures, sculptures et céramiques sélectionnées ici.
C’est au moment du démontage de la première partie de l’exposition en deux temps de l’artiste et au montage de la seconde que je pose ma caméra. Une caméra intime, amicale, un moment qui peut sembler banal mais où tout se joue ! Par-delà le montage, Olivier Delavallade nous parle de la notion d’accrochage, moment crucial de la préparation d’une exposition.

En dévoilant cet aspect du monde de l’art, le film a pour ambition de rendre l’art plus accessible et surement pas uniquement le fait de connaisseurs.

NICOLAS FÉDORENKO

AUTOPORTRAIT
Nicolas Fedorenko

Né au milieu d’un siècle de violence et de cruauté jusqu’alors inégalées, j’ai malgré tout connu des années d’insouciance, les vacances, les baignades, la maisonnette devant la plage avec sa table ronde et les matelas de varech. Où et quand aurais-je pu rencontrer une quelconque souffrance ?
Elle était là pourtant, dissimulée dans les inoubliables récits d’enfance de notre père, un exilé qui avait fui l’Ukraine de Staline et ne nous a épargné aucun détail de son odyssée.

D’abord il y eut l’apprentissage aux beaux-arts d’Aix-en-Provence sur les pas de Cézanne, puis Nantes pour ses résonances surréalistes, Vaché, Breton, et enfin Paris où le bouillonnement des années 1970 m’a permis de rencontrer des hommes et des idées neuves.
Finalement, comme mon activité de peintre s’affirmait, je suis devenu professeur à l’école des beaux-arts de Brest. Cela a été le commencement d’une vie consacrée à la Peinture. Cependant, une vie de peintre ne saurait se réduire à une liste, aussi fournie soit-elle, d’expositions, d’articles de presse, de récompenses. Les œuvres seules demeurent et disent qu’un être a existé, qu’il a pensé, regardé, rêvé...

La suite des informations à retrouver sur la fiche artiste !

De Matisse à Mickey

REVUE DU WEB

ARTS IN THE CITY >>> Le domaine de Kerguéhennec est un lieu de combat. Étymologiquement, Kerguéhennec signifie le lieu du combat. Symboliquement, la volonté de mêler patrimoine et création contemporaine est tout aussi épique. Les expositions dévoileront alors un éclectisme de l’art contemporain encadré par un domaine verdoyant pour aborder des réflexions sur la sculpture, avec un enfant du pays, Nicolas Fédorenko.

LE JOURNAL DES ARTS >>> On y trouve : figures et abstraction, croix et icônes, stigmates de guerre et souvenirs d’enfance heureuse, culture populaire et grand art, ici Matisse et Malevitch, là Mickey. Deux polarités unies dans une même matière en mouvement, faite de rencontres et de complexités, de temps et d’émotions mêlés.

NARTHEX >>> Dans les anciennes écuries et le parc, les œuvres de Nicolas Fédorenko entrent en résonance étroite avec les lieux ; elles entretiennent un rapport singulier avec le monde, se nourrissant d’images et porteuses de récits. Sculptures, peintures, dessins, gravures …

TÉLÉGRAMME >>> C'est entre Confort-Meilars et Pont-Croix, aux portes du Cap Sizun, que serpente la petite route qui conduit au lieu-dit Kérudulic. En pleine campagne, les kakémonos géants, indiquent que l'on est arrivé. Pour la première fois, l'artiste Nicolas Fédorenko a décidé de transformer une partie de son atelier en galerie d'exposition.

TÉBÉO, La minute art >>> Décryptage de Paysage Spirituel du breton Nicolas Fédorenko ! Une sculpture exposée au Domaine de Kerguéhennec.

Sarkantyu Illés, Nicolas Fédorenko : Projets urbains >>>

Artistes cités sur cette page

Hervé Portanguen réalisateur

Hervé Portanguen

Nicolas Fedorenko

Nicolas Fédorenko

ESPACE PARTICIPATIF

  • 1 Mars 2019 09:09 - Thomas

    Beau travail Hervé !

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