France(s), territoire liquide

« FTL » avec Aude Sirvain et Albin Millot

En 2011, un collectif de photographes appuyé par le Ministère de la culture se lance dans une mission d’ampleur : produire une vision réactualisée du territoire français. Quarante-trois photographes y participeront. Nous nous focalisons sur deux d’entre eux qui sont passés par la Bretagne : Aude Sirvain dans le Morbihan où elle a élu domicile, et Albin Millot qui est allé saisir les confins du continent, à la pointe de Corsen, à l’extrême ouest du Finistère. Deux démarches et deux questionnements bien distincts, à la fois personnels et universels.

collectif paysage
MON BORD DE MER

une mission photo d’Aude Sirvain

Entre désir et réalité

PROCESSUS

par Aude Sirvain

En 2006, mon compagnon et moi avons cherché une maison à acheter dans le Morbihan. Au début, je m'imaginais qu'en excluant de nos recherches les zones touristiques nous arriverions à trouver une maison, même petite, sur un beau terrain idéalement situé en bord de mer. Ou de faire construire un atelier idéal sur ce terrain idéal. Évidemment c'était un raisonnement très mal documenté.
Dans le département du Morbihan, en bord de mer, les prix de l'immobilier sont très élevés, de plus de nombreux terrains sont déclarés inconstructibles selon la loi littorale. Certains biens avec vue sur la mer sur la pointe des pieds en se penchant bien sont à peine moins inabordables. Il ne reste que très peu de vieux bâtiments à rénover, encore moins dans des lieux d'exception. Restent enfin les terrains nus. Ils sont le plus souvent situés en lotissement, à la périphérie d'une zone urbanisée, car la politique de densification de l'habitat existant veut lutter contre l'habitat clairsemé. 


J'ai beaucoup fantasmé notre atelier dans les multiples lieux magnifiques que nous avons écumés lors de nos recherches. Au bout de trois ans et grâce à un heureux concours de circonstances, l'histoire s'est assez bien finie pour nous ; aujourd'hui nous aimons regarder par nos fenêtres. Certes, il y a ceux qui pour diverses raisons peuvent jouir de lieux incroyablement inspirants ; dans ces lieux uniques les maisons même quelconques sont de petits miracles. 
Et d'autres qui arrivent trop tard. 
La plupart de mes amis ou connaissances ont comme nous dû composer avec cette envolée des prix de l'immobilier près du littoral ainsi qu'avec la restriction des zones constructibles. Et la plupart ont aussi comme moi un jour rêvé leur maison dans un lieu inaccessible. 
J'ai eu connaissance du projet France(s) Territoire Liquide fin 2012. J'ai aimé l'idée de participer à un projet d'envergure, pouvoir construire une série photographique et partager cette expérience, même de façon ponctuelle, avec d'autres photographes. C'est en pensant à la recherche de cette maison qui m'avait pris tellement d'énergie et de temps et qui avait suscité de si nombreux fantasmes de lieux de vie rêvés que je me suis enfin dit tenir mon sujet.
J'ai contacté une quinzaine de personnes ou familles propriétaires de leur logement dans le département du Morbihan. À tous j'ai demandé de me décrire l'endroit idéal, dans la région, où ils rêveraient leur maison et tous se sont embarqués dans le fantasme que je leur proposais. Certaines réponses ont fusé, souvent aussi m'était proposé un joyeux dosage de plusieurs lieux. Et tous, sans exception, m'ont parlé du bord de mer, du bord de l'eau. 

Dispositif 

Comment penser cette superposition du monde réel et du monde rêvé ? Comment traduire la distance entre la réalité et le désir profond inaccessible ?
Il me fallait « transporter » la maison. 
S'agissait-il d'extraire en retouche numérique la maison de son emplacement réel et l'incruster dans le lieu rêvé photographié à part ? De créer un modèle réduit et simplifié de la maison, et la photographier directement ou l'incruster numériquement dans le lieu rêvé ? De photographier la maquette en studio tout en projetant l'image du lieu rêvé en fond ?
Ces solutions me semblaient à la fois trop lourdes à mettre en œuvre ou trop parfaites dans leur résultat. J'imaginais une sorte de bricolage assumé sans bien savoir comment procéder.

Essais

Lors de mes premiers essais photographiques, j'ai projeté une image de ma maison sur un paysage. Il m'a fallu un groupe électrogène, un vidéoprojecteur et de l'aide pour mettre cela en œuvre. J'ai attendu que le jour baisse et j'ai obtenu une sorte d'hologramme bleuté et fantomatique. Il fallait trouver des écrans naturels plus ou moins verticaux, des arbres relativement touffus par exemple, ou bien imaginer une projection depuis une hauteur sur le sol. Le résultat esthétique ne m'a pas convenu. Je n'en ai pas gardé de trace.
J'ai alors pensé projeter une image du paysage idéal sur la façade ou les autres murs de la maison. L'image ainsi projetée n'était pas forcément lisible et je m'éloignais de mon fil conducteur. J'ai ensuite pensé tendre un tissu blanc dans le paysage choisi par un des protagonistes de ma future série, pour en faire l'écran sur lequel projeter l'image de la maison. J'ai photographié le paysage de jour. Puis j'ai attendu que la nuit tombe pour projeter l'image de la maison sur l'écran. J'ai superposé numériquement les deux images. Il me fallait donc non seulement un vidéoprojecteur, un groupe électrogène, un assistant, mais aussi deux troncs pour suspendre l’écran !
C'est en compulsant un de mes carnets de voyage avec ses collages et ses associations de photographies que j'ai imaginé une toute autre façon de procéder. Rêver, triturer la réalité à visage découvert dans une superposition/vibration d'images sans retouche numérique d'aucune sorte. Et je me suis embarquée dans des paysages inconnus constitués d'images familières dans lesquels la maison, comme le regard, voyagent. 
Durant le montage de ces images avec Paul Wombell, le directeur artistique de l’exposition, nous avons évoqué cette idée de grande distance entre désir et réalité.     Aude Sirvain

AUDE SIRVAIN

BIOGRAPHIE

Aude Sirvain

Depuis quelques années, Aude travaille sur la plage et les bords de mer à travers le monde, de la France métropolitaine à l’Australie, de l’Espagne à la Nouvelle-Calédonie. Tous ces lieux si différents ont ceci de commun qu’ils s’ouvrent sur l’espace, l’horizon et l’eau. Loin de tout message social, Aude revient au bord de la mer et ces lumières, ces espaces qui ont marqué son enfance expatriée et îlienne.
Elle aime en retranscrire le dépouillement et l’épure en une succession de tableaux poétiques à la forme minimaliste. La plage devient un théâtre blanc émaillé de silhouettes. Les êtres évoluent sur l’illusion d’une grande page claire. Sans trucage ou autre collage, les baigneurs parfois énigmatiques ainsi épinglés dessinent un tableau lumineux, comme capturés dans une réalité quasi fictive.

EN LISIÈRE DU TERRITOIRE

Pour contrer l’immatérialité de la frontière, Albin Millot se rend sur les lieux, dresse le constat de son absence.

LE BOUT DU MONDE

LES INTENTIONS D’ALBIN MILLOT

Depuis les accords de Schengen, appliqués par la France en 1995, qui prévoient la libre circulation des personnes et des biens à l’intérieur des frontières des pays signataires de la zone européenne, les limites territoriales de mon pays se sont dérobées discrètement à ma mémoire. C’est devenu pour moi, au fil du temps, une ligne discontinue, une zone poreuse et floue.
Je suis de nationalité française, citoyen de l’UE. Je peux circuler librement à l’intérieur de ce territoire, sans me poser de questions. Cette « liberté » m’est devenue une évidence.
Avril 2011, premières révolutions arabes, des migrants tunisiens débarqués sur les côtes italiennes veulent se réfugier au sein de cette UE. Ses dirigeants modifient à la hâte ces accords de Schengen, pour les en empêcher.
Cela me rappelle violemment et concrètement la réalité de ces limites frontalières. Je me remémore peu à peu cette carte mentale de la France et j’ai alors besoin de m’approcher de ces lignes, aller en lisière de ce territoire. 
Mais comment rendre sensible et perceptible en image cette sensation du bout du bout ? 
Se rendre sur des lieux frontaliers spécifiques, les points extrêmes de la France continentale, appréhender cette ligne, la retracer partiellement sur le terrain et enregistrer grâce à la photographie, de l’extérieur, le premier point de vue intérieur de la France.


Ici, je suis à la limite du territoire. 

Porter un regard sur le territoire, mon territoire, depuis sa périphérie, c’est prendre du recul, seul.
Aller jusqu’au bout de ce territoire, à son extrême, au bord du gouffre, c’est se mettre en confrontation directe avec la terre, le pays, ses confins. C’est juxtaposer une frontière étatique, invention humaine, économique et politique, à une réalité de terrain, une rivière, une forêt dense, une montagne dressée droit devant.
Pour ça, il faut laisser le chemin goudronné derrière soi, et s’engouffrer. Pénétrer dans le silence, là où les bruits de la vie ordinaire, la dernière voiture au loin, l’activité de la ville, s’estompent. 
N’entendre plus que les sons naturels, ceux de sa propre respiration, et de ses propres pas. Il faut laisser ses habitudes, ses peurs et ses certitudes, et questionner chaque tournant, chaque arbre, chaque pierre, croisés sur sa route, au risque de se perdre. Remarquer les dernières traces de l’Homme, un pylône, une éolienne, un transformateur, et s’en éloigner. Continuer plus loin que cette route en cul‐de‐sac au fond d’un lotissement. Contourner par erreur la zone industrielle indiquée sur la carte, et faire demi-tour. S’en remettre à ces derniers petits repères rouges et blancs qui indiquent la marche à suivre sur ces terres en friches, en direction de la fin. Continuer là où l’on déciderait normalement de s’en retourner, parce qu’après ça, il n’y a rien, parce que de l’autre côté de la ligne, c’est déjà le début d’un autre monde.


La quête de ce bout du monde se déploierait dans une zone déterminée par la distance que chacun d’entre nous s’autorise à parcourir à pied, en descendant d’une voiture, d’un autocar... Le bout du monde commence juste au-delà des accotements, des glissières de sécurité, des bas-côtés écrit Jean‐Luc Brisson, dans ses Carnets du Paysage (n°16, printemps/été 2008).


Se mettre en approche timide des éléments, donc, à disposition du naturel. La roche et la terre, l’eau et la rivière, l’herbe et la forêt, la pluie et le vent. S’imprégner, ne rien perdre, ne rien laisser passer et finalement, lorsque le bout est atteint, chérir furtivement ce petit sentiment de liberté intime de savoir où je suis, et ce que j’ai accompli pour y être.
Aucun superflu ne provient du sauvage. Tout est utile, un équilibre naturel précaire.
En un mode simple et sans feinte, à échelle et vitesse humaine, progresser. À très peu d’exceptions près, n'utiliser dans cette approche aucun artifice, aucun autre outil que ce que je possède naturellement. Comme ce que l’on trouve au bout. Du presque vierge, de l’essentiel. Se rendre aux limites, c’est progresser à tâtons, mais savoir finalement où je suis. Extrême conscience de son positionnement dans le monde, sur la terre. À chaque instant, je me situe sur la carte.
Aller au bout, c’est retrouver des repères. Je me souviens d'où je viens, je sais où je vais. C’est se redéfinir aux autres, et à soi, dans l’espace. C’est finalement se mettre à disposition de soi‐même.

Voyager aux limites de mon territoire, comme un voyage initiatique. L’idée semble lointaine du projet initial proposée à la mission FTL. Et pourtant, ma participation à l’exercice collectif de cette mission est la colonne vertébrale de mon entreprise, un prétexte bienvenu, un liant à tous ces points explorés.
Je me retrouve seul avec ma photographie, en France. Les pieds sur terre, je fouille. Je cherche les limites. Lesquelles exactement ? Je laisse aller, et les choses se font. Les pas, comme cette écriture, sont presque automatiques. Je me perds parfois. En errance, je suis attiré par ce point géographique final, le seul repère auquel je m’accroche à cet instant. 
Un repère érigé par l’Homme. Je cherche son témoignage.
L’Homme est un animal territorial. Même en pleine nature, désertique, nous plantons des signes, nous enfouissons en terre des bornes de béton, pour témoigner, conquérir et délimiter. 
À 3 800m sur le Mont Dolent, sommet dominant à 360 degrés la France, la Suisse et l’Italie, c’est une madone de métal qui offre la stabilité à ma prise de vue.
Les traces de l’Homme presque partout, et je ne m’éloignerais jamais bien loin de lui finalement.
Je repense à Régis Debray dans Éloge des Frontières

Le mammifère anxieux se taille son habitat dans la biosphère, son coin de culture dans la nature au moyen de symboles. Il n'urine pas, ni ne défèque ni ne fait des trilles, mais il grave un trait sur un parchemin ou brandit une charte, en invoquant Jupiter ou la Cour suprême.

Chaque étape est une première fois. Il faut à chaque fois rebattre les cartes. Il y a ce constant va-et‐vient entre l'expérience photographique et la relation physique, intime à la terre, et mon positionnement par rapport à elle. Les modes et les vitesses de déplacement changent souvent. Ils s’adaptent à la destination, les préparatifs aussi. Mon rapport au paysage évolue. Mon positionnement dans l’espace et ma photographie s'en trouvent modifiés.
À pied, je vais lentement. Le sujet est proche, j’apporte plus d’attention à l’infime, je peux le toucher de la main. Une pierre, un arbre, les feuilles de cet arbre. À vélo, je suis plus mobile, j’évolue sur de plus larges chemins, sur de plus grandes distances. Je regarde au loin, les étendues m’interpellent et je cadre large. 
Le terrain influe aussi. En forêt, tout est plus ramassé, à couvert, dense. Sur le littoral, plus de recul, plus d'espace, et l’immensité du ciel.
Atteindre une de ces positions, c’est comme se mettre volontairement dos à un mur. Se retrouver à la fois à la fin d’un territoire, et au commencement d’un autre. Devant‐derrière, intérieur‐extérieur, sur un même périmètre. 
Ce repère géodésique retrouvé, je le touche, je pointe sur le plan, compare la carte au réel. Cette épingle Google si lointaine, repérée depuis ma chaise parisienne et via un satellite impalpable, en orbite au dessus de nous, cette coordonnée GPS, suite barbare de chiffres et de lettres, c’est en réalité une borne métallique de 1846 au fond d’un terrain vague, coincée entre une haie française, un ruisseau luxembourgeois et un pont allemand ! C’est une borne de béton anonyme derrière une forêt dense, sur une crête pyrénéenne. À la pointe de Corsen, c’est un point immatériel, et je suis au bout de la terre ferme, le plus à l’ouest possible de mon territoire, et l’océan droit devant comme témoin. À Lauterbourg, l’extrême Est, un pas de plus et je suis en Allemagne, dans le Rhin. Des histoires pour chacun de ces points. 
Vous êtes ici.
Vous êtes ici, maintenant et nulle part ailleurs.
Au moment où nous sommes justement partout et nulle part. À l’heure du tag, du tweet et du like sans limite, je suis ici, maintenant, concrètement. À cet instant, je fais le lien de l’abstrait au concret, rien que pour le faire, pour moi. J’ai besoin de ça. 
Il serait drôle que le satellite cité plus haut, espion mécanique infatigable, soit témoin fortuit de ce moment. Comme la preuve d’une triangulation géodésique de l’intime, entre la limite, le territoire et moi.
Mais aucun satellite en vue, aucune « Google car » à l’horizon ! Alors je photographie le ciel depuis ma position, comme un retour à l’envoyeur, en satellite inversé. Le ciel n’est-il finalement pas par essence le seul espace sans frontières visibles, exempt de toute intervention de l’homme pour marquer son territoire ? C’est en quelque sorte boucler la boucle, attester de ma position par toutes les dimensions et dans toutes les directions. 
Après quoi, ma petite exploration intime accomplie, je me retrouve seul, le plus heureux des hommes, et je repars de zéro, neuf. J’ai trouvé les confins de mon territoire.

Une vision kaléidoscopique d’un territoire quotidien soumis au prisme de l’imaginaire

REVUE DU WEB

AUDE SIRVAIN
Aude Sirvain - essai sans suite

Rendre visible une nation >>> par Paul Wombell, directeur artistique de l’exposition 
Fin 2010, un groupe de photographes résidant en France entreprend un projet photographique qui a pour ambition de chercher à savoir comment la photographie pourrait définir les caractéristiques principales de l’identité et du territoire français au début du 21e siècle. Plus de cinquante personnes ont participé à ce projet afin de créer une nouvelle vision du territoire français. Un thème traverse leurs projets, c’est l’idée que toutes les frontières sont temporelles et liquides et changent en fonction de la politique et de la technologie. 
Comment une nation se définit-elle lors d’une période de changement technologique rapide au cours de laquelle les frontières sont définies par les ondes électromagnétiques plutôt que par les murs ? Une période au cours de laquelle les décisions voyagent de parlements en salles de conseil d’administration ? Il s’agit peut-être du plus important projet photographique entrepris en Europe au cours des trente dernières années.

Télérama, Yasmine Youssi >>> Depuis quatre ans, un collectif de photographes questionne les notions d'espaces, de paysages... Des travaux d'une richesse inouïe (…) Albin Millot, lui, s'est colleté avec les frontières géographiques du pays, effacées du paysage depuis les accords de Schengen. On les retrouve dans ses vues nocturnes, veloutées, telle une ligne fantomatique incongrue dont on questionne soudain la logique, la nécessité. 


Raphaële Bertho, Maîtresse de conférences en Arts à l'Université de Tours et historienne de la photographie >>> FTL est un laboratoire favorisant l’expérience visuelle et la recherche de points de vue singuliers pour saisir un territoire lui-même devenu liquide. La solidité d’un espace géré et administré selon des frontières immuables semble en effet avoir laissé place à une multiplicité de territoires à la plasticité mobile. 
Territoire vécu, territoire affectif, territoire des flux, territoire artificiel : intimes ou partagés, ancrés dans leur propre temporalité, les territoires du contemporain s’enchevêtrent et se superposent dans une perception qui se veut avant tout sensible. Dégagée de son carcan documentaire, la photographie assume ici sa dimension fictionnelle pour devenir le lieu d’une véritable mise en récit. Devenues fluides, argentiques ou numériques, constituées aussi bien de chimie, de pixels ou de pigments, réalisées au téléphone portable comme à la chambre photographique, les photographies du projet France(s) Territoire Liquide offrent une vision kaléidoscopique d’un territoire quotidien soumis au prisme de l’imaginaire.

France Inter >>> La France moche : comment a-t-on abîmé notre paysage ? 
La France, ce sont des villes reliées entre-elles par des routes, avec sur le bord de ces routes de grosses boîtes commerciales qui ont enlaidi notre territoire. À quoi ressemble la France d’aujourd’hui ? Va-t-on continuer à la laisser s’abîmer ?
Une émission de Guillaume Erner (2014 - 52')
Avec Aglaé Bory, Aude Sirvain, Frédéric Delangle : Photographes, membres du collectif « France(s) Territoire Liquide »


Bernard Comment, éditeur du livre aux éditions du Seuil (Collection Fiction & Cie) >>> Quarante-trois photographes, jeunes pour la plupart, se sont autosaisis d’une mission inscrite dans la tradition de la Mission héliographique en 1851 à celle de la DATAR au début des années 1980, celle de dire un pays sans le figer, d’ouvrir le regard à des zones sensibles, à des potentiels aussi. Les frontières deviennent incertaines, les catégories s’abolissent, la photographie rejoint la littérature dans sa capacité à décloisonner le temps et l’espace.
Nulle commande ici, aucune administration à l’initiative de quoi que ce soit. Pour les photographes, indépendants et cooptés, il y avait simplement le désir d’appréhender les réalités contemporaines de leur pays, de percevoir ses élans, ses lignes de fracture, ses mélanges, ses espaces naturels ou urbains, ses recoins, ses sommets, ses relais, ses évolutions, ses subtilités, ses complexités, ses habitudes, ses modes d’habitation, ses virtualités. 

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