Rétrospective Body

feu Michel Body cover

Human Body

L’année 2017 a été pour Michel Body celle des rétrospectives. Lors des Rencontres de la Cinémathèque de Bretagne, des séances organisées par la Cinémathèque aux festivals Travelling et Courts en Betton, les spectateurs ont pu découvrir les œuvres du cinéaste, expérimentateur de techniques singulières, du papier découpé au grattage sur pellicule. Spécialiste du cinéma d’animation et pionnier en France de son enseignement, Michel Body est resté un amateur-revendiqué, gagnant sa vie en tant qu'enseignant. Il s'est également engagé dans des actions collectives : membre fondateur et ancien président du Caméra-Club Nantais et rédacteur de revues spécialisées (Flash, Région IV…). Voici donc une rencontre avec Michel Body et cinq de ses œuvres, à découvrir sur KuB !

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LES ROIS FAINÉANTS (3'-1960)

Sur une chanson de Bourvil, une farce irrévérencieuse détrônant, de Jeanne d’Arc au Général de Gaulle, les mythes de l’Histoire de France.

LA JAVA DES GAULOIS (3'30 - 1961)

Illustration d’une chanson de Ricet Barrier sur nos ancêtres les Gaulois, avec de nombreuses références culturelles et historiques.

FEU (3'30-1971)

Course de relais avec une torche dépeignant l’Histoire de l’Humanité.

BODY'S STORY (2’50 – 1974)

Michel Body s'est cassé le pied. Comme il s'ennuie, il décide de faire un film sur... Michel Body qui s'est cassé le pied... Un autoportrait tout en dérision dans un fourmillement de détails.

CINÉMAGRESSION (5'-1978)

Expérience audiovisuelle sur une musique de Marc Cerrone : l’agression du subconscient du spectateur par le cinéma.

En mai 1978, au congrès régional de Cholet au CCNN Nantes, Cinémagression est le seul film hué du congrès, preuve de son impact. Il y reçoit une hermine de bronze.

MICHEL BODY

ENTRETIEN et BIOGRAPHIE

Michel Body est un spécialiste et précurseur du film d’animation en France. Il a fondé et présidé le Caméra-Club Nantais. Son œuvre, inventive et engagée, regroupe l’expérimentation technique, le papier découpé ainsi que le grattage sur pellicule.

Nous le retrouvons ici pour un entretien tourné lors du Festival Travelling, où il se remémore ses tâtonnements et sa rencontre avec Norman McLaren. Nous nous sommes permis, d'y citer quelques œuvres du grand cinéaste canadien disponible sur le site de l'Office National du Film du Canada.

Voir la fiche artiste...

Norman Mc Laren, la figure tutélaire

Norman Mac Laren a marqué l'histoire du cinéma par sa manière de dessiner directement sur la pellicule. Nous vous proposons ici de passer 2' en sa compagnie, alors qu'il expérimente une manière de dessiner du son optique. Source ONF du Canada, sous-titrages Tom Durand, pour KuB.

UNE VIE DE CRÉATION

REVUE DU WEB

Le Télégramme >>> L'œuvre singulière de M. Body - De la fiction à l'animation en passant par un cinéma plus expérimental, Michel Body s'est essayé, à peu près, à tous les genres. Cinéaste éclairé, il a partagé sa vie entre l'enseignement de son art (il compte Michel Ocelot, le père de Kirikou, parmi ses anciens élèves) et la création. Une passion née de sa jeunesse. Mon père fournissait le charbon aux cinémas d'Angers. Grâce à cela, on avait droit à des places gratuites, explique l'intéressé, aujourd'hui âgé de 85 ans. Cela m'a permis, entre mes 6 et 10 ans, dans les années 50, de voir les Tarzan, tous les Walt Disney de l'époque, les Trois petits Cochons, les Mickey...

Flash 50 (revue de cinéma amateur, avril-mai 1975) >>> Pour Body's Story Michel Body rompt avec le dessin animé et aborde une technique différente. Il ne s'agit plus de dessiner les différentes phases d'un mouvement, mais de l'impression de mouvement est donnée soit par des positions différentes d'un même objet, soit par le passage d'un objet à un autre, mais les positions intermédiaires sont le plus souvent supprimées, ce qui donne un rythme saccadé extrêmement rapide.


Le thème du film est assez inattendu puisqu'il raconte sa propre genèse : comment une malencontreuse glissade sur les feuilles mortes donne à l'auteur quelques semaines de loisirs inattendus, les mille et une manière d'occuper agréablement le temps et comment Michel Body eut finalement l'idée de faire ce film, avec les rêves de succès et de gloire qui en découlent. Michel Body ne se prend pas au sérieux et comme il a beaucoup d'humour, c'est un fourmillement de gags tel, que le spectateur est condamné à ne pas reprendre son souffle pendant toute la durée du film (mais il est très court !). À tel point que l'on n'arrive pas à tout saisir à la première vision et que certaines séquences très riches risquent de passer inaperçues (je pense par exemple à ce plan de dessin animé où quatre maisons se transforment progressivement en personnages). Le paradoxe est qu'on en vient à reprocher à ce film sa trop grande richesse et que nous avons dû le passer une seconde fois pour mieux le goûter ! La seconde projection eut lieu à vitesse légèrement réduite sans que cela nuise au rythme du film, à la satisfaction générale. Mais ceux qui ont ainsi découvert d'autres gags le doivent-ils à la seconde diffusion ? Comme le faisait remarquer quelqu'un, le fait de devoir lire les sous-titres, en détournant l'attention des images, n'est-il pas le principal obstacle à la compréhension immédiate du film. Tout le monde n'entend pas couramment l'anglais !


ESPACE PARTICIPATIF

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