Regards de Breizh

« Regards de Breizh »

L’Ensemble Nautilis, découvert sur KuB dans le documentaire de Jean-Alain Kerdraon, interprète sur le vif les photos de la Bretagne par Guy Le Querrec. Découvrez de larges extraits du photo-concert donné en octobre 2016 au Mac Orlan à Brest dans le cadre de l’Atlantique Jazz Festival.

Au-delà des visages Guy Le Querrec sait aussi photographier les territoires. Il saisit toute la singularité d’une population, d’un lieu, d’un moment. La Bretagne que l’artiste a tâché de décrire se dessine comme un paysage humain profondément vivant, brut et truculent.


Dans Regards de Breizh, la musique de Nautilis se déploie en écho à ces clichés de Le Querrec, délicatement composés dans une réalisation vidéo de Jean-Alain Kerdraon. Une musique mouvante, pensée et écrite comme un reflet de l’œuvre du photographe mais qui ne se limite pas à l’illustrer. Un photo-concert comme une ode à la poésie de l’instant, un hommage à cette capacité du photographe à capturer l’essence d’un moment.

Guy Le Querrec, improvisateur de la photo, s’est intéressé aux musiciens de jazz tout au long de sa vie, il a également conçu avec eux des projets de mise en musique de ses photographies. Après l’Afrique avec le trio Sclavis / Texier / Romano, après Oyaté puis Sur la piste de Big Foot aux cotés de Tony Hymas dans le Minnesota, Guy Le Querrec a proposé à Christophe Rocher, de l’Ensemble Nautilis, de travailler sur son corpus de photos de Bretagne. Cela a donné Regards de Breizh, spectacle musical et photographique créé en 2014, dont vous pouvez découvrir ici de larges extraits.

corps spectacle appartenance

GENÈSE

Christophe Rocher, directeur artistique de l’Ensemble Nautilis, raconte la genèse de Regards de Breizh, depuis la première rencontre avec Guy Le Querrec jusqu’au spectacle réalisé, en passant par tout le travail de gestation et de sélection photographique.

LE PHOTO-CONCERT : PROLOGUE

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Regards de Breizh est introduit par La fille de l’Arcouest, une photo commentée par son auteur, une photo de groupe de passagers sur un bateau et le visage de cette femme qui fixe le photographe. Dans le récit de Le Querrec, cette photo devient une histoire, mi-réelle, mi-fantasmée. Elle dit la force narrative de l’image, son potentiel romanesque. Ce postulat étant énoncé, le photo-concert peut commencer et nous pouvons entrer dans la Bretagne de Guy Le Querrec.

LE THÉÂTRE DES BESTIAUX

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Du marché au cadran à l’abattoir, Guy Le Querrec saisit les hommes face aux vertiges de la transmutation de l’animal en viande. De la mise à prix à la mise à mort, les visages se figent dans des expressions dans lesquelles nous autres spectateurs pouvons nous projeter.

LE THÉÂTRE DES CORPS

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La plage, lieu social, sujet cher à KuB…. Et à Guy Le Querrec qui s’amuse à raconter l’installation éphémère des hommes sur le littoral avec leurs équipements et leurs accoutrements, leurs postures inhabituelles, toutes choses qui titillent son regard.

LE BALLET SOUS-MARIN

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Les tests d’étanchéité réalisés par l’armée sur un blindé dans le bassin d’Ifremer sont l’occasion pour Guy Le Querrec de saisir un ballet nautique inhabituel, qui mêle gravité et légèreté. Et cocasserie.

RÉALISME POÉTIQUE

REVUE DE PRESSE
ensemble Nautilis musicien KuB

Articles parus au lendemain de la première de Regards de Breizh, à l'Estran de Guidel, en mai 2014.

Franck Bergerot, Jazz Magazine >>> Regards de Breizh donne un coup projecteur sur toute une partie méconnue des archives de Guy Le Querrec que l’on connaît plutôt pour son travail sur le jazz, l’Afrique, les Indiens… C’est oublier les racines bretonnes de Guy qui l’ont souvent ramené en Bretagne, et les liens que le jazz et la Bretagne ont su nouer autour des festivals de La Roche Jagu et de Glomel, liens auxquels le photographe n’est pas resté indifférent.

Hélène Collon, Citizen Jazz >>> Le rapport de la musique à l’image a toujours passionné Le Querrec, grand blagueur devant l’éternel qui se rattrape ainsi du fait indubitable que les photos sont muettes. Et pourtant elle nous en racontent des choses – sur nous, la vie, l’amour et le désir.
Il crée, selon ses dires, une partition d’images sur des thématiques communes à ses photos. On retrouve des réminiscences vives des films français d’avant-guerre, du réalisme poétique à la Prévert au découpage précis, pragmatique, sans concession. Ses évocations sont inoubliables et il attrape une scène en un déclic comme un romancier, en une ou deux phrases, saisit une atmosphère.


Formidable entreprise que ce projet mené par Christophe Rocher et l’équipage brestois de Nautilis : 40 000 photos en noir et blanc prises entre 1974 et 1990, des archives triées, classées, montées avec soin par le vidéaste Jean-Alain Kerdraon qui, assisté de Sergine Laloux, a lié les différents chapitres en un tout cohérent. Le travail formidable de ce passeur d’images a donné lieu à un journal, sorte de catalogue d’exposition pour musée des ATP (Arts et Traditions Populaires) : les photos dignes de cette sélection montrent une indéniable qualité esthétique, une écriture photographique, et ont la force d’un documentaire : toute la partie sur le naufrage de l’Amoco Cadiz (1976), proprement saisissante, prouve l’utilité de ce travail de transmission du funambule sur le fil du hasard. Il y a encore ces scènes hallucinantes aux abattoirs ou au marché des chevillards.
Comment lier ensuite ces images aux musiques du groupe Nautilis ? Les huit musiciens exposent leurs tableaux musicaux en l’espace d’une heure en s’adaptant à cette vision bien réelle de la Bretagne d’hier. Le dispositif, pour cette série de représentations, propose un mur-écran décalé sur le côté droit de la scène et si au début, comme toujours, on regarde le groupe, très vite on parvient à se concentrer sur les photos. Ému par ce voyage dans le temps, on finit par se demander aussi, avec le photographe, ce que sont devenus tous ces personnages captés par son œil et son Leica.
Qu’elles sont belles, ces chansons de gestes où bras et mains créent des chorégraphies astucieuses ! Une vision nette, décapante qui nous fait regarder le monde autrement.

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COMMENTAIRES

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9 Août 2017 20:54 - Briend Joël

Bonjour, J'étais présent dans la salle du Grand Théâtre de Lorient lundi dernier, dans le cadre du FIL. j'avoue que je n'ai pas bien compris l'option de mise en scène qui consiste à jouer le dos tourné au public, même pas compris du tout. Je ne parle même pas de la négligence du public, certains m'ont même parlé de mépris, peut-être pas ! De plus le fait d'être tourné vers l'écran faisait que vos partitions étaient éclairés et polluaient la vision de l'écran. Je pense que vous allez revoir ce point, car j'ai essayé de comprendre ? En vous tournant vers le public, rien ne vous empêche de voir ce qui se passe à l'écran avec des écrans de contrôle, soit en arc de cercle, soit en V. Je suis déçu parce que les photos étaient géniales et que votre musique mérite le détour, à condition de voir qui joue et de quel instrument vous jouez. Je pense que le manque d'enthousiasme du public devrait vous convaincre d'y réfléchir. En effet face au public, vous méritiez un minimum d'applaudissements entre les tableaux, donc encouragement mais une amende pour la mise en scène.