Thomas

« Thomas » de Yves Mimaut

PORTRAITS DE MELLIONNEC, SAISON 2

Les portraitistes avancent sur un fil tendu vers ceux ou celles qu’ils saisissent. Ils engagent un processus à la fois conscient et mystérieux qui amène l’autre à se révéler, à son rythme, à exprimer ce qui l’habite, ce qui le meut, le fait rêver. Le portrait fixe l’image de l’autre, et en même temps, de la relation établie avec lui. Il y a identification dans ce parcours, car il y a empathie.
Le portrait documentaire comble notre soif d’histoires, le besoin de chacun de tirer un récit de sa vie.
Faire et défaire ses illusions. Vies évoquées par le biais de souvenirs, de pellicules ou de bandes magnétiques, avec la question récurrente du travail, du métier, de l’activité et de l’oisiveté, de la jouissance de l’instant présent.
Les portraits de Mellionnec parlent de tout cela, des rapports humains et du « bon vivre » dans cette Bretagne profonde, si belle.

Une collection produite par Ty films qui provoque chaque année depuis 2013 la rencontre entre quatre réalisateurs et autant d’habitants de Mellionnec. 


Cadreurs, preneurs de son, monteurs et membres de l’association se mobilisent pour que le défi soit relevé : réaliser intégralement quatre films d'un quart d'heure en deux semaines.

émancipation quotidien
THOMAS

un film réalisé par Yves Mimaut (2015 - 16’)

Thomas a 17 ans, il est fils de paysans, installés dans les hauteurs de Mellionnec, un village de 400 habitants du Centre Bretagne. De retour de l’internat, il aide ses parents sur la ferme, il l’a toujours fait, mais il rêve d’ailleurs, de lointain, d’Alaska. Alors le soir venu, Thomas travaille ses cours, renonce aux sorties avec les copains, pour nourrir ses ambitions : je serai zoologiste.

Se donner les moyens de réussir

ÉDITORIAL

Thomas est en pleine ascension, pédalant en danseuse, à l’énergie. Pour s’arracher à la pesanteur. Puis on le voit travailler, dans sa chambre, tentant de résoudre des équations de biologie moléculaire. Ce n’est que dans un troisième temps qu’on le découvre en situation de fils de la ferme, ce qu’il a toujours été, aux prises avec un trio de veaux réticents à embarquer dans la bétaillère. 
Thomas est sur le départ, sans trop oser l’avouer. Il veut prendre l’air, s’évader de la ferme aliénante qui ne laisse pas le loisir de prendre des vacances. Trop de contraintes, trop de travail… Sa maman est là pour en témoigner, tout en lui rappelant qu’on vit ici (à Mellionnec) dans un cadre idyllique, sans voisins. T’as des rêves lui dit-elle. Oui, et Thomas est résolu à les réaliser. 
Dans ce portrait, Yves Mimaut cerne très justement les enjeux du monde paysan, conscient de sa situation humainement privilégiée et matériellement invivable dans le monde contemporain.     Serge Steyer

YVES MIMAUT

BIOGRAPHIE

Yves Mimaut

En 2015, Yves Mimaut quitte son métier de journaliste et s'installe à Mellionnec pour se consacrer à la réalisation documentaire. Après plusieurs formations à l'écriture, il développe un film à la première personne sur le lien filial. 
Le portrait de Thomas, que l'association Ty films lui confie en été 2015, est un premier court métrage qui lui a servi de tremplin.

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