Krismenn & Alem

« Beatbox family » avec Krismenn & Alem

Il y a le kan ha diskan enraciné en Centre Bretagne et le human beatbox natif des États-Unis, deux pratiques vocales a capella que deux musiciens ont métissées.

Krismenn et Alem, un duo de choc pour un succès d’autant plus intriguant que leur production n’entre pas dans les canons esthétiques du moment : des concerts de chants en breton, a capella. Sur KuB, nous avons découvert Krissmen sous l’œil de Clara-Luce Pueyo pour le Grand Bazh.art, puis pour le clip du trentenaire de la Cinémathèque de Bretagne, et lors du concert des Vieilles charrues à New-York. C’est lors de ce voyage que notre réalisateur Hervé Portanguen les a accompagné à Brooklyn, à la rencontre de la crème des beatboxers new-yorkais.


En 2014, François-Xavier Gomez de Libération s’entretien avec Krismenn

Un soir, je découvre le kan ha diskan des frères Quéré, un moment qui fait basculer ma vie. Je faisais du rock, comme tous les ados, et cette façon de chanter m’a obsédé, j’ai voulu en savoir plus. Mais pour chanter en breton, il faut apprendre la langue. Mes grands-parents parlaient breton, pas mes parents. C’est le cas de figure type des gens de ma génération.

Il s’inscrit aux cours optionnels au lycée, une fois par semaine entre midi et deux, puis entre en fac de breton. Mais ce n’était pas ce que je cherchais. J’avais en tête l’exemple du chanteur Erik Marchand qui, venant de la région parisienne, s’est immergé en Centre Bretagne auprès des vieux interprètes.

Je voulais rencontrer des personnes qui parlaient breton tous les jours. Être invité dans les fermes au sol en terre battue, boire du mauvais rouge avec les vieux pour apprendre les chansons, dormir dans la grange à foin… C’était encore possible il y a quinze ans, aujourd’hui j’en doute. Cette formation a fait de lui un chanteur respecté de kan ha diskan.

métissage
BEATBOX FAMILY

un film de Hervé Portanguen (2016 - 9')

logo Le grand BaZH.art KuB

Retour aux sources

Le réalisateur Hervé Portanguen raconte : Lors du tournage du concert des Vieilles Charrues à New-York, j’apprends que Krismenn et Alem ont prévu de rendre visite aux papes du beatbox américain, dans leur appartement collectif à Brooklyn. Je ne veux pas rater l’occasion, et je décide de leur emboîter le pas. En arrivant à la beatbox house, je demande tout de suite, pour ne rien perdre, s’il est possible de filmer. La réponse est immédiate, je suis invité à entrer avec ma caméra.

Krismenn et Alem ont connu les beatboxers new-yorkais via leurs vidéos sur Youtube. Alem retrouve aujourd’hui Napom, le finaliste contre qui il s’était imposé en finale du championnat du monde de beatbox 2015. Sont présents aussi : Amit, Johnny Buffalo et Kenny Urban avec qui la conversation s’engage. Krismenn et Alem sont sur un petit nuage, pour eux, c’est un retour aux sources… Ils sont heureux d’appartenir à une famille universelle qui transcende les langues, rassemble tous ces jeunes qui voient dans le beatbox un véritable mode de vie, une expression du monde.

KRISMENN

BIOGRAPHIE

par Clara-Luce Pueyo

En 2016, Christophe Le Menn alias Krismenn amorce sa carrière internationale. La Suisse, le Québec, les États-Unis… et ce n’est qu’un début. Cet artiste on le connaît sur scène, haranguant les foules qui entrent en transe au son de son kan ha diskan beatboxé et enflammé. Pourtant, c’est au cœur de la forêt qu’il trouve son inspiration et donne vie à ses convictions.

BEATBOX – KAN HA DISKAN : UN MIX DÉTONNANT
Krismenn et Alem

Le human beatbox est pratiqué, sous d’autres appellations, dès le 15e siècle, en Inde et ailleurs en Asie. Il consiste à utiliser la voix pour imiter des instruments de musique, principalement les percussions. Dans les années 70, apparaissent les boîtes à rythme électroniques, qui remettent curieusement le human beatbox au goût du jour. La plus célèbre boîte à rythme humaine, c’est Michael Jackson. Une génération de hip hoppeurs le suit. Être cap’ de produire soi-même sa rythmique, c’est économique et commode. Cela réactualise en outre une pratique ancestrale et pluriculturelle. Le kan ha diskan est plus récent (19e siècle), on peut traduire du breton par: chant et re-chant, un chant a capella pratiqué à deux ou plus. Le meneur (kaner) ou la meneuse (kanerez) chante le couplet qui est repris ensuite par le ou les autre(s) chanteur(s) (diskaner(ien)), démarrant sur les dernières syllabes du précédent. On entend beaucoup ce type de chant en fest-noz pour faire danser les gens.

DÉCONCERTANT ET INCLASSABLE

REVUE DE PRESSE

Krismenn & Alem, kan ha beatbox 2 KuB

Une revue de presse abondante pour une belle histoire à raconter 

Krismenn & Alem, breizh beatbox 
François-Xavier Gomez, Libération >>> Krismenn commence a cappella, en breton, un chant à danser (kan ha diskan) ou une complainte (gwerz). Il est rejoint par Alem au beatboxing, cette discipline de la culture hip-hop qui consiste à imiter avec la bouche des instruments ou des bruits. La virtuosité du jeune Lyonnais est stupéfiante, il émet une polyrythmie de batterie qui semble surnaturelle. Krismenn, lui aussi beatboxer, le rejoint avant qu’Alem ne se mette à répondre en breton aux phrases de son complice : c’est le principe du kan ha diskan. Et le public continue à danser la gavotte en cercles harmonieux. 

Krismenn et Alem inventent un nouveau métissage musical 
Stéphanie Stoll, Côtes d’Armor Magazine >>> Il est venu me chercher à la gare de Rennes dans son camion jaune, un camion de légende ! raconte Alem qui arrivait en Bretagne sans rien connaître du kan Une évidence d’unir le kan ha diskan et l’human beatbox, deux chants a capella, la tradition de Bretagne et la nouveauté des grandes villes d’Amérique. Krismenn et Alem ont osé et à en croire les danseurs et les amateurs de beatbox, bien leur en a pris.


La gwerz de Krismenn croisée au beatbox d’Alem, au festival Eurofonik 
Patrick Labesse, Le Monde >>> Incarnant la stimulante contemporanéité du chant traditionnel breton, Krismenn chante la gwerz, complainte monodique sombre et magnifique qu’il mélange à des boucles électroniques de contrebasse, guitare slide ou ukulélé. Il croise aussi l’énergique kan ha diskan, l’autre grande forme de chant traditionnel breton, avec le hip-hop et le human beatbox, art vocal urbain contemporain à la mode, qui réinvente a cappella le sens et tous les chemins du rythme. 

Krismenn et Alem, la rencontre du rap et du khan diskan 
Gildas Jaffré, Ouest-France >>> Je considère que les musiques urbaines, maintenant, cela ne veut plus dire grand-chose. À l’heure d’internet, on a accès à tout. On peut vivre dans les bois, comme moi près de Callac, et être au courant de tout ce qui se passe sur les scènes actuelles. Krismenn a toujours une longueur d’avance sur son temps et sur la mode. Car il faut quand même oser, en étant chanteur traditionnel de kan ha diskan, flirter avec la famille du rap ! 

Krismenn & Alem : la voix est libre 
Samuel Degasne, Longueur d’ondes >>> Résultat ? Un chaud-froid déconcertant et inclassable, sonnant pourtant comme une évidence. Sur scène, l’énergie reste palpable, sans autre apport que la langue et le diaphragme. Sacrée leçon pour les groupes régionaux en devenir : nul besoin d’avoir recours à une lourde orchestration ou de sacrifier ses origines pour sonner contemporain. Nous sommes aussi à l’aise dans un théâtre de Montmartre, au festival du Bout du monde ou en intervention en milieu scolaire. La sincérité du projet fait le reste.

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