La bohème

Lecture sur le toit de la cabine - Les oeuvres vives

Les œuvres vives est un journal au fil de l’eau. Bertrand a largué les amarres du conformisme, et a décidé de vivre sur son bateau. Pour maintenir ses rêves au-dessus de la ligne de flottaison, autrement dit pour réparer une avarie sur la coque, il doit se mettre en cale sèche, dans un chantier naval dans l’estuaire de la Loire. Ce qui ne devait être qu’une escale technique devient un séjour au long cours, tant la vie y est douce.
La bohème, la vie de manouche, loin de la maison bien propre et bien rangée… Il découvre là qu’il n’est pas le seul à avoir pris la tangente. D’autres que lui font traîner les réparations et savourent le temps retrouvé. Bertrand est aussi le réalisateur de ce road trip immobile, agrémenté d’une musique de Far West.
Être précaire juste ce qu’il faut, en s’assurant de rester à flot. Les conversations s’égrènent sans hâte sur la cale, où l’on se congratule d’être passé du côté de la marge, car ce sont les marginaux qui grignotent la norme, une norme qu'il est urgent de reconsidérer.

LES ŒUVRES VIVES

de Bertrand Latouche (2017 – 52’)

On s’imagine une vie. Et puis non. Ça se passe autrement. Le tout est de continuer à rêver.
Réunis comme les membres d’un même équipage, des hommes, une femme et une jeune fille regardent le lointain depuis leurs bateaux à terre. Ils se sont liés d’amitié en attendant, tôt ou tard, de pouvoir à nouveau larguer les amarres. Mais ils ne sont pas pressés. Ils sont déjà partis.
Les œuvres vives est un huis clos à ciel ouvert, l’histoire de personnes qui se battent avec la matière mais aussi avec elles-mêmes pour exister autrement et être auteurs de leur vie.

>>> un film produit par Estelle Robin-You, Les films du balibari

Dans le même bateau

INTENTION

par Bertrand Latouche

affiche Les oeuvres vives

Au départ de ce film, l’envie de parler des ruptures et des changements de cap. Un thème qui me parle même si le film n’est pas autocentré. Ce sont les autres qui m’intéressent. J’ai rencontré Jean-Luc, Jean Yves, Claudine et Christian sur le chantier naval et nous nous sommes rapidement liés d’amitié. Et puis je me suis dit : je ne peux pas leur demander de se livrer à moi sans que je me livre un peu moi-même. Donc c’est un film avec eux, on est dans le même bateau.
Au-delà, c’est aussi un film pour ma fille. Et une méditation sur le temps. Sur la fuite du temps. Qui pose sûrement la question de la vacuité. De ce qu’on fait de notre vie. Mais sans jugement ni leçon. Chacun se débrouille comme il peut avec la vie.
Les œuvres vives, c’est la partie immergée des bateaux. Et, symboliquement, celle des êtres. Les coques des bateaux ont à la fois la force de fendre les flots, la force de se confronter aux éléments, mais elles sont aussi vulnérables. Nous sommes tous fait de forces et de fragilités. Nous avons nos blessures. Et toutes ces traces dessinent une géographie de notre vie... comme celle qu’on découvre lorsqu’on sort un bateau de l’eau.

Bertrand Latouche

BIOGRAPHIE
Bertrand Latouche réalisateur

Il est né sur la côte Atlantique mais il n’a jamais été marin. Pourtant, aujourd’hui, il vit sur un bateau, après un changement de cap.
Par ce retour à la réalisation après des années de beau travail en tant que chef opérateur, Bertrand prend à bras le corps la question des ruptures, amoureuses, économiques, sociales, professionnelles, philosophiques...
Les œuvres vives est son premier long métrage documentaire en tant que réalisateur.

Chantier naval, base d'amitié

REVUE DU WEB

OUEST FRANCE >>> Bertrand Latouche est chef opérateur à la base. Et marinier, qui vit sur un bateau, sur l’Erdre, parce que c’est la fenêtre ouverte des libertés . Il y a cinq ans, Lilo, son bateau, prend la flotte. Une voie d’eau dans le jargon, ou le cauchemar du marinier. Bertrand emmène Lilo à Port-Lavigne, chantier de réparation, à Bouguenais, sorte de balcon sur la Loire. Pour Bertrand Latouche, préoccupé par les nomadismes, les libertés et la différence, c’est le déclic. Ces nomades de la mer sédentarisés ou capitaines en cale sèche consentants qui voient des bateaux passer, sont le sujet pour se jeter à l’eau et passer à la réalisation peut-être.

TÉLÉRAMA >>> Ils sont là, comme échoués sur le rebord du monde. Réfugiés, souvent au terme de ruptures professionnelles ou familiales, sur ce chantier naval où ils restaurent leurs coques. Sur ce site improbable, bercé par le bruit de la Loire et hérissé des silhouettes des bateaux sur cales...

FRANCE 3 >>> Animé par le même idéal de liberté, chaque protagoniste apporte une réponse différente. Des réponses qui ne sont pas sans paradoxes, sans poésie ni sans humour.

CRÉDITS

réalisation Bertrand Latouche

avec Claudine Tual, Jean-Yves Giraudeau, Jean-Luc Grandperret, Christian dit Gepetto, Romane Averty-Latouche et Bertrand Latouche

image Bertand Latouche, Cathy Gouttefange
son Martin Gracineau
machinerie Fabrice Pucel

montage Sophie Averty

musique originale Jean-Luc Grandperret, Vincent Quéré, Jean-Yves Giraudeau

production Les Films du balibari
avec Les Docks du film, L’Oreille Cachée
et le soutien de la Région Pays de la Loire en partenariat avec le CNC, le Département de Loire Atlantique, la Procirep, l’Angoa
France 3 Pays de la Loire, France Télévisions, Les Films du Funambule

Artistes cités sur cette page

Bertrand Latouche réalisateur

Bertrand Latouche

ESPACE PARTICIPATIF

  • 24 Février 2019 16:18 - LATHELIER

    Qui dit « halte en cale sèche », dit réparation du bateau, mais pas que….on prend le temps, on s’allège, on se sépare du superflu, on rêve, on s’appuie sur ce que l’on a vécu de fort pour continuer, on travaille aussi, on a le nez au vent, une proximité avec les éléments, on rêve de départ, mais rien ne presse….on vit l’instant présent…. On se (p)répare pour d’autres possibles…. Très beaux portraits, belle esthétique dans les images, notamment dans les plans rapprochés. J’ai beaucoup aimé….

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