Ôtez-moi d'un doute

« Otez-moi d'un doute » par Carine Tardieu

Ôtez-moi d’un doute, film léger, plein d’humour et d’humanité, tourné dans le Golfe du Morbihan et sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs du Festival de Cannes 2017, sort le 6 septembre en France. Le scénario fait vaciller les certitudes d’Erwan à propos de son père, puis de celle dont il tombe amoureux et qui pourrait bien être sa sœur. Liens du cœur, lien du sang, père biologique ou père adoptif ? Laissez-vous gagner par le trouble qui s’empare peu à peu de chacun des protagonistes.


Famille parentalité comédie appartenance
ÔTEZ-MOI D'UN DOUTE

un film de Carine Tardieu  (2017- 100')

Erwan, inébranlable démineur breton, perd soudain pied lorsqu’il apprend que son-père-n’est-pas-son-père. Malgré toute la tendresse qu’il éprouve pour l’homme qui l’a élevé, Erwan enquête discrètement et retrouve son géniteur : Joseph, un vieil homme des plus attachants et pour qui il se prend d’affection. Comme un bonheur n’arrive jamais seul, Erwan croise en chemin l’insaisissable Anna, qu’il entreprend de séduire. 

Mais un jour qu’il rend visite à Joseph, Erwan réalise qu’Anna n’est rien de moins que sa demi-sœur. Une bombe d’autant plus difficile à désamorcer que son père d'adoption soupçonne désormais Erwan de lui cacher quelque chose... 


ENTRETIEN AVEC CARINE TARDIEU
OTEZ-MOI D'UN DOUTE CECILE DE FRANCE GUY MARCHAND

Il était temps pour moi de "passer au père"

L'histoire m’a été inspirée par le récit d’un ami. À la mort de sa mère, ce Breton d’une cinquantaine d’années apprend que son père n’est pas son père. Il encaisse la nouvelle et engage un détective qui, après quelques mois de recherches, retrouve son père biologique, un vieil homme qui habite, lui-aussi, en Bretagne. Père et fils se prennent d’emblée d’affection l’un pour l’autre et nouent une relation très forte, à l’insu du premier père. 

Aujourd’hui, et pas mal de rebondissements plus tard, mon ami a désormais deux pères. J’ai trouvé son histoire tellement bouleversante que je lui ai demandé l’autorisation de m’en inspirer. Les rapports mère-enfants prenaient jusque-là toute la place dans mes films... et il était temps pour moi de « passer au père ». J’y pensais depuis longtemps sans trouver le biais par lequel aborder ce thème. L’histoire de cet ami contenait toutes les questions qui me taraudaient. 

Parlez-nous du scénario


que vous cosignez avec Michel Leclerc et Raphaële Moussafir, respectivement co-auteurs de La tête de maman et de Du vent dans mes mollets

Michel travaillait lui-même sur un sujet autour d’un père et de son fils (il adaptait La vie très privée de Monsieur Sim de Jonathan Coe). Il s’est tout de suite montré enthousiaste à l’idée qu’on retravaille ensemble. 

Le récit de mon ami était riche en suspense, en émotion et en comédie. Il nous a pourtant fallu nous en détacher pour mieux le réinventer, réfléchir à tout ce qui pourrait faire écho à la problématique de notre héros. C’est ainsi que sont nés les personnages qui l’entourent et les intrigues qui leurs sont liées. Elles renvoient toutes, d’une manière ou d’une autre, à la question de la paternité ou plus généralement de la parentalité. 

Dans un second temps, Raphaële Moussafir s’est à son tour impliquée dans l’écriture pour faire ressortir la ligne claire du film, notamment en écrémant le trop plein d’histoires parallèles et en affinant les personnalités de chacun des personnages. Son intervention sur le projet a remis en question une bonne partie de notre travail, le processus d’écriture a été complexe et douloureux parfois... mais je ne regrette rien de ces mois de labeur. 

Pourquoi avoir choisi de donner à Erwan, le héros, qu’interprète François Damiens, le métier de démineur ? 

Dès les prémices de l’écriture j’avais une image en tête : celle d’un homme qui fouille, creuse la terre, et finit par faire exploser une bombe enfouie au plus profond. Je voulais symboliser cette idée qu’en creusant dans le passé, en remontant aux origines, on prend le risque de mettre à jour des secrets au potentiel... explosif. 

Par ailleurs, j’avais été marquée par cette façon si singulière qu’avait Claude Sautet, un réalisateur à qui je voue une admiration sans bornes, de filmer les hommes au travail. J’avais notamment le souvenir des scènes de chantier dans César et Rosalie, où Yves Montand est ferrailleur. J’aimais l’énergie qu’elles dégageaient et j’ai donc d’abord imaginé Erwan en chef de chantier. Puis l’idée a fait son chemin... Faire d’Erwan un démineur était l’occasion de filer cette métaphore, tout en découvrant un métier fascinant et finalement assez rare au cinéma... 

Jusqu’à ce qu’il apprenne l’existence de son père biologique, on sent Erwan dans un état de contrôle permanent. 

Dès la première image du film, lorsqu’il apparaît en combinaison de démineur, on comprend que cet homme est parfaitement maître de lui. Il gère aussi bien les débordements de sa famille que les risques d’explosions inhérents à sa profession. Il avance, il est toujours en mouvement jusqu’à ce que la nouvelle l’assoit. Littéralement. À partir de là, il va devoir fendre l’armure et lâcher prise. 

Pour les besoins du film, j’ai assez vite rencontré un vrai démineur, Heiko, dont la vie a également nourri le personnage d’Erwan. Après avoir accompli de nombreuses missions en Irak et en Afghanistan, Heiko a décidé de renoncer à se rendre dans des pays en guerre à la demande de sa fille qui craignait pour sa vie. Grâce à nos conversations, j’ai pu imaginer ce que cela pouvait représenter pour une très jeune fille comme Juliette, d’avoir un père qui chaque jour risque sa vie. 

La première réaction d’Erwan est de se rendre chez une détective pour lui demander de retrouver son vrai père. À aucun moment, pourtant, il ne remet en cause la tendresse qu’il a pour Bastien, l’homme qui l’a élevé et qu’interprète Guy Marchand. 

Pourquoi rejetterait-il du jour au lendemain celui qu’il a pris toute sa vie pour son père ? Soit celui-ci est au courant et n’en a jamais parlé pour le protéger ; soit il ne sait rien et ce serait sans doute terrible pour lui de l’apprendre. Erwan ne ressent aucune colère contre son père, la violence de l’annonce, c’est à lui-même qu’il l’inflige en commettant une imprudence qui manque lui être fatale... 

La détective qu’il engage fait plus penser à une psychanalyste qu’à un privé. 

Absolument et c’est volontaire ! Qu’est-ce qu’un psychanalyste au fond, sinon une personne que vous payez pour vous accompagner, vous guider dans une enquête que vous menez sur vous-même ? À au moins une différence près : un détective a pour mission de vous donner des réponses, là où un psychanalyste vous conduit la plupart du temps à vous poser encore et toujours d’autres questions... 

Joseph, le père biologique d’Erwan, interprété par André Wilms, est très différent de Bastien, qui l’a élevé. 

C’est un intellectuel, un ancien militant. Il est plus aérien que Bastien qui, lui, est un vrai terrien - un homme finalement assez simple qui aime piloter son bateau et nourrir les gens qu’il aime. La première fois qu’Erwan et Joseph passent du temps ensemble, Erwan est fasciné par ce nouveau père à la jeunesse intense et passionnée. « Moi qui pensais que j’avais une famille des plus banales », lui dit-il : il se découvre une nouvelle histoire familiale et se sent porté par elle. C’est comme une renaissance. 

Mais au fond, Joseph et Bastien se ressemblent... Ils ont notamment en commun d’avoir leur vie derrière eux, la nostalgie, l’isolement, la solitude. C’est l’une des choses qui me touche le plus au fond dans cette histoire, toutes ces solitudes qui se croisent, se rencontrent ou s’entrechoquent : Juliette, la fille d’Erwan, Didier le cas social. Anna, la fille de Joseph, dont Erwan va s’éprendre, est également très seule... 

Vous l’avez inventée de toutes pièces. Pourquoi avoir souhaité mettre cette demi-sœur sur la route d’Erwan ? 

Elle s’est imposée comme une évidence, car selon moi il manquait une femme dans le récit de mon ami, une femme intimement liée à son intrigue. Et puis j’étais tentée de me frotter à la comédie romantique... Quand Erwan découvrira-t-il qu’Anna est sa demi-sœur ? Quand le comprendra-t-elle ? Se sortiront-t-ils de cette impasse ? Autant de situations propices au quiproquo, c’est jubilatoire pour un auteur. Et puis j’aimais, par ailleurs, l’idée de mettre en scène les rapports dans lesquels Anna et Joseph sont empêtrés : Anna est la gardienne de son père, ces deux-là forment pratiquement un couple. 

Comme Erwan en forme un avec sa fille... 

Absolument... C’est que dans cette histoire de pères, les mères (l’une morte, l’autre partie) brillent par leur absence, et c’est dans ce vide qu’elles ont laissé qu’Œdipe s’est confortablement installé... L’enjeu commun de Juliette et d’Anna est de redonner à leurs pères leur place de pères, afin de pouvoir s’en détacher. À vingt ans comme à quarante, ça n’est pas une mince affaire... Alors quoi de pire, lorsqu’on est déjà symboliquement « la femme de son père », que de devoir faire face à plus grand tabou encore : l’inceste fraternel ?! En tombant amoureuse d’Erwan, Anna se confronte à la quintessence de l’amour impossible, et c’est comme une ultime épreuve dans son odyssée personnelle... sa petite tragédie des Atrides ! 

Anna semble aussi forte que Juliette, la fille d’Erwan, semble fragile. 

Anna, qui vit dans un patelin et ne soigne que des gens âgés, a encaissé pas mal de déceptions amoureuses, souvent avec des hommes mariés - en province, ce n’est pas simple de faire de nouvelles rencontres. Elle est sur la défensive mais n’a pas de temps à perdre, alors lorsque ce type un peu hors normes (un démineur tout de même !), lui met le grappin dessus, elle saisit sa chance et baisse la garde assez rapidement. Pour une femme de quarante ans qui visiblement souffre de n’avoir pas eu d’enfant, l’amour peut aussi trouver une partie de sa source dans une sorte d’urgence, un instinct vital... 

Juliette a quant à elle encore un pied en enfance. Même si elle se montre assez mature dans son travail, elle est incapable de s’appliquer à elle-même les conseils qu’elle prodigue aux cas sociaux dont elle s’occupe. Elle revendique ainsi sa capacité à élever seule un enfant, tout en dépendant de son père. Tous ces êtres au fond sont pétris de contradictions. 

On a le sentiment que le tsunami provoqué par l’arrivée du deuxième père d’Erwan va indirectement contribuer à remettre de l’ordre dans la vie de tous ces gens. Au moins dans celle de Juliette et de son père. 

Jusque-là leurs relations allaient un peu à la va-comme-je-te-pousse. Mais au regard de ce qu’il traverse, Erwan prend conscience de la nécessité pour tout un chacun de savoir, autant que possible, d’où il vient. En lui mettant la pression pour qu’elle retrouve le géniteur de son enfant, Erwan joue enfin son rôle de père... En se confrontant à sa propre histoire, Erwan bouleverse celle des autres et pose les bonnes questions. Y-a-t-il un père idéal ? Est-il celui qui vous a élevé ? Engendré ? Peut-on se choisir un père, des pères ? Ou bien est-il préférable de pardonner ses manquements à celui qui vous a pris pour fils ? Se pose aussi la question de l’héritage, génétique ou occasionnel : de qui tient-on quoi ? Au fond, que choisit-on vraiment ? 

Le secret tient une place importante dans votre cinéma. 

Je dirais plutôt qu’il s’agit de non-dits. Chacun en sait finalement beaucoup sur l’autre sans forcément le verbaliser : il y a une forme de pudeur à ne pas dire les choses, et puis dans cette histoire, personne n’a envie de perdre personne : l’amour et la bienveillance circulent constamment entre les personnages. Au fond c’est un film très tendre, je le revendique à cent pour cent. 

Les pères, notamment, sont assez merveilleux : malgré la souffrance que cela suppose, Bastien comme Joseph autorisent leurs enfants à partir : ils les émancipent. 

La paternité de Bastien a beau s’être fondée sur un mensonge, elle n’en est pas moins forte, au contraire même, et il saura le lui prouver... Joseph, lui, a bien conscience d’être un boulet pour sa fille mais ne peut pas se passer de sa compagnie. L’irruption d’Erwan dans sa vie lui donne un second souffle et lui permet de retrouver sa juste place auprès d’Anna, de se rapprocher d’elle pour mieux s’en détacher, la libérer... 

Comme toujours dans vos films, le ton oscille entre gravité et comédie. 

Il n’était pas question de traiter ces questionnements très sérieux sur le mode du drame. Ôtez-moi d’un doute est une double comédie romantique, l’une, finalement assez classique, qui met en scène une histoire d’amour impossible entre un homme et une femme, l’autre, moins convenue, entre deux hommes - un père et son fils - qui apprennent à s’apprivoiser. 

D’où vous vient cette passion pour les gags qu’on trouvait déjà dans vos deux précédents longs métrages ? 

Sans doute d’un amour très ancien pour Pierre Richard ! Entre deux Claude Sautet, j’ai été nourrie, entre autres, aux films de Gérard Oury et Francis Veber : La Carapate, Les Compères font partie de mes références en termes de comédie. À un moment dans Ôtez-moi d’un doute, le regard atterré que porte François Damiens sur le personnage incarné par Esteban me fait irrésistiblement penser à celui de Depardieu sur Pierre Richard dans La chèvre : c’est pour moi assez jubilatoire ! 

Dans Ôtez-moi d’un doute, on retrouve la fantaisie - une autre de vos marques de fabrique – mais moins d’onirisme. 

Je suis sortie du monde de l’enfance qui se prête davantage au rêve. Ôtez-moi d’un doute est un film d’adultes, ancré dans la réalité. C’était une volonté de ma part de mettre en scène des adultes et non plus des enfants ou des adolescents (Même si en chaque acteur disons « adulte », l’enfant n’est jamais bien loin). Esteban, qui joue Didier, est sans doute le personnage le plus fantaisiste du film. 

Vous usez énormément de métaphores... 

Oui, je les assume pleinement lorsqu’elles nourrissent la comédie, comme par exemple, celles des hippocampes, les seuls animaux dont ce sont les pères qui incubent les œufs et mettent leurs petits au monde... Aussi, chacun des personnages évolue dans un environnement qui le raconte : Bastien sur son chalutier à l’équilibre instable, soudainement privé d’en tenir la barre ; Joseph dans sa petite maison aux murs couverts de posters d’une époque révolue ; Anna à son cabinet médical, s’occupant des autres bien mieux que d’elle-même ; Juliette, un pied dans la vie active à son bureau, et l’autre encore dans l’enfance, chez son « papa » ; Et enfin Didier, le seul à n’avoir aucun lieu à lui, si ce n’est sa vieille bagnole qui ne roule pas et dans laquelle ne s’entassent que l’encombrant et l’inutile... 

Et c’est un peu comme si Erwan jouait un rôle de trait d’union entre eux. 

Oui... Erwan est de tous les décors, il va sans cesse de l’un a à l’autre, au volant de sa voiture... 

Pourquoi avoir choisi de situer le film en Bretagne, plus précisément dans le golfe du Morbihan et sur la rivière d’Etel ? 

L’histoire de mon ami se situait dans cette région et la Bretagne me semblait propice aux secrets, au mystère. La Bretagne a quelque chose d’ancestral du fait de son littoral très découpé, érodé... Et puis avec ses variations incessantes, je savais que la météo de cette région serait une mine de métaphores sentimentales... Mon scénario terminé et avant d’entrer véritablement en préparation, je m’y suis rendue avec mon premier assistant et ces journées de pré-repérages ont encore fait évoluer l’histoire. C’est en passant devant la carrière d’Elven que j’ai imaginé que le principal chantier d’Erwan aurait pour décor ces immenses cratères rocheux et dunes de sable, parsemés de pins. Ce lieu où coexistent le minéral et le végétal, l’ancestral et le sensible, est une métaphore parfaite du chantier émotionnel qu’Erwan traverse tout au long du film. Et c’est aussi en découvrant l’épave fantomatique d’un chalutier échoué que j’ai choisi de faire de Bastien un ancien marin pêcheur- jusque-là, il n’était qu’un simple plaisancier. 

Parlez-nous des acteurs. Aviez-vous déjà François Damiens en tête au moment de l’écriture ? 

Je m’efforce de ne pas penser à un acteur précis à ce stade. Il m’arrive en revanche de songer à des comédiens qui ne sont plus là - avec mes scénaristes, nous avons beaucoup pensé à Yves Montand pour ce film : il est important d’avoir la même référence en tête lorsqu’on travaille à plusieurs. Arrivée au choix de l’interprète, François Damiens s’est vite imposé : il est l’un des rares de sa génération qui ait à la fois un physique imposant et une fragilité presque enfantine. Pour Anna, je voulais une actrice qui dégage une force apparente, une virilité disons... « érotique », une certaine maturité aussi : elle devait pouvoir affronter Erwan. Et puis j’avais depuis très longtemps envie de travailler avec Cécile de France. Ces deux-là se ressemblent au fond : Anna, comme Erwan, se veut maître de ses émotions, mais elle est évidemment bien plus fragile qu’elle n’en a l’air, tout comme Alice de Lencquesaing qui joue Juliette, et qui est à mon avis l’une des meilleures actrices de sa génération. 

Je me souviendrais toujours de l’enthousiasme de mes collaborateurs ainsi que des autres comédiens lorsque je leur ai annoncé qu’André Wilms avait accepté le rôle de Joseph. Cécile entre autres, rêvait de travailler avec cet acteur aussi à l’aise sur les planches que chez Kaurismaki, et François est immédiatement tombé sous son charme, ce qui a sans aucun doute participé à nourrir leur complicité à l’image. Pour le rôle de Bastien, j’avais envie d’un acteur porteur d’une image disons plus « populaire » : Guy Marchand est une figure incontournable du cinéma et de la télévision, j’ai l’impression d’avoir grandi avec lui, si bien qu’il était simple pour moi de l’imaginer dans le rôle du père d’adoption d’Erwan - celui qui a toujours été là... Quant à Esteban, je l’avais repéré dans le dernier film de mon amie Solveig Anspach L’effet Aquatique, dans lequel il incarnait un caissier irrésistible de drôlerie... 

Vous évoquiez le cinéma de Claude Sautet, qu’est-ce qui vous inspire chez lui ? 

Sa capacité à filmer les non-dits, son usage de la pluie, des figurants, son énergie et la simplicité apparente avec laquelle il met en scène ses acteurs... qui n’est vraiment qu’apparente. Sautet était un perfectionniste, un esthète, hyper précis, le roi du champ-contrechamp ; des contrechamps extrêmement étudiés. Claude Sautet a été présent dès l’écriture, il ne m’a pas quittée un instant pendant ces trois années de travail, c’était comme un... père spirituel que je me serais choisi. J’ai demandé aux comédiens et à toute mon équipe de revoir ses films, j’ai relu de nombreux entretiens dans lesquels il expliquait à quel point il pouvait devenir dingue (contre lui-même avant tout) lorsqu’il avait le sentiment qu’une scène ne fonctionnait pas parce que – par exemple - la caméra n’était pas exactement à la bonne place. Moi-même, il m’est arrivé, beaucoup plus que sur mes précédents films, de faire preuve d’impatience, de nervosité sur le plateau : ne rien lâcher au tournage pour n’avoir rien à regretter au montage, malgré la sensation souvent de manquer de temps... Mais cet inconfort est parfois salvateur... le manque de temps oblige à se concentrer sur l’essentiel. 

Parlez-nous du tournage. 

C’était un tournage compliqué pour moi, avec beaucoup de décors, en extérieur, beaucoup de personnages et surtout des acteurs très différents les uns des autres. François Damiens est un acteur instinctif qui tend à vouloir se contrôler. Il évolue face caméra dans une sorte de contradiction permanente qui le fragilise et le fait parfois souffrir je crois, mais qui le rend aussi terriblement touchant. C’était un rôle difficile et nous avons beaucoup bataillé sur le plateau lui et moi, mais en confiance toujours, et avec beaucoup d’affection au fond. Cécile est quant à elle d’humeur constante, concentrée, mais néanmoins toujours surprenante : sensible, elle est à l’écoute et très généreuse avec ses partenaires, un allié précieux pour un metteur en scène ! André Wilms et Guy Marchand sont également très différents l’un de l’autre, dans leurs tempos, leurs physiques, leurs caractères, bien trempés certes, mais toujours à l’écoute. Guy est facétieux, je crois qu’il s’amuse énormément à jouer la comédie. André a une voix singulière, un rythme bien à lui et une énergie incroyable, si bien que je n’ai eu de cesse de lui demander de ralentir son pas ainsi que son débit de paroles... Le rôle de Joseph était pour lui une véritable composition, car au fond, André n’a rien d’un « vieux monsieur » ! 

Comment travaillez-vous avec vos acteurs ? 

Avant le tournage, je leur raconte l’histoire de leur personnage, et leur concocte même des CD musicaux avec des titres qui me semblent refléter leur personnalité. Ma fille de Serge Reggiani pour Erwan, Life Made Me Beautiful at Forty d’Eartha Kitt pour Anna, Father and Son de Cat Stevens pour Bastien, Le Temps des cerises pour Joseph, entre autres... Certains s’en servent, d’autres ne l’écoutent même pas. Mais peu importe, ça me sert à moi aussi, à m’approprier mes personnages, à leur trouver une musique... Aussi, la costumière, Isabelle Pannetier m’a beaucoup aidée à les incarner : une paire de lunettes, une canne, un blouson... il suffit parfois d’un élément tout simple pour que l’acteur trouve son personnage... 

J’ai organisé une rencontre (très émouvante) entre François Damiens et mon ami, à l’origine de cette histoire. François a aussi trouvé conseil auprès d’Heiko, le démineur, qui lui a indiqué les bons gestes sur le tournage... 

Sur le plateau, je fais des mises en place mais je répète peu. Je suis très précise dans mes indications, aussi bien sur les déplacements que dans les intentions de jeu... Je veux tout contrôler en fait !... Mais je suis aussi très à l’écoute des propositions des acteurs et heureuse quand en fin de journée, j’ai su me laisser surprendre et saisir l’inattendu... 

On sent que vous préparez énormément en amont. 

Je story-boarde tous mes films – des dessins très moches que je distribue à toute mon équipe. Je peux consacrer quatre mois à découper mon film seule avant que ne commence la préparation officielle. Je le déconstruis ensuite avec mon chef opérateur. Avant d’arriver sur le plateau, j’ai au moins trois ou quatre versions du découpage, qui peut à nouveau être remis en question le jour-même. Encore une fois il s’agit pour moi d’être hyper préparée pour savoir accueillir tout ce que je n’avais pas imaginé d’une scène... 

C’est votre première collaboration avec le chef opérateur Pierre Cottereau. 

Autant je suis restée fidèle à un noyau dur – mes producteurs, mes scénaristes, mon premier assistant et quelques autres - autant j’aime aussi bousculer mes habitudes. Pierre Cottereau et moi nous étions croisés il y a longtemps et, en nous retrouvant, nous nous sommes découvert des références communes, une même passion pour Sautet. Je savais que c’était un très bon cadreur et qu’il avait une grande force de propositions. Autant j’ai un certain besoin d’être en contrôle, autant je n’ai jamais peur de confronter mes idées à celles des autres, au risque qu’elles soient meilleures que les miennes... 

C’est également la première fois que vous travaillez avec la monteuse Christel Dewynter. 

Une rencontre ! Christel a un grand sens du récit et n’a jamais peur de bousculer la narration du film, quitte à tout remettre en question. La comédie se joue à très peu de choses, parfois à l’image près, à un clignement d’œil du comédien. Il faut savoir prendre du recul, mettre parfois quelques jours de distance pour pouvoir trancher dans le vif des scènes pour lesquelles on a une certaine complaisance. Après un tournage éprouvant, le montage fut joyeux et toujours constructif. Notre mot d’ordre était : « on ne lâche rien ! ». Et jusqu’au bout on s’y est tenues, ensemble, sous le regard bienveillant de mes producteurs, Antoine Rein et Fabrice Goldstein, qui après Du vent dans mes mollets, m’accompagnent avec talent pour la deuxième fois sur un projet. 

La musique, composée par Eric Slabiak, joue un rôle très important dans le film. 

Je tenais à utiliser le Concerto pour mandoline de Vivaldi, au début du film, tout à la fois empreint d’une forme d’urgence et d’une apparente légèreté : il m’avait bouleversée, enfant, dans L’Enfant sauvage de François Truffaut et plus tard dans Kramer contre Kramer, un autre film sur les relations père/fils. Le Papageno de Mozart, était là aussi dès l’écriture. 

Il n’a pas été facile pour Eric de trouver sa place entre toutes ces musiques classiques. Il est arrivé tôt au montage et sa force de proposition a été essentielle : c’est à force d’allers-retours entre son studio et notre salle de montage que nous avons fini par trouver un juste équilibre entre sa composition et la nôtre. Toujours dans le désir de nous inspirer de l’énergie des films de Sautet, nous avions réécouté les musiques que Philippe Sarde avait composées pour lui. Assez vite, pourtant, nous avons choisi de nous en distancier : Ôtez-moi d’un doute avait finalement effectué une légère glissade vers l’univers de certaines comédies sentimentales des années soixante-dix/quatre-vingt – comme Tout feu tout flamme de Jean-Paul Rappeneau. La ritournelle écrite par Michel Berger pour ce film a d’ailleurs inspiré l’un des principaux thèmes d’Ôtez-moi d’un doute


ENTRETIEN AVEC FRANÇOIS DAMIENS
Otez-moi d'un doute François Damiens

L'adultère paternel

J’avais beaucoup aimé les deux précédents longs métrages de Carine, des histoires très simples vues de l’extérieur mais très complexes dès que la caméra s’immisce à l’intérieur. C’est rare qu’un cinéaste ose poser son objectif au sein de l’intimité familiale. Et passionnant. 

J’ai trouvé très audacieux cette façon de boucler la boucle. En lisant le scénario, tellement dense, ma seule crainte était que le spectateur ait du mal à suivre ; j’avais l’impression que Carine voulait verser deux litres dans une bouteille qui n’en contenait qu’un seul. Dans la vraie vie, on trouve souvent une foule de gens forcés de cohabiter avec les tensions que cela suppose et les touches d’humour qui vont parfois avec. Mais, bêtement, je trouvais osé de transposer cela dans la fiction. Carine me répétait « Fais-moi confiance ». Elle avait raison. 

Le film est tiré d’une histoire qu’a vécue un de ses amis. L’avez-vous rencontré ? 


Nous nous sommes vus à Paris pendant la préparation du film. Ses premières paroles m’ont scotché : « Je vais te raconter une histoire qui va te sembler parfaitement anecdotique et même ennuyeuse à écouter, m’a-t-il dit, sauf que lorsque c’est à toi qu’elle arrive, ça ne fait plus du tout le même effet. » Et c’est exactement ça. En l’écoutant, de loin, on peut se dire : « Bon, c’est comme si le gars s’était cassé la jambe, il n’y a plus qu’à accepter et passer à autre chose. » Alors, qu’en fait, quand on se met vraiment à sa place, le truc est énorme : à cinquante ans, il y a tout à revoir. On a scié la base du bâtiment, et il faut le remettre d’équerre. Cela fait pas mal d’insomnies à gérer.... 

Erwan, votre personnage, entretient d’excellents rapports avec le père qui l’a élevé... 

C’est un type formidable, Bastien ! On a envie de le prendre dans les bras, certainement pas de le voir souffrir. Et c’est presque pire parce qu’en rencontrant Joseph, son père biologique, Erwan a l’impression de tromper celui qui l’a élevé. C’est comme s’il commettait un adultère paternel. 

Il est extrêmement séduit par ce nouveau père... 

Oui, ça colle bien entre eux. Joseph est radicalement différent de Bastien. Il a eu une vie romanesque, a vécu des tonnes de choses et, sans oser vraiment se l’avouer, Erwan aime qu’il soit son vrai père. Malgré tout, il essaie de partager équitablement son affection entre les deux hommes. Ce que j’aime, c’est que le film ne juge jamais les réactions des personnages. 

Un de mes amis m’asticote régulièrement: « Qu’est-ce qui te prouve, me demande-t-il, que ta maison est vraiment ta maison ? » Qu’est-ce qui me le prouve en effet ? On a tous tendance à tout prendre pour argent comptant dans la vie. Peut-être que 10 % des gens ignorent que leur père n’est pas leur père. Mais si l’on devait tout vérifier, on n’aurait pas assez de toute une vie pour le faire. Alors... 

Il y a une énorme bienveillance chez tous les personnages : Erwan, ces deux hommes, Anna.... 

Chacun respecte l’autre. Personne n’essaie de tirer la situation à son avantage et cela élève le propos. Parce qu’avec ce genre de sujet, on court très vite le risque de s’engouffrer dans l’inélégance. 

À partir du moment où Erwan apprend la vérité sur sa naissance, ses rapports avec Juliette, sa fille (Alice de Lencquesaing), changent complètement. 

Il prend conscience de l’importance d’un père dans une vie et donc de sa propre importance dans la vie de sa fille. Tout d’un coup, il se sent obligé de prendre les choses en mains et de la mettre elle-même en face de ses responsabilités : il veut lui faire dire qui est le géniteur de l’enfant qu’elle attend pour que sa petite-fille puisse prendre un bon départ dans la vie. Il veut savoir qui est qui. C’est courageux et touchant. Peu de gens osent aller gratter si loin. 

Parlez-nous du métier de démineur qu’exerce votre personnage ? 

Au départ, Erwan a dû choisir cette profession pour l’adrénaline mais finalement c’est dans sa vie intime qu’a lieu la vraie déflagration. À partir de là, son activité passe au second plan. Les bombes vraiment dangereuses sont celles qui menacent sa famille. 

On a le sentiment qu’il révèle tous les autres personnages à eux-mêmes : Bastien, son père officiel, Joseph, son père biologique obligé de reconsidérer sa relation avec sa fille Anna, Juliette.... 

C’est un peu comme dans une partie de cartes. Il suffit qu’un des joueurs ne triche pas pour empêcher les autres de le faire. C’est douloureux pour eux mais ils n’ont pas le choix. Mon personnage impose la transparence à tout le monde et il a raison de le faire. On sent toujours lorsqu’il y a des secrets qui traînent dans une famille : même si on ne parvient pas à les identifier, ça ne sonne pas juste. 

Il est attiré par Anna et la fuit constamment... 

Dans la situation où il se trouve, comment faire autrement ? 

Au fil des événements, Erwan ne cesse d’agir tout en perdant de plus en plus le contrôle... 

Ce qu’il se prend sur la tête est quand même énorme ! Mais il continue d’avancer avec la même détermination. J’aime beaucoup son parcours : c’est rare d’avoir à jouer un personnage dans un scénario aussi abouti, aussi juste. Tout se tient. Et au moment où cela pourrait devenir trop douloureux, où les relations d’Erwan avec Joseph, Anna et Juliette pourraient devenir indigestes, hop, le film balance vers le rire, la légèreté, la poésie et fait aller l’intrigue là où on ne l’attendait pas. 

Comment avez-vous travaillé votre personnage ? 

J’ai beaucoup parlé avec Carine et les autres comédiens. Elle insistait surtout sur le fait que nous connaissions parfaitement notre texte pour que nous soyons le plus naturel possible. Nous avons fait pas mal de lectures. Carine nous avait demandé de visionner César et Rosalie de Claude Sautet et avait aussi donné à chacun d’entre nous un CD avec des musiques qui collaient à nos rôles. 

Quels sont les titres qui vous ont marqué dans celui qu’elle vous a donné ? 

Certaines chansons de Cat Stevens et Ma fille de Serge Reggiani. Mais c’est le fait de tourner en Bretagne qui m’a le plus aidé à rentrer dans le personnage : les paysages et la personnalité des gens de là-bas. Je connais bien cette région que je fréquente depuis trente ans, André Wilms y a une maison. Tout en étant plutôt cash, lui et moi partageons le côté pudique et taiseux des Bretons. Ce sont des gens qui ont du mal à montrer leurs sentiments et c’était intéressant pour le jeu. On imagine très bien que le Breton-type n’éprouve aucune envie d’aller mettre son nez dans cette histoire et, en même temps, il a envie de savoir. C’est tout le paradoxe de ces gens. 

Carine Tardieu raconte qu’elle vous a choisi à la fois pour votre physique, impressionnant, et votre fragilité... 

On s’imagine toujours que les types un peu baraqués avec des cheveux courts et qui la ramènent sont des gros durs, alors qu’ils sont souvent très gentils. Ils se servent de leur corpulence comme d’une armure. Ils se protègent. Je suis exactement comme ça dans la vie. Impressionnant dehors, impressionné dedans. 

Comment s’est déroulé le tournage ? 

De façon assez houleuse parce que Carine et moi avions deux façons radicalement différentes d’appréhender les choses. Elle aime tout contrôler. Moi, au contraire, j’adore travailler à l’instinct. Mon texte en bouche, habillé et maquillé, j’aime qu’on me laisse faire. Carine ne travaille pas comme ça. Avec elle, c’est comme pour la pâtisserie : au gramme près. J’avais l’impression de perdre de mon naturel. Il me semblait qu’on se barrait la route aux accidents, toutes ces petites choses qui peuvent apporter un plus. 

Comment cela se matérialisait-il ? 

Je trouvais qu’elle me donnait trop d’indications sur mes déplacements. À force de les mémoriser, je finissais par leur prêter plus d’attention qu’au jeu, j’avais tellement d’informations dans le cerveau que je me regardais jouer. Je ne jouais plus, quoi ! Un jour, elle m’a dit « Tu fabriques ! », j’ai explosé : « Je fabrique ? Mais c’est toi qui me fais fabriquer ! » Je m’énervais, on s’énervait, on partait s’expliquer dans un coin. J’essayais d’obtenir certaines choses, elle acceptait de petites concessions, on aurait pu discuter comme ça pendant dix ans. Mais cela n’était jamais méchant ni personnel et cela ne nous a jamais empêché de boire un verre ensemble le soir. C’était marrant et intéressant- un vrai travail. 

Il m’arrive parfois d’avoir l’impression d’aller à la plage quand je fais un film. Là, j’allais vraiment travailler sans jamais savoir le matin comment allait se dérouler la journée- elle non plus d’ailleurs. Je me rendais bien compte que je la fatiguais et cela m’embêtait parce que je me disais qu’elle ne pouvait pas mettre chez les autres l’énergie qu’elle dépensait avec moi mais je n’arrivais pas à faire autrement. En m’amenant sur un terrain qui ne m’était pas confortable, elle me déstabilisait aussi. Peut-être est-ce parce que je n’ai pas étudié la comédie, j’ai une façon de faire peu académique, qui m’est propre. Je travaillais de gros traits au fusain quand Carine dessine avec la précision d’une architecte. Heureusement, elle ne rencontrait pas ces difficultés avec les autres acteurs. 

Quelle a été votre réaction lorsque vous avez vu le film fini ? 

Si je l’avais vu avant de le tourner, je lui aurais fichu un peu plus la paix. Je me suis excusé d’ailleurs. 

C’est la première fois que vous tournez avec Cécile de France. 

Je savais que ce serait une vraie rencontre, avant de la rencontrer. Au bout de deux minutes, c’est comme si nous étions de vieux amis qui se retrouvaient après vingt-cinq ans d’absence. 

On a le sentiment que, depuis quelques années, vous vous éloignez de plus en plus de votre carrière d’humoriste. Même Dany, votre premier long métrage à la réalisation actuellement en montage, est une comédie dramatique. 

Je ne me pose pas de questions, je vais là où j’ai envie d’aller et, franchement, j’ai toujours autant de plaisir à tourner une comédie qu’un drame. La difficulté est de trouver les bonnes comédies et les bons drames. C’est comme la bonne cuisine, c’est plus facile quand les bons ingrédients sont là. 

Par contre, j’essaie de m’étonner, d’aller là où ça me fait peur. Je ne sais pas si je vais réussir à relever le challenge mais le seul fait qu’on me le propose me semble déjà être un cadeau. C’est comme cela que j’ai pris la proposition de Carine Tardieu lorsqu’elle m’a offert le rôle d’Erwan. J’ai pensé : « J’ai peur mais je sais que je peux lui faire confiance. » En fait, elle a dû me rassurer durant tout le tournage. 

CARINE TARDIEU

BIOGRAPHIE

Otez-moi d'un doute Carine Tardieu

Après des études d’audiovisuel à Paris, Carine travaille en tant qu’assistante réalisateur sur de nombreux films et téléfilms, puis comme scénariste pour la télévision. Entre 2002 et 2004, elle réalise deux courts-métrages multiprimés dans les festivals internationaux. 

Les Baisers des autres puis L’Ainé de mes soucis qui remporte le prix du public au Festival de Clermont-Ferrand. Elle est repérée par Christophe Rossignon (Nord-Ouest Productions) qui produit en 2007 son premier long-métrage La Tête de maman coécrit avec Michel Leclerc. Pour son deuxième long-métrage, elle adapte le roman Du vent dans mes mollets avec son auteure Raphaële Moussafir. Sorti en 2012, le film est produit par Antoine Rein et Fabrice Goldstein (Karé Productions), qui l’accompagnent à nouveau sur son troisième métrage. Ôtez-moi d’un doute coécrit avec Raphaële Moussafir et Michel Leclerc, sort en France le 6 septembre 2017. 


FILMOGRAPHIE

2012 - Du vent dans mes mollets

2007 - La Tête de maman

2004 - L’Aîné de mes soucis (court-métrage) 2003 - Les Baisers des autres (court-métrage) 


ENTRE FEEL GOOD MOVIE ET COMÉDIE

REVUE DU WEB

Cinématraque >>> Papa, où t’es? 
La grande force d’Ôtez-moi d’un doute, c’est de ne pas uniquement se reposer sur son enchaînement de coups du sort rocambolesque, mais d’utiliser sa véritable galerie de gueules pour y rajouter une dose de folie. Les répliques fusent, toujours à la limite du nonsensique, mais avec suffisamment de modération pour ne pas en rajouter à un dispositif en lui-même déjà suffisamment artificiel. L’ensemble vire rapidement au joyeux jeu de l’amant dans le placard, ou plutôt du papa pour être plus précis. On rit (beaucoup), qui plus est quand le film frôle le dérapage incestueux (veuillez excuser l’auteur de ces lignes, originaire des Hauts-de-France), on s’attache et on se laisse prendre par le mouvement en se demandant comment tout ce foutoir va bien finir par retomber sur ses pieds. Et même si la fin ouverte laisse certaines questions en suspens, la trame est suffisamment solide pour tenir debout jusque dans sa dernière ligne droite.

France Bleu >>> Entre feel-good movie et comédie, Otez-moi d'un doute a déjà séduit le public du festival de Cannes par sa légèreté, sa tendresse et sa grande humanité. Un joli film plein de bonnes ondes à découvrir au cinéma à la rentrée de septembre.


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