Grandir bretonne - gand ar vez

Mona Ozouf historienne Plouha

Devant la caméra de Juliette Senik et au micro d’Augustin Trapenard, la philosophe et historienne Mona Ozouf réaffirme ses positions concernant son identité culturelle, son rapport à la langue bretonne, le regain de fierté de la Bretagne après des années de sentiments d’infériorité.

Au moment où sort son livre d'entretiens, Portrait d'une historienne, et en attendant son portrait documentaire en cours de réalisation par Catherine Bernstein, voici de quoi faire connaissance avec l'une des plus éminentes intellectuelles bretonnes.

MONA OZOUF, FEMME DES LUMIÈRES

DOCUMENTAIRE

de Juliette Senik (2011 - 52')

Mona Ozouf, femme des Lumières retrace un chemin et une ascension sociale, de la Bretagne où elle va dédicacer ses livres et retrouver la plage de son enfance, à l'hôtel Crillon à Paris où elle participe au prix Femina, en passant par la maison de campagne où elle lit et écrit. De l’engagement au Parti communiste à l’écriture sur la littérature, itinéraire cohérent d’une grande dame qui n’a jamais oublié d’où elle venait.

>>> une production Schuch productions pour la collection Empreintes

Coup de coeur

INTENTION

par Juliette Senik

Lorsqu’est paru son livre Composition Française, retour sur une enfance bretonne, j’ai eu un coup de cœur pour Mona Ozouf. J’y ai reconnu des thèmes qui me travaillent : la question de l’identité et sa négociation avec l’école républicaine, un regard critique sur la Révolution de la part de quelqu’un ayant adhéré au Parti, l’amour de la littérature, la question des femmes, enfin.

Mona Ozouf fait partie d’une génération de femmes qui ont ouvert les possibles à d’autres femmes, l’air de rien. C’est par les études que ces femmes se sont émancipées. Mona Ozouf propose un modèle de féminisme à la française : coquette, grande amoureuse, et pourtant complice et égale des hommes. Elle rappelle, enfin, que l’on peut appartenir à l’élite intellectuelle et venir d’un milieu modeste sans renier ses origines, ni faire de démagogie en se proclamant pour autant proche du peuple. C’est une élitiste républicaine. J’ai voulu, avec ce film, rompre la glace entre le grand public et une grande figure intellectuelle.

MONA OZOUF

BIOGRAPHIE
Mona Ozouf historienne Plouha

Mona Sohier-Ozouf est née en 1931 dans les Côtes du Nord, dans une famille d'instituteurs dont le père était un défenseur de la langue bretonne. Après une scolarité à Saint-Brieuc puis à Rennes, elle sort agrégée de philosophie de l'École normale supérieure de jeunes filles, mais c'est en tant qu'historienne qu'elle entre au CNRS.
Engagée au Parti Communiste Français au début des années 1950, elle le quitte dès 1956. Elle y a rencontré l'historien François Furet, avec lequel elle a beaucoup travaillé, ainsi que son futur mari, Jacques Ozouf. Ses travaux de recherches portent essentiellement sur l'école publique et la Révolution française. Elle est l'auteure, entre autres, de La Fête révolutionnaire parue en 1976 qui mêle histoire et philosophie et elle a codirigé avec François Furet le Dictionnaire critique de la Révolution française paru pour le bicentenaire de la Révolution. Avec Jacques Ozouf, elle a publié La République des instituteurs (1989) et elle est revenue sur son itinéraire de Bretonne républicaine dans Composition française : retour sur une enfance bretonne paru en 2009.

Source : France culture

JULIETTE SENIK

BIOGRAPHIE
Juliette Senik réalisatrice

Après des études de lettres et de cinéma, Juliette Senik est assistante réalisatrice tout en se partageant comme auteur entre fiction et documentaire, en télévision et radio.

Dans les années 2000, elle tourne pour France Télévision des documentaires en immersion, avec pour angle la comédie humaine. Ses films suivent de près des jeunes gens aux prises avec le monde : flics, aides-soignants, élèves.

Mais il n’y a pas que les jeunes qui soient cinégéniques ! Curieuse du monde l’entreprise vu sous un oeil balzacien, Juliette Senik raconte grandeur et misère du PDG débarqué de Marionnaud. La question de l’engagement la taraude : suivront un portrait de l’historienne de la Révolution française Mona Ozouf, un duel humanitaire Kouchner/Brauman, et récemment un film sur les pionniers de l’anticolonialisme à Paris dans l’entre-deux guerres.

Son amour des personnages l’a amenée à revenir à la fiction au sein de l’atelier d’écriture du Bureau des Légendes, pour canal+.

L’école du diable et la maison de Dieu

REVUE DU WEB

L’OUEST EN MÉMOIRE >>> En 1998, au cours d'une émission de radio elle raconte son enfance austère, dans un univers féminin, entre sa grand-mère et une mère institutrice. Une enfance également marquée par la disparition de son père. Mais, plongée dans les livres de la bibliothèque de ce dernier, elle développe un vif intérêt pour la lecture. Son témoignage va au-delà de la simple anecdote.

FRANCE INTER, Boomerang >>> Elle est philosophe, historienne, spécialiste, entre autre, de la Révolution Française et observatrice avisée de son époque. Dans Portrait d'une historienne, un livre de dialogues, elle revenait sur son parcours, à bien des égards, exemplaire. Mona Ozouf est l'invitée d'Augustin Trapenard.

LE MONDE, Christine Rousseau >>> Une femme discrète, chaleureuse, attentive, qui livre ici les temps forts d'un parcours fait de passion, de fidélité et d'engagement. Celui d'une enfant de la laïque qui, loin des honneurs académiques qu'elle refusera - son seul défaut, selon Pierre Nora - a bâti une œuvre d'envergure que ce documentaire invite à (re)lire.

LIBÉRATION >>> Le passé composé de Mona Ozouf. Son livre n’est ni une autobiographie ni un essai sur les contradictions républicaines, mais, comme son titre l’indique, une composition, faite à l’oreille et à la main, sonore et florale, où souvenirs personnels et réflexions sur l’identité française s’entremêlent, se nourrissent, s’informent.

LE MONDE >>> Son enfance bretonne a été bercée - et troublée - par trois fées qui ne s'aimaient guère : l'école, l'Église et la nation. À 78 ans, regardant en arrière, Mona Ozouf constate à quel point ces trois croyances désaccordées ont marqué sa vie.

BIBLIOBS >>> extrait du livre Composition française (éd Gallimard) de Mona Ozouf : La Bretagne vivait à la maison en la personne de ma grand-mère, et pourtant c'était elle qui m'entretenait de la France.

CRÉDITS

avec Mona Ozouf

réalisation Juliette Senik
image Emmanuelle Collinot
son Guillaume Valeix, Benjamin Bober

montage Luc Forveille
mixage Roger Dupuis
étalonnage Marc Clouet d’Orval
post production POM’ZED, L’ENVOL

production SCHUCH Productions, Anne Schuchman
avec le soutien du CNC
avec la participation de France Télévisions

Artistes cités sur cette page

Mona Ozouf historienne Plouha

Mona Ozouf

Juliette Senik réalisatrice

Juliette Senik

ESPACE PARTICIPATIF

  • 14 Mai 2019 19:15 - Renée Mazé

    En réponse à votre titre : "Grandir bretonne, (avec la honte) mais avoir toujours soigneusement caché qu'elle était bretonne" et ne s'en souvenir qu'une fois la retraite arrivée"... Ce n'est pas très honnête de faire toute sa carrière sur le dos de la France. La Bibliothèque Nationale lui offre un prix « pour toute son oeuvre » il y a quelques années, eh bien, nulle part n'apparaît sa qualité de Bretonne...
    Bon courage pour vos réalisations audio visuelles.
    Renée

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