L'ombre portée

cover vensceslao « L'ombre de Venceslao » de Caroline Rubens

L’image marquante du film de Caroline Rubens, c’est le corps massif de Jorge Lavelli, 85 ans, qui tient dans ses bras le livret de son défunt ami Copi au milieu d’une scène vide sur laquelle il projette sa vision. Il faut le voir jouer successivement chacun des personnages dans chacune des scènes de L’ombre de Venceslao, pour comprendre qu’il incarne sa mise en scène, puissamment, jusqu’à empoigner les acteurs et leur transfuser son énergie, sa foi dans la pièce. Tous sont perdus, lui a déjà trouvé, et il fulmine de cet écart qui résiste entre le souhaité, l’attendu, le désiré, et ce qui est obtenu.
La question de l’espace aussi, qui compte pour lui plus que la musique, la préférence donnée au sentiment et non à l’esthétique, à la vérité et non du subterfuge. Tout cela est saisi par le regard de la réalisatrice, et structuré par un fin travail de montage qui montre l’éclosion de plusieurs scènes, de l’esquisse à la générale, tout en approchant tour à tour chacun des personnages de l’opéra.

ESPACE PARTICIPATIF