Frotti-frotta

adolescents qui se sont embrassés - liaisons foireuses
À voir jusqu'au
24/03/2023

Par les moyens de l’animation en stop motion et en référence aux Liaisons dangereuses, deux jeunes cinéastes reviennent sur leur adolescence à travers ce moment-clé qu’est la boum, soirée de promiscuité volontaire mêlant musique et alcools pour se donner le courage de se frotter aux autres. Les réalisatrices des Liaisons foireuses, Chloé Alliez et Violette Delvoye, construisent une galerie de personnages caractéristiques, du plus cool au plus trash, qui se jaugent, s’attirent et se repoussent au gré de la playlist. L’histoire est délicatement racontée et les personnages subtilement incarnés par des prises de courant et des interrupteurs. On/off, mâle/femelle, pour certains le courant passe quand d’autres pètent un câble. Personne ne peut rester indifférent.

Une page en partenariat avec Films en Bretagne dans le cadre du festival d'animation d'Annecy

FILM

LES LIAISONS FOIREUSES

de C. Alliez et V. Delvoye (2021 - 11')

Ce soir, c’est la grosse teuf pour Lucie, Maya et leurs potes. Même Jimmy est venu : il est là pour Maya, tout le monde le sait. Mais au moment où tout doit se jouer, surgissent entre Maya et Lucie des sentiments cachés, tendres et confus, qui ont du mal à trouver leur place dans cette soirée rythmée par l’alcool qui coule à flots, les compils qui déchirent et les hormones qui bouillonnent.

>>> un film produit par Jean-François Le Corre et Mathieu Courtois (Vivement Lundi !), William Henne (Zorobabel)

INTENTION

L'adolescence des années 2000

story board bisou - liaisons foireuses

de C. Alliez et V. Delvoye

Cette histoire, c’est plus ou moins la mienne (Chloé). Pendant presque toute mon adolescence, j’ai entretenu une relation ambiguë avec ma meilleure amie. Nous ne nous embrassions jamais devant nos camarades, qui nous renvoyaient à la norme hétérosexuelle. À l’adolescence, dans les années 2000 et encore aujourd’hui, ce n’est pas évident d’exprimer publiquement ses désirs pour une personne du même sexe. Il est possible d’en rire, de jouer aux homos, mais si cela arrive vraiment il faut être prêt•e à supporter le regard des autres, la curiosité (même bienveillante) que cela provoque. Pourtant, c’est très difficile de revendiquer quelque chose avec assurance quand il ne s’agit encore que de tâtonnement et d’incertitude. Lucie et Maya sont jeunes, elles n’ont pas encore assez d’expérience et de recul pour comprendre leurs sentiments. Elles n’arrivent pas encore à faire le lien entre ce qu’elles connaissent théoriquement de l’amour, et qui s’applique si bien à Jimmy, et ce qu’elles ressentent confusément et instinctivement l’une pour l’autre : du désir. Il n’y a donc pas de réaction simple, surtout avec cette amitié qui les lie. La fin du film reste ouverte pour permettre à cette confusion de continuer à exister. Ce n’est pas directement d’homosexualité et de coming-out que nous voulons parler, mais plutôt de la découverte de sentiments homosexuels.


Au-delà de l’homosexualité, cette difficulté d’assumer ses propres désirs au sein d’un groupe est un problème omniprésent à l’adolescence : il peut s’agir d’assumer ses propres goûts esthétiques, musicaux, ses attirances amicales et amoureuses… De façon plus générale, il s’agit de trouver son propre chemin dans cette période charnière, qui est à la fois pleine d’inconnu et de nouvelles expériences, mais aussi pavée de codes et d’idées préconçues auxquels il est difficile d’échapper - ou confortable de se rattacher. Ce conflit intérieur est vécu par Lucie et par Maya, mais aussi par la plupart des autres personnages dans des intrigues secondaires du film. Plus généralement, ce film traite de la difficulté des premières fois. À peine sortis de l’enfance, les jeunes surjouent les scènes des grands sans en ressentir vraiment le désir ni en comprendre les conséquences. Ce sont des situations, des codes, des scénarios auxquels il semble normal, voire nécessaire, de participer pour appartenir au groupe. Dans cette période où l’on devient aussi davantage sexué, l’identité de genre est souvent exacerbée. Les filles jouent les femmes, les garçons jouent les hommes et beaucoup foncent tête baissée dans les clichés pour se forger une identité. Dans ce film, nous avons voulu pointer du doigt avec humour ce clivage entre les garçons et les filles. Un film que nous avons voulu drôle, mais pas moqueur. Si certains personnages ou attitudes sont caricaturaux, c’est avant tout parce que l’adolescence est en soi une période de comportements extrêmes : c’est un âge où l’on se pose tellement de questions que l’on se rue parfois vers certains stéréotypes avec particulièrement peu de mesure.

BIOGRAPHIES

Chloé Alliez et Violette Delvoye

Chloé Alliez et Violette Delvoye réalisatrices liaisons foireuses

Chloé Alliez obtient en 2015 un master en cinéma d’animation à l'École des arts visuels de La Cambre à Bruxelles. La même année, elle commence par être assistante d’animation, puis responsable compositing. En 2016, elle fait ses armes sur des films d’animation stop motion, dont Petit pirate réalisé par le Studio Tabasco.

Violette Delvoye obtient son master en cinéma d'animation à La Cambre en 2016 puis commence à travailler sur différents projets en tant qu’animatrice.

Leur collaboration débute en mai 2017 avec la co-création du projet de série animée itinérante et participative World in (stop) motion. En février 2018, Chloé Alliez et Violette Delvoye entament le développement du court métrage Les liaisons foireuses.

COMMENTAIRES

  • 23 Septembre 2022 10:12 - Pierre

    Bravo pour l'animation très fine et super expressive, et merci pour cette capsule temporelle qui relate fidèlement la tempête d'émotion que représente l'adolescence.

  • 22 Septembre 2022 21:17 - Beaunay

    C sûrement passionnant
    J'attends la projection avec impatience

  • 22 Septembre 2022 21:11 - Beaunay

    Merveille je veux le voir

  • 3 Juillet 2022 10:46 - François Bégnez

    J'adore les films d'animation. Je me laisse parfois impressionner par la prouesse technique, au dépend de l'histoire. Là, c'est tout le contraire ! Encore mieux ! Bravo

  • 24 Juin 2022 09:43 - stephlieg

    Bravo pour ce film d'animation !

  • 17 Juin 2022 22:46 - Freddux

    Un très agréable film d'animation qui plaira aux amateurs du genre et aux nostalgiques des "boums" des années 80.

  • 13 Juin 2022 18:52 - mazda

    Bravo, c'est un très joli film !

  • 11 Juin 2022 13:26 - muraccini

    c'est vraiment magnifique je suis resté suspendu aux différentes actions et scènes tout a fait exquises *
    bravo salutations distinguées **************

CRÉDITS

réalisation Chloé Alliez, Violette Delvoye
montage Jean-Marie Le Rest
décors Bruno Collet, Fabienne Collet, Agnès Lecreux
musique originale Julie Rens, Sacha Vovk interprété par Lucida Grande

bruitage Pierre Van Caloen
montage son, mix Frédéric Fumelle
étalonnage Pierre Bouchon, Arwestud
coproduction Vivement Lundi !, Zorobabael

avec la participation de ARTE France, TVR, Tébéo, Tébésud

avec le soutien de la Région Bretagne,
du Centre national du cinéma et de l’image animée, aide au programme de production,
Centre du cinéma et de l’audiovisuel de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Artistes cités sur cette page

Chloé Alliez et Violette Delvoye réalisatrices liaisons foireuses

Chloé Alliez et Violette Delvoye

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