Marquis de Sade, retour de flamme

« Marquis de Sade is not dead » par Hervé Portanguen

Le Marquis de Sade revient ! Non pas le divin marquis, l’écrivain qui nous met à la torture, mort il y a plus de deux siècles… mais le groupe post punk, fondé il y a précisément quarante ans ! Le 16 septembre 2017 au Liberté, le groupe composé de Philippe Pascal, Frank Darcel, Thierry Alexandre et Éric Morinière renaîtra le temps d’un concert unique, à guichet fermé, pour 3000 fans. KuB s’est glissé dans les répétitions et a recueilli les impressions des musiciens.

reconstruction spectacle
MARQUIS DE SADE IS NOT DEAD

Dominique A a pleuré et chanté au pied de la scène, Étienne Daho et Pascal Obispo étaient aussi de la partie, parmi les trois mille spectateurs présents au Liberté le samedi 16 septembre 2017. Le public a été transporté par un spectacle puissant convoquant la mémoire des quatre décennies passées, tout en étant éminemment planté dans le présent.

L’avant veille du concert, KuB était présent au filage pour saisir les premières images du groupe en scène depuis 36 ans ! C'était à l’Ubu en présence de quelques amis et membres de l’ATM, dont Jean-Louis Brossard himself .

L’idée de ce concert a surgi l’hiver dernier, quand Patrice Poch a annoncé au groupe une expo à venir aux Ateliers du Vent et la sortie d’un ouvrage, tout deux intitulés Marquis de Sade 1977-2017. L’expo réunit vingt quatre plasticiens, français et belges, illustrant chacun un titre du répertoire du groupe. Elle est organisée par la biennale Teenage Kicks avec Poch Records, jusqu’au 8 octobre.



Voici le teaser du sujet actuellement en cours de montage à KuB, tourné par Hervé Portanguen en partenariat avec Le grand BaZH.art. Il vous sera présenté dans son intégralité début décembre, à l'occasion de la 39e édition des Trans Musicales.
L’aventure avait commencé en 1977 avec Pierre Thomas, Christian Dargelos et Frank Darcel. Philippe Pascal les rejoint très rapidement pour un premier concert à la Paillette en novembre de cette même année. En 1979, la formation se stabilise durablement avec Éric Morinière à la batterie et Thierry Alexandre à la basse autour du duo électrique : Philippe Pascal et Frank Darcel. Malgré un deuxième album sorti début 81, le groupe se sépare en avril. 

Quarante ans plus tard, la biennale Teenage Kicks et Poch Records décident de rendre hommage à Marquis de Sade en organisant une exposition invitant 24 plasticiens, français et belges, à illustrer chacun un titre du répertoire. À cette occasion, un ouvrage sera édité, relatant l’histoire du groupe et présentant l’exposition. Pour parfaire cet évènement, le groupe a accepté de se reformer, 36 ans après leur dernier concert. Philippe Pascal, Frank Darcel, Thierry Alexandre et Éric Morinière seront rejoints pour l’occasion par d’anciens et nouveaux compagnons de route, afin de revisiter les deux albums Dantzig Twist et Rue de Siam.

UN STYLE FROID, UN UNIVERS TOURMENTÉ

INTENTIONS

Hervé Portanguen raconte ici sa rencontre avec Marquis de Sade, telle qu’il l’a imaginée, telle qu’elle s’est produite. Une vidéo est en cours de montage à KuB, en partenariat avec Le grand BaZH.art !

1979, j’ai 18 ans, j’arrive à la fac à Rennes, l’année des premières Trans Musicales. Rennes s’éveille et quitte doucement la torpeur d’une ville de province endormie, où il ne se passait pas grand-chose. Je convoque mes souvenirs. Quelques jeunes à Rennes « font de la musique » : P38, Marquis de Sade, je découvre les groupes à la radio grâce à des animateurs comme Bernard Lenoir, Patrice Blanc Franquart sur Inter, Philippe Manœuvre… J’écoute du punk, du rock anglais et américain, je lis Rock&Folk et Best dont les photos tapissent ma chambre en cité U. Les Clash, Stiff little fingers, les Stranglers, the Jam, The Undertones, Joy division, Père Ubu, Nine nine nine, côtoient sur les murs Bowie, Led Zep, Dylan et un grand No Future au rouleau de peinture noire barrait le tout d’un bout à l’autre de la pièce. Les années 80 sont lancées. La new wave fait son apparition, avec The Cure, Simple Minds. 


À Rennes, un groupe post punk fait parler de lui : Marquis de Sade, au style froid, arty, funk aussi sur le deuxième album Rue de Siam. C’est l’époque du Ska : les noms de Philippe Pascal, Frank Darcel, Herpin et Paboeuf, se font de plus en plus entendre. La cold wave arrive : Marquis de Sade, Frakture, Complot Bromswick et d’autres s’imprègnent d’une esthétique, d’un lyrisme désenchanté.
Dans ce début des années 80, j’ai assisté à mes premiers concerts à la Cité, puis à l’Ubu. 

Aujourd'hui, les Trans Musicales sont devenues un rendez-vous incontournable au niveau européen. Les groupes viennent du monde entier.
La fameuse scène rock rennaise ! Je suis en voiture avec Frank Darcel lui-même, le guitariste de Marquis de Sade. C’est comme si j’avais à nouveau 18 ans et je suis là parce que Marquis de Sade (comme le punk !) "is not dead", et que 40 ans après, ils reforment le groupe pour un concert historique le 16 septembre 2017.
Philippe Pascal parle de l’esprit "Marquis de Sade", des paroles des morceaux, de son univers tourmenté, lui le passionné de l’œuvre noire d’Egon Schiele. Les musiciens échangent sur le son "Marquis de Sade", dans le contexte des années 80, parlent de certains concerts, comme leur première partie de The Cure... Le groupe se séparera en 1981. C’est le moment, là en 2017, d’évoquer cette période, de ce qui fait que le groupe rennais n’aura pas finalement cassé la baraque, comme d’autres rennais montés à Paris, leur copain Daho, le groupe Niagara...

Plongez dans les archives des années 80 !

REVUE DU WEB

Flashback sur des vidéos analogiques et dropées des années 80, avec trois prestations scéniques de Marquis de Sade, à voir sur Wiki Rennes et un reportage sur la scène rock rennaise qui place le groupe et ses musiciens au firmament de cette nouvelle constellation.

Wiki Rennes >>> Marquis de Sade est le groupe le plus représentatif de ce qu'on a appelé à partir de 1979 la scène rock rennaise. Ce courant musical du rock français répondait à la new wave anglaise dans un style où se mélangeaient aussi bien les influences du Velvet Underground, de la trilogie berlinoise de David Bowie (les albums Low, Heroes, Lodger), des vigoureux concerts des Stranglers (les albums Raven, No more Heroes), mais également du funk blanc des Talking Heads. Les autres meneurs de cette scène rennaise étaient Kalashnikov, Tohu Bohu, Ubik, Sax Pustuls, Niagara, Étienne Daho et d'autres, leur dénominateur commun étant le duo de saxophonistes Daniel Paboeuf et Philippe Herpin, que l'on entend sur quasiment chacun des albums de ces groupes, y compris bien sûr de Marquis de Sade. Le festival des Rencontres Trans Musicales de Rennes, qui existe toujours, est l'héritier de cette scène depuis sa première édition en 1979.

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