Voir les gens

bretonnes 734 38 © Sabine Weiss

La photographe suisse Sabine Weiss revient en Bretagne, à 96 ans, pour y présenter une rétrospective, condensé d'une exposition conçue en 2018 pour le Jeu de Paume. Véritable force de la nature, elle évoque son passé de petite dame dans un monde d'hommes - le photojournalisme - où elle joua des coudes dès la fin des années 40.
Si son nom ne vous dit rien, certaines de ses photos sont forcément inscrites dans votre mémoire, aux côté de celles de Doisneau, Ronis, Cartier-Bresson, dont elle était proche.
Notre reportage au Kiosque de Vannes fait aussi la part belle au travail de préparation d'une telle expo. Entre la commissaire, le scénographe, l'éclairagiste et la représentante de l'artiste, c'est tout un travail de mise en perspective qui s'opère sous nos yeux, dévoilant par la même occasion les pans d'une œuvre qui aborde avec la même acuité la photo de rue ou de mode, le réel et l'artificiel.

EXPOSITION

RETROSPECTIVE SABINE WEISS

Dans le cadre de sa programmation estivale, la Ville de Vannes accueille une rétrospective de l’œuvre de la photographe Sabine Weiss, l'occasion pour KuB de rencontrer la dernière représentante d'un courant de photographes humanistes, à Paris dans les années 40-50, dont les plus célèbres se nommaient Henri Cartier-Bresson, Robert Doisneau et Willy Ronis.

Expo au Kiosque du 18 juin au 6 septembre, sur la rive droite du port de Vannes

FOCUS

Scènes de la vie bretonne

Sabine Weiss viendra à plusieurs reprises en Bretagne dans les années 50, notamment pour y photographier des scènes de rue, brodeurs et brodeuses, lavandières ou peintre du dimanche. Des photos personnelles mais aussi pour le magazine Vogue qui l’avait envoyée en reportage photographier un mariage breton, de l’habillage de la mariée au défilé des nouveaux époux avec famille et invités sur fond de cornemuses en pleine nature. Ces photographies dormaient jusqu’alors dans des boîtes.

FOCUS

La rue parisienne

Après-guerre à Paris, Sabine Weiss arpente comme ses confrères de l’agence Rapho les rues et atmosphères parisiennes, y trouvant des sujets variés d’observation et d’enchantement. Dans l’enthousiasme de la paix retrouvée, l’état d’esprit est à l’optimisme et à la croyance en une solidarité nouvelle entre les peuples et les classes sociales. C’est dans un quartier de l’Ouest parisien qu’elle capte certaines de ses images les plus emblématiques, comme celle des jeunes amoureux jouant dans un terrain vague en 1950.

FOCUS

Collection de mode

En 1952, alors que Sabine Weiss est venue présenter ses photographies à Michel de Brunhoff, le directeur de Vogue, Robert Doisneau, qui est présent, l’appuie de ses compliments. Ce sera le début d’une collaboration de plus de dix ans avec le magazine. De 1952 à 1961, elle en est l’une des principales contributrices aux côtes de William Klein, Henry Clarke et Guy Bourdin. Année après année, elle y couvre les nouvelles collections de robes, chaussures, manteaux, chapeaux, dans des mises en scène et décors qu’elle conçoit elle-même, dans une veine souvent légère et drôle.

Sabine Weiss travaille ensuite pour de nombreux magazines de mode jusqu’aux années 1990.

FOCUS

Enfances

Dès ses débuts, Sabine Weiss s’attache à des essais personnels en marge de ses commandes et au hasard de ses déambulations. Elle sera toute sa vie captivée par les jeux des enfants, leurs attitudes et leurs regards, qu’ils soient riches ou pauvres, gais, en larme ou facétieux. Ses images se démarquent de celles de Doisneau, Boubat ou Ronis. Chez elle, les attitudes et visages de l’enfance sont un miroir de l’âme humaine, laquelle se révèle davantage que chez les adultes, habitués à porter un masque et à dissimuler ou maîtriser leurs sentiments. Loin de la commisération ou du simple amusement, c’est dans l’empathie, le partage ou l’identification silencieuse que la photographe se positionne. Sa présence s’y lit dans le regard poignant de ces enfants des rues.

BIOGRAPHIE

Sabine Weiss

Sabine Weiss autoportrait, 1953
Sabine Weiss, autoportrait, 1953. ©Sabine Weiss

Née en 1924, Sabine Weber se dirige très tôt vers la photographie. En 1946, elle quitte Genève pour Paris et devient l’assistante de Willy Maywald, photographe allemand spécialisé dans la mode et les portraits. Au moment de son mariage avec le peintre américain Hugh Weiss en 1950, elle se lance comme photographe indépendante et fréquente le milieu des artistes d’après-guerre. Ceci l’amène à photographier de nombreux peintres et sculpteurs mais aussi des musiciens, écrivains et comédiens.

En 1952, Sabine Weiss rejoint l’agence Rapho. Son travail personnel est reconnu aux États-Unis où elle travaille pour le New York Times Magazine, Life, Newsweek, Vogue... Elle travaillera ainsi pour la presse illustrée française et internationale (Point de Vue, Images du Monde, Paris Match...) jusqu’aux années 2000, mais aussi pour des institutions et marques, enchaînant reportages, photos de mode, publicité, portraits de personnalités et sujets de société.

À la fin des années 1970,


son œuvre s'affiche dans les festivals et institutions pour la photographie humaniste, ce qui lui donne envie de reprendre un travail en noir et blanc. Elle développe alors, la soixantaine passée, une œuvre plus mélancolique et rythmée par des voyages en France et à l’étranger. Depuis lors, les hommages se multiplient, contribuant à l’aura d’une photographe indépendante et vive, sensible à l’être humain et à sa vie quotidienne.

REVUE DU WEB

Capter le bon moment

FRANCE INTER >>> Pour moi, une vie de photographe, c'est un siècle de vie, parce que je vais presque avoir un siècle (...). J'ai fait de tout : beaucoup de publicité, du reportage, de la mode, des enfants, des morts..., raconte-t-elle. Pour autant, elle ne se dit pas artiste : Je ne crée rien ! Je suis simplement un témoin de ce que je vois.

FRANCE CULTURE >>> Sabine Weiss refuse l'étiquette d'artiste. Pour elle, la photographie ne doit pas consister en une recherche du beau, mais plutôt en une approche directe, simple des images. Des images qui documentent le monde qui l'entoure et qu'elle aime à penser lisibles. C'est cette philosophie qui fait de Sabine Weiss un membre éminent de ce qu'on appelle la photographie humaniste (avec Robert Doisneau, Henri Cartier-Bresson, Willy Ronis...), un courant racontant l’optimisme de la France de l'après-guerre, qui retrouve foi en l'homme. Voici une série en 5 épisodes pour découvrir la photographe suisse.

TÉLÉRAMA >>> En interwiew, Sabine Weiss raconte la photographie après-guerre, le courant humaniste. Et regrette une innocence perdue, le temps où la vie était dans la rue et facile à immortaliser.

FRANCE INFO >>> Sabine Weiss, dernière grande figure du courant de la photographie française humaniste, a fait don au Centre Pompidou de 80 tirages d'époque des années d'après-guerre. Des images issues de ses archives, souvent inédites, qui illustrent son travail dans les rues des villes, à New York, Moscou et surtout à Paris.

OUEST FRANCE >>> Elle est connue à travers le monde, qu’elle s’est efforcée d’immortaliser. Portraits, moments de vie, illustrations, Sabine Weiss est une artiste à part, dont la longévité et l’œuvre sont les témoins d’une femme sensible aux autres.

COMMENTAIRES

    CRÉDITS

    RÉTROSPECTIVE SABINE WEISS
    commissariat d’expo Virginie Chardin
    coordination et logistique Laure Augustins, Atelier Sabine Weiss
    scénographie Jean-Yves Brière
    organisation Ville de Vannes

    VIDÉO

    réalisation Hervé Portanguen
    assisté de Camille Corbel, Kilian Jarno,
    entretiens Julie Steyer
    montage Serge Steyer
    moyens techniques
    KuB

    Artistes cités sur cette page

    Sabine Weiss autoportrait, 1953

    Sabine Weiss

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