Mythologies

nébuleuse femme coiffée 2

La femme coiffée, une performance en deux temps, est l'oeuvre du duo que forme de longue date la plasticienne-chorégraphe Cécile Borne et le vidéaste Thierry Salvert. Leur proposition intrigante raconte de façon suggestive l'état du monde. La femme coiffée est une figure classique en peinture, notamment chez les primitifs flamands, où des modèles posent en majesté avec des coiffes impeccables. Aujourd'hui, la parure de la dame est faite de déchets recyclés, ce qui lui confère une beauté monstrueuse, une grâce inquiétante. Le trivial cohabite ici avec le mythologique. Les pétarades d'un moteur à explosion avec les échos cosmiques sont signés Éric Thomas.

FILM

LA FEMME COIFFÉE #2

de C. Borne et T. Salvert (2021 - 11’)

La femme coiffée est un film qui met en jeu un être hybride, corps humain et tête de monstre plastique. Il nous renvoie à des figures mythologiques et nous alerte sur la contamination plastique de nos modes de vie.

INTENTION

Temps suspendu

par C. Borne et T. Salvert

Les déchets plastiques qui composent la coiffe de cet être atypique sont des fragments de bouteilles d'eau élimés par la mer. La créature semble attirée par ses origines aquatiques, elle hante les sources du Stanco, la cale, les bassins de la palmeraie. Cette présence étrange et inquiétante tente de se fondre dans le paysage, cherche tantôt l'ombre tantôt la lumière, se frotte à la nature, à l'intimité de la forêt, nous donne une nouvelle lecture du lieu. Un dialogue ciselé se construit entre les espaces où évolue le personnage, le mouvement et le son. Les écritures de l'image, du son et du corps s'élaborent ensemble, se tissent dans des mises en scène croisées. Le rythme lent donne une impression de temps suspendu. Le film questionne la relation de l'art à l'environnement, interroge la contamination plastique de nos modes de vie. À travers cet entassement de déchets où la figure humaine disparaît se dessine une alerte : quel héritage léguerons-nous aux générations futures ?

FILM

LA FEMME COIFFÉE #1

de C Borne et T Salvert (2020 - 10’)

Ce Minotaure au féminin, un corps qui danse, une tête de plastique tissée comme un filet et son regard qu’on épouse peu à peu, à travers les mailles tissées. Des oiseaux qui nous chantent un printemps inaccessible, restreint à nos cours intérieures, à notre capacité à continuer à chanter malgré tout. Des cris contenus, des grattements d’impatience, tomber au sous-sol de soi-même comme on se noie, lentement. Sans affolement. Images, corps et sons respirent ensemble cette lenteur sous-marine.

Respirer, il faut continuer à respirer.

BIOGRAPHIE

Cécile Borne

Mur noir et blanc Cécile Borne

Cécile Borne, chorégraphe et plasticienne, s'intéresse à ce que la mer nous renvoie de nous-même. À partir de ces déchets anthropiques, tissus et plastiques, métamorphosés par leurs dérives océaniques, elle questionne les notions de corps, de mémoire et de mouvement. À travers cette archéologie de l'abandon, dans cet arpentage de traces, elle invente de nouvelles visions, met en œuvre les traces de notre époque.

BIOGRAPHIE

Thierry Salvert

Projection sur Salvert Thierry

Thierry Salvert est vidéaste. Formé aux Beaux-arts de Quimper, il s'intéresse à la danse et donne à voir le visible dans une épaisseur mystérieuse. Il signe avec Cécile Borne de nombreuses collaborations.

COMMENTAIRES

    CRÉDITS LA FEMME COIFFÉE #1

    réalisation Cécile Borne, Thierry Salvert

    création sonore Eric Thomas

    masque Cécile Borne

    CRÉDITS LA FEMME COIFFÉE #2

    réalisation Cécile Borne, Thierry Salvert

    création sonore Eric Thomas

    image Noémie Santamaria

    masque Cécile Borne

    lieu de tournage Jardins du Château de La Roche Jagu

    avec le soutien du Conseil Départemental des Côtes d’Armor

    Artistes cités sur cette page

    Cécile Borne KuB

    Cécile Borne

    Thierry Salvert - purée dure - expérimental

    Thierry Salvert

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