Le lapin philosophe

« Mon lapin bleu » de Gérard Alle

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En deux films réalisés à quatre ans de distance, l’écrivain et réalisateur Gérard Alle a tiré le portrait d’Yvonne, une bistrotière du Pays bigouden, et de ses clients. Mon lapin bleu la saisit dans l’exercice de ses fonctions et Al lapin a c’haloup bepred au temps de la retraite, à 82 ans.

En 2002, à Pouldreuzic, en Pays Bigouden, Gérard Alle tombe amoureux d’un bistrot de campagne et de sa tenancière : Yvonne.

Dix ans plus tard, il en conçoit un projet de film : Mon lapin bleu, portrait de la patronne et de ses clients. Un condensé d’humanité dans lequel chacun peut se reconnaître. Le film est un succès, tant son charme est communicatif. Le style de l’écrivain-réalisateur se marie à la perfection avec le monde d’Yvonne, spirituel et trivial. En 2016 sort un second film, Al lapin a c’haloup bepred (Le lapin bleu court toujours), épilogue tendre et généreux, en langue bretonne cette fois, et en tête à tête. Entre temps Yvonne a pris sa retraite.

Cette page a le bonheur de vous présenter conjointement ces deux films qui révèlent les deux faces d’une femme si éclairante, si attachante…

Édito : Serge Steyer

Auteur-réalisateur d’une trentaine de films depuis la fin des années 80, principalement des documentaires pour et avec la télévision publique (France Télévisions, Arte). Auteur d’articles et de dossiers papier pour Films en Bretagne, dont Photographie de l’activité cinématographie et audiovisuelle en Bretagne (2009) et Réinventons l’audiovisuel public (2013). Directeur ...

MON LAPIN BLEU

un film de Gérard Alle (2012 - 52')

En 2012, l’écrivain Gérard Alle caresse l’idée de faire son premier film au Lapin bleu. Son propos est savoureux. 

J’aime ce café plus que tout autre. Un endroit où tout le monde se dit bonjour et se parle. La patronne sert des petits rouges, vend du pain, moud du poivre dans son antique moulin, trouve le mot juste, la phrase qui sauve la journée. Elle est aussi une passionnée de littérature et de philosophie, et je suis très fier qu’elle apprécie mes romans. 
Elle s’appelle Yvonne. Et quand je lui demande pourquoi son café porte ce nom bizarre, elle me répond : Un jour, un monsieur est entré. Il avait de gros problèmes avec son fils. Pour le consoler, je lui ai dit : viens dans mes bras, mon lapin, tu sais, on est tous des petits lapins bleus qui marchent au bord de la route et qui risquent de se faire écraser par une de ces voitures qui roulent à toute vitesse et ne font attention à rien, mais heureusement, je suis là pour te recueillir, mon petit lapin bleu, pour toi la porte d’Yvonne sera toujours ouverte. – Mon lapin bleu ! Elle m’a appelé mon lapin bleu ! 


– Il a continué la tournée des cafés et il a répété ça, à droite, à gauche. Et c’est resté. Le comptoir est bas. C ’était la mode, dans le temps. Comme ça, quand les clients ont du chagrin, je peux les prendre dans mes bras, vous voyez ? 

J’ai découvert l’endroit en 2002. Avec le photographe Gilles Pouliquen, nous arpentions les campagnes bretonnes pour l’écriture d’un livre documentaire qui allait s’appeler Commerces de campagne. Et nous étions encore très loin de nous douter que cet ouvrage serait un succès de librairie. Lors d’une expédition dans le Pays bigouden, un type nous a interpellés, depuis le comptoir d’un vieux bistrot. II avait compris ce que nous faisions et nous traitait d’ignares. Pour lui, il n’y avait qu’un seul établissement qui valait la peine : Mon lapin bleu, à Pouldreuzic. 

Encore avait-il fallu, pour lui arracher ce renseignement, lui payer quelques coups. Quant à l’adresse exacte… Démerdez-vous ! Devant notre insistance ce fut sa seule réponse. Arrivés dans le bourg de Pouldreuzic, nous avons interrogé les habitants : Mon lapin bleu, ça vous dit quelque chose ? Bizarrement, personne n’avait l’air de connaître. Jusqu’au moment où nous avons croisé dans la rue un pépé qui nous a répondu sobrement, en indiquant du bout de sa canne la direction du nord : Kernoël, route de Pozévet.

Arrivés dans le hameau en question, nous avons examiné les façades de toutes les maisons : pas une seule n’arborait de panneau indiquant la présence d’un débit de boisson. II ne nous restait plus qu’à aller au hasard, frapper aux portes. Après avoir poussé l’une d’entre elles, nous sommes tombés sur ce décor incroyable de café-épicerie dans son jus. Plantée au milieu, Yvonne nous a pris tout de suite dans son giron : Je vous attendais. Et nous de bégayer : « Mais… mais… comment ? C’est pas possible !… Et y a rien d’indiqué, en plus. Triomphante, Yvonne a ajouté : Pour quoi faire ? Tous ceux qui viennent chez moi, c’est qu’ils le méritent. Nous étions babas, pris dans la nasse, définitivement conquis. 
Je suis retourné chez Yvonne très souvent, depuis. Nous avons sympathisé. Et j’essaie, autant que possible, de faire connaître l‘endroit à mes amis et aux gens qui, à mon avis, risquent d’y être sensibles. Chaque fois, il se passe de très belles choses ou des choses très étonnantes. Un jour, je m’y suis retrouvé, objet d’une émission de radio pour laquelle l’animatrice m’avait demandé de proposer un lieu original, et ce fut un véritable feu d’artifice. Une autre fois, avec Nedjma Berder, chef opérateur, qui adore Mon lapin bleu et habite, comme moi, pas très loin de là, nous avons posé une caméra, pour voir ce que cela donnerait à l’image. Et l’essai s’est avéré plus que concluant. De plus, la présence d’un micro ou d’un objectif lors de ces visites un peu particulières n’a semblé importuner personne. On s’est aperçu que pour les gens qui fréquentent l’endroit comme pour ceux qui le découvrent, c’est une évidence : Mon lapin bleu symbolise des valeurs essentielles, d’humanité et de solidarité, de calme et de sérénité. Des valeurs qui touchent tout le monde et qu’il est indispensable de transmettre, nous dit-on. 
Avec Nedjma, on s’est presque fait engueuler : Qu’est-ce que vous attendez pour faire un film ? Ensuite, on s’est forcément posé la question : un film sur Yvonne ou un film sur le café ? Mais on s’est vite rendu compte que l’un n’allait pas sans l’autre. Les paroles des clients croisent les commentaires philosophiques d’Yvonne, dont les habitués ne comprennent pas toujours le sens profond. Mais chacun écoute et en fait son miel à sa façon. Une phrase de Jean-Paul Sartre ou de Platon, prononcée tout en emballant une bouteille de rouge étoilée dans du papier journal d’un geste très professionnel. Et tout de suite après : Marcel, ça fera deux euros vingt-trois… Et ta sœur, au fait, elle est sortie de l’hôpital ? 
Nous sommes retournés en repérage, avec Nedjma, un dimanche d’hiver, et nous avons été définitivement convaincus, non seulement de la faisabilité du projet, mais surtout de l’urgence de faire ce film. Un client s’était suicidé. Chaque ancien qui entrait semblait accablé. Mais incapable de dire. Taiseux. Les prenant un par un, Yvonne mettait des mots sur leur douleur ou sur ce geste qui leur semblait incompréhensible. Et la partie de carte pouvait enfin commencer. 
L’instant aurait pu être tragique, et pourtant nous sommes sortis de la requinqués. Mon lapin bleu sauve l’être humain à la dérive, quand ça ne va pas très fort ou que ça va trop vite. Et quelque chose nous dit que cette fraternité est plus indispensable que jamais, peut-être parce qu’elle devient rare. Ça se passe là et pas ailleurs, certes, mais c’est bien un sujet universel. 
Mon Lapin Bleu, qui peut passer à première vue pour un lieu fermé, est en fait très ouvert sur le monde. Et c’est un autre sujet d’étonnement : Yvonne, comme ses clients, que l’on croit ancrés à ce bout de terre, presque englués, collés à ce bout de Finistère, ont très souvent vécu ailleurs, ou ont une relation avec un ailleurs qui peut s’appeler Paris, l’Allemagne, la Hollande, ou le Burkina Faso. 
Pour aller plus loin dans le projet, il convient de mieux identifier les différents fils conducteurs, afin de définir l’épine dorsale du film ; il faut bien appréhender les personnages secondaires, repérer leurs habitudes, gagner leur confiance, obtenir leur complicité ; il faut assimiler le déroulement de la semaine et de chaque journée. Il est donc indispensable de passer par un temps d’imprégnation et d’écriture.

>>> un film produit par Laurence Ansquer, Tita Productions

AL LAPIN A C'HALOUP BEPRED

un film de Gérard Alle (2016 - 26')

Après un succès phénoménal, qui a projeté Mon lapin bleu sur des centaines d’écrans, des îles du Ponant au Canada, Gérard Alle envisage une suite, fondée sur deux éléments nouveaux : le temps venu de la retraite pour Yvonne, qui vit toujours dans ce qui fut son café, et l’envie de l’entendre parler dans sa langue natale, le breton, pour l’amener à montrer une facette d’elle, plus intime. Ce second film s’intitule Al lapin a c’haloup bepred, écoutons Gérard Alle en parler :

Cela fait douze années qu’on se connaît, maintenant. Une relation de confiance s’est instaurée dès le début et s’est renforcée au fil du temps, entre Yvonne et moi. Nous échangeons souvent en français et parfois en breton. Longtemps, Yvonne a été un personnage public qui se mettait en scène chaque jour, dans son commerce. Son passé de comédienne dans la troupe locale où on l’appelait la Catherine Deneuve du Pays bigouden lui a permis de donner à son métier de bistrotière une dimension formidable.
Le café étant désormais désert, nous avons fait appel au romancier Yann Bijer pour le rôle de l’interlocuteur. Parce qu’Yvonne se sent en confiance avec lui, aussi parce qu’il pratique le même parler du Pays bigouden, avec la même truculence, une vivacité et un ton direct propres à une langue bretonne qui ne s’embarrasse pas de périphrases comme le français, et une bonne dose d’humour.

D’UN LAPIN L’AUTRE

Mon lapin bleu gerard alle bise

J’ai réalisé Mon lapin bleu en 2012, le parti-pris était de mettre le spectateur dans la situation d’un client, de lui faire vivre le quotidien du café. Yvonne y évoquait un peu sa philosophie du métier de tenancière, mais prise par son personnage public, elle n’abordait jamais son histoire personnelle. À mon grand étonnement, trois semaines après le tournage, elle m’annonçait l’arrêt de son activité. Quand je lui ai demandé si c’était à cause de nous, elle m’a répondu : Pour qui tu te prends ?
La complicité qui s’est établie entre nous (mais aussi avec le cadreur et le preneur de son), lors du premier tournage et en-dehors, et la situation nouvelle offerte par la fin officielle de l’activité commerciale permettent de passer à un autre stade : celui de la confidence. Revenir quatre ans après a permis d’aborder des sujets dont on ne parlait pas quand le bistrot existait encore… C’est tout l’intérêt de ce second documentaire, à l’instar de ce qu’a fait Raymond Depardon avec ses paysans, d’abord filmés en activité, puis en retraite des années plus tard : Yvonne était une sorte d’actrice, toujours en représentation.
Aujourd’hui, comment passe-t-elle ses journées ? Comment supporte-t-on la solitude quand on a été tenancière, donc personnage public ? Comment s’accommode-t-elle d’un pareil changement, elle qui disait ne pas avoir besoin d’aller voir le monde puisque le monde venait à elle ? Quels autres événements ont pu changer sa façon d’être, depuis sa jeunesse à l’ego qu’elle décrit comme multidimensionnel ?


L’emploi de la langue bretonne permet ici de passer un nouveau cap. Quand la langue française était celle de la représentation, la langue bretonne s’avère la langue de la confidence.
Dans Al lapin a c’haloup bepred, Yvonne se défend de tomber dans la nostalgie. Ce n’est pas le genre de la maison ! Pourtant, tout nous interpelle sur notre relation au temps qui passe. Yvonne nous parle des valeurs d’humanité et de la qualité des rencontres, de la magie de ces commerces de campagne. Elle croit tellement en ces valeurs qu’elle est persuadée que cette convivialité renaîtra sous d’autres formes… Espérons.
Trois ans après, c’est le même lieu. Il y a toujours le même comptoir bas, les mêmes étagères de bouteilles, mais les étagères qui recevaient l’épicerie, les boîtes de pâté Hénaff ou de langue de bœuf Larzul, les cigarettes, sont vides. Le rapport entre les images d’avant – avec le bistrot plein comme un œuf – et les images d’aujourd’hui, nous font ressentir le poids du temps qui a passé. Jusqu’aux traces de la sueur des paysans sur le dos des chaises…
Yann Bijer, romancier et conteur bigouden, dans le bar vide, tous deux assis à une table. Du temps du café, Yvonne était toujours vêtue du même vieux pull. Aujourd’hui, elle met du rouge à lèvres rose, assorti avec ses habits, et s’habille plus « chic ». Ils échangent sur leur vision du monde et du pays, sur le métier de tenancière et la solitude, le changement de vie quand on cesse une activité professionnelle.

À LA RADIO

Alexandre Héraud, producteur de l’émission Il existe un endroit sur France Inter, invite Yvonne et Gérard à l’été 2014.

Nous allons au bout du monde aujourd’hui, là où les vent soufflent fort, et là où finit la terre ! Penn Ar Bed –Finistère. Nous partons dans le monde d’Yvonne, rencontré par l’écrivain de polar Gérard Alle. Tant la rencontre fut forte et remuante, le romancier s’est transformé en réalisateur. Son premier film documentaire, Mon lapin bleu, se passe exclusivement dans le café-épicerie tenu par Yvonne depuis 30 ans. Dans l’endroit même où elle vit le jour, il y a 80 ans. Nous sommes en pays bigouden, à Pouldreuzic , fief des fameux pâtés Hénaff (la petite boîte bleue), le village où naquit Pierre Jakez Hélias, l’auteur du Cheval d’orgueil. 
De l’orgueil, Yvonne en a un peu certes, mais de l’humanité en revanche, beaucoup ! À revendre ! De la tendresse aussi et de la complicité surtout ; de la répartie et de l’humour, ça oui ! Yvonne est unique !
C’est simple, chaque client ressortait ragaillardi de son bistrot au comptoir bas, à hauteur d’accolade, et chaque spectateur du documentaire de Gérard Alle finit le visionnage rassasié, comme « réconcilié » avec son prochain ! Et chez vous, que provoquera cette rencontre à nos micros ?

EN PRÉAMBULE

En plus de l’émission Il existe un endroit d’Alexandre Héraud, France Inter a confié à un photographe, Mat Jacob, une web série documentaire à la découverte des lieux explorés à l’antenne. Voici celui consacré à Gérard et Yvonne !

une co-production Tendance Floue / France Inter / Tita B productions

GÉRARD ALLE & CO

BIOGRAPHIES
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GÉRARD ALLE

Après avoir été, successivement ou en même temps, facteur, VRP, boulanger, céramiste, comédien, restaurateur, apiculteur et conseiller municipal, Gérard Alle se consacre depuis quinze ans à sa passion de toujours : l’écriture.

Pigiste pour divers magazines, romancier, auteur de polars et de livres documentaires sur le monde rural et la Bretagne, il a publié une trentaine d’ouvrages. On peut citer Il faut buter les patates (Le Seuil, puis Locus Solus), Commerces de campagne (Le Télégramme), Les papys féroces, Les jeunes tiennent pas la marée, et la trilogie Lancelot fils de salaud (Coop Breizh), les livres jeunesse La sieste du taureau et Il pleut, il pleut Berbère ! (Locus Solus), le roman noir Memento Mori (In8).

Mon lapin bleu est son premier film en tant que réalisateur, suivi de Hénaff ou le mystère de la petite boîte bleue (Tita Productions – France Télévisions). Après Al lapin a c’haloup bepred, il travaille avec Sylvain Bouttet sur Nous n’irons plus à Varsovie, portrait d’un survivant de l’insurrection du ghetto de Varsovie.

Gérard Alle vit à Douarnenez et se raconte magnifiquement tout seul sur son blog ou par la contribution de Jean-Bernard Pouy, écrivain libertaire de romans noirs à succès, membre des Papous dans la tête.


Les protagonistes

YVONNE SALAÜN

Yvonne est un petit bout de femme aux cheveux blancs, aux yeux rieurs, mince et très tonique. Lectrice de littérature et de philosophie, elle ne regarde pas beaucoup la télévision, à part les infos, de temps à autre. Yvonne a pris la succession de sa mère, dans un café-épicerie, dépôt de pain et jadis salle de banquet, situé dans un petit hameau, à la campagne, au bord d’une route départementale. Une histoire de tenancières, comme bien souvent en Bretagne. C’est une grande bavarde, mais aussi quelqu’un qui sait écouter. Ce qui frappe, chez Yvonne, c’est sa faculté à converser à la fois sur des sujets philosophiques très pointus et sur ce qui semble le plus banal, la vie des gens, leurs petits ou leurs grands soucis. Elle fait du bien à tout le monde et donne aux événements de la vie « ordinaire » une profondeur, une portée universelle.

YANN BIJER

Né à Léchiagat en 1940, Yann Bijer est un auteur et conteur bretonnant bien connu dans le Pays bigouden et au-delà. Élevé en breton par ses grands-parents jusqu’à ses six ans, il redécouvre le breton en 1974 à la suite de la destruction de l’émetteur de Roc’h Trédudon qui priva la Bretagne de télévision pendant plusieurs semaines.
Ses romans policiers, écrits en breton, sont appréciés pour leur style vivace et pittoresque. En 2007, il publie aux éditions Al Liamm un roman sur la vie des marins pêcheurs de Léchiagat, au début du siècle dernier : Avel gornôg. Son roman Torrebenn, paru en 2011, retrace un épisode de la révolte des bonnets rouges en Bretagne en 1675, vécu par des habitants de Combrit. En 2012, il a reçu l’un des Prizioù France 3 du livre de fiction. Son ouvrage Koñchennou ar goelan masklet (les Contes du Goéland Masqué) est accompagné d’un CD qui permet d’apprécier le talent de conteur de l’auteur.

JOSETTE « POULDU »

Plus jeune qu’Yvonne (la soixantaine), Josette tient café à Pouldu en Plozévet, sur une petite route nichée entre la voie côtière et la grande départementale. Elles s’entendent bien. Le café-épicerie est resté dans son jus. Son grand-père s’est installé ici comme forgeron, en 1904. Ensuite, son père y a ouvert un atelier de mécanique. Les clients demandaient toujours s’il y avait un petit bistrot pas trop loin, pour passer le temps, en attendant que la réparation soit terminée. C’est comme ça qu’est né le café. Et puis, il y a eu l’épicerie. Et la quincaillerie. On y vendait de tout : de l’épingle à linge au tracteur. Calme et discrète, Josette avoue qu’à Pouldu le chiffre d’affaires laisse à désirer et que le principal plaisir est celui de la conversation et de l’échange avec essentiellement des habitués, dont les joueurs de cartes qui allaient avant chez Yvonne.

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17 Mars 2017 22:05 - Lefort

Génial ! et tellement vrai, tout comme cette charmante Yvonne. Merci !

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