Les guerriers

Les guerriers Maxime Caperan

Putain de guerrier

Tourné à Brest et ses environs, Les guerriers est le premier film de Maxime Caperan, un film sur le mal-être d’un adolescent. Thomas se fait jouir en regardant des orgasmes en ligne, fait plaisir à sa mère en lui faisant croire qu’il va en cours... La réalité est autre, dure, désespérante. Supportable à raison de grandes rasades d’alcool et de bouffées de nicotine. T’es un putain de guerrier mon pote ! lui dit son acolyte. Guerriers casqués sur leur mobylette fondant sur Brest, tels des conquérants. Un mirage éclaire leur quotidien plombé : Paname ! Là bas, tout s’arrangera… Un film d’une justesse et d’une force qui lui évitent de tomber dans les clichés.


L'avis des médiathèques : Court métrage assez cru, dur, dans un environnement glauque, sur le phénomène de groupe et la possibilité de s’en libérer. Les relations filles/garçons sont abordées avec justesse. Les actrices et acteurs sont très convaincants, notamment l’excellent Kacey Mottet-Klein, déjà rôle principal dans L’enfant d’en haut et dans Quand on a 17 ans.

LES GUERRIERS

BANDE-ANNONCE

un film de Maxime Caperan (2015)

Retrouvez ici la bande annonce de cette oeuvre (les droits de diffusion sur KuB sont arrivés à échéance).

>>> un film produit par Les films du clan

l’absence de repère de la jeune génération

INTENTION

par Maxime Caperan

Thomas, le héros de mon film, a seize ans. Un âge de paradoxes, entre innocence et maturité, désir et frustration, un âge où tout est possible, mais auquel il est difficile de s’extirper du parcours conditionné par notre environnement familial et social. Thomas vit son adolescence comme une période de purgatoire, coincé entre l’enfant qu’il n’est plus et l’adulte qu’il n’est pas encore. Ne parvenant pas à trouver l’amour dont il a besoin auprès de sa mère, il n’a pas d’autre choix que de grandir,. Mais « sa naissance » en tant qu’adulte se fait au dépend d’étapes nécessaires à son épanouissement.

Les Guerriers aborde, ce qui est à mes yeux, un problème contemporain majeur : l’absence de repère de la jeune génération. Dans un monde en crise, où la sécurité de l’emploi n’existe plus, où tout tourne autour de la consommation, de la performance et du paraître, jamais la tentation de l’argent facile n’aura été aussi forte. À défaut de pouvoir atteindre un bonheur réel, Thomas se met en quête d’un bonheur illusoire, celui de la consommation. En installant l’action entre ville et campagne, j’ai tenu à illustrer la sensation d’abandon de ces jeunes. Dans une société où le rapport à la terre peine à trouver du sens, leur seul rêve est de partir, loin de chez eux, à Paris, lieu du fantasme ultime. La crise n’a fait qu’accentuer les écarts et les plus démunis se retrouvent à payer des erreurs qu’ils n’ont pas commises. Ce sentiment d’injustice ainsi que l’absence d’horizon sont un des points de départ, même s’il ne parvient pas à le définir de cette façon, de la rage qui habite Thomas.


Les Guerriers s’inscrit pleinement dans la suite de mon travail d’écriture basé sur la question de l’identité, de la violence humaine et de la frustration. J’ai voulu faire un film marqué par le réel via l’étude d’un espace, d’un milieu social et d’une génération, un film porté par des personnages pour lesquels l’opposition aux règles est la seule façon d’exister, des guerriers sans arme, forgés par les souffrances qu’ils ont enduré jusque-là, jusqu’au premier cri de leur révolte.

Festivals

Festival Européen du Film Court de Brest

(Hors compétition),

Festival International du court métrage Combat

,

Festival du Cinéma Européen de Lille

(en compétition), Projection à la Cinémathèque Française dans le cadre de «

Aujourd’hui le cinéma »

,

Festival du Film de L’Ouest

(Mention spéciale du jury),

Festival Partie(s) de Campagne

(compétition francophone),

Festival de cinéma de Douarnenez

(Grand Cru Bretagne 2016),

Festival de court métrage de Manlleu

(sélection officielle)

MAXIME CAPERAN

BIOGRAPHIE
Maxime Caperan

Formé à Ciné-Sup Nantes puis à la FEMIS, au département scénario puis séries TV, Maxime Caperan a écrit plusieurs courts et 4 longs métrages. Scénariste pour Arte, France 2, ou pour le réalisateur Clément Cogitore, il réalise son premier court métrage Les guerriers en 2014 et est actuellement en financement de son deuxième film Eropolis avec Les films du clan. Depuis 2012, il crée et anime les Ateliers du Regards avec Eva Sehet, ateliers d’initiation du cinéma pour les lycéens de Bamako, en partenariat avec le CNC du Mali. Avide des cultures du monde entier, il réalise quatre documentaires entre l’Inde, la France et le Mali, avec notamment La fille du rail : le portrait d’une des deux seules femmes cheminots d’Afrique de l’Ouest, Lauréat du Prix France Info / XXI 2014 (Prix remis chaque année pour un reportage de presse écrite).

PARADOXES DE L'ADOLESCENCE

Les guerriers

Construction et déconstruction identitaires

Lu sur cairn.info, le web éditeur de sciences humaines et sociales

Le premier paradoxe concerne le désir des adolescents de recevoir force et sécurité des parents que dans le même temps ils rejettent car cela contrevient à leur besoin d’autonomie et d’affirmation. Le deuxième paradoxe est dû au développement de la société libérale post-moderne et à l’égalité, l’horizontalité des statuts qu’elle entraîne. Les jeunes ne sont plus dans la répétition des choix professionnels des parents (tu seras plombier ou médecin comme ton père…), mais cette ouverture qui s’accompagne d’un accroissement des exigences de réussite individuelle et d’un affaiblissement des interdits, favorise cette ivresse de tout pouvoir entreprendre sans qu’un étayage familial mettant en place repères et interdits ne soit présent. (…)

Derrière ces comportements agressifs ou caractériels se dissimulent de véritables états dépressifs. Si ces états ne sont pas nommés comme tels ou pris en compte, ils existeront par l’acte et la violence. Détruire, c’est exister, c’est mettre un sens « insensé » sur son mal-être qui ne peut être exprimé par des mots. Cette violence est piégeante car elle leur confère une fausse identité, une identité substitutive. Ils sont pris, comme dit Patrice Huerre, pour ce qu’ils représentent et non pour ce qu’ils sont.

CRÉDITS

LES GUERRIERS

avec Kacey Mottet-Klein, Constantin Vidal, Audrey Bastien
scénario Maxime Caperan et Thomas Finkielkraut
image Eva Sehet
son Olivier Voisin, Clément Decaudin, Paul Jousselin

montage Alexandre Donot
musique Florent Paris
production Les films du clan
avec les soutiens de la Région Bretagne
du Département du Finistère
en partenariat avec le CNC,
de la PROCIREP et de l'ANGOA

PARADOXES DE L'ADOLESCENCE

Alain Marteaux, « Soi est un autre : construction et déconstruction identitaires à l'adolescence. L'apport des thérapies narratives »
Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratiques de réseaux, numéro 40 (2008)

Artistes cités sur cette page

Maxime Caperan

Maxime Caperan

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