Manu Le Malin, hardcore

« Sous le donjon de Manu Le Malin » de Mario Raulin

Un soir de 1997, Manu Le Malin découvre un morceau de patrimoine finistérien : le château de Keriolet, le château de Blanche neige sous acide dira le DJ Laurent Garnier. Là s’écrit l’histoire de la frange la plus dure des musiques électroniques. Au fil des années et des raves parties menées jusqu’au petit jour, Keriolet a trouvé sa place sur la carte de la techno mondiale. Manu y revient désormais tous les ans, lui, l’ambassadeur de ce courant musical qui l’habite depuis son adolescence. Des combles au donjon, nous partons à la rencontre de cet étrange oiseau de nuit que seule la lueur du jour peut arrêter.

Édito : Serge Steyer

Auteur-réalisateur d’une trentaine de films depuis la fin des années 80, principalement des documentaires pour et avec la télévision publique (France Télévisions, Arte). Auteur d’articles et de dossiers papier pour Films en Bretagne, dont Photographie de l’activité cinématographie et audiovisuelle en Bretagne (2009) et Réinventons l’audiovisuel public (2013). Directeur ...

SOUS LE DONJON DE MANU LE MALIN

un film de Mario Raulin (2017 - 58')

To rave : délirer, divaguer… s'ecstasyer ?

Début des années 90. Le courant rave, venu des États-Unis, prend ses quartiers en Europe. En France, sur la pointe bretonne, quelques activistes organisent les premiers rassemblements, malgré l’opposition des autorités. En 1994, la première fête a lieu dans un camping du Nord-Finistère. L’année suivante, 1500 personnes se rassemblent et donnent un élan à ce courant musical en Bretagne. 

En 1997, Christophe Lévêque décide d’ouvrir aux fêtards les portes de son souriant et discret château de Keriolet, près de Concarneau. Parmi eux, une forte tête aime dompter les platines jusqu’au petit matin. Manu le Malin a 26 ans, et vient d’élire domicile dans cette ancienne demeure princière.

>>> un film produit par Sourdoreille Production

J’ai tout de suite été submergé

INTENTIONS
Sous le donjon de Manu le Malin Mario Raulin rave party

Mario Raulin, réalisateur du film : Depuis une dizaine d’années, je me passionne pour les musiques électroniques. Cela m’a vite poussé à fréquenter assidûment les événements techno qui ont lieu en France mais aussi à l’étranger. Du petit rassemblement aux énormes raves dans les hangars belges, j’ai toujours observé d’un œil attentif l’évolution de ces nuits, qui attirent aujourd’hui un public de plus en plus large. 
Je suis entré dans la cour du château pour la première fois en mai 2011. Les habitués me décrivaient ce château comme un lieu dingue. L’âme des raves d’antan flottait encore, selon eux, au-dessus de ces vieilles pierres. Il fallait que j’y aille, absolument. J’ai tout de suite été submergé, pris aux tripes. J’ai tout de suite compris que ce qui se passe là-bas est définitivement à part. La nuit à peine tombée, Keriolet s’illumine de mille feux. Les visages s’apaisent, la musique prend ses quartiers pour de longues heures d’échappées cosmiques. Une piste de danse à ciel ouvert, bordée par des jardins classés. Ici, tout est organisé pour rendre la fête belle, et en harmonie avec le lieu. 


Dès mes premiers échanges avec Christophe Lévêque, le châtelain sexagénaire, j’ai été séduit par sa vision des choses. Il aime déambuler dans son jardin d’Eden, échangeant avec les raveurs au cœur de sa propre maison. Hédoniste au grand cœur, il m’a fait tomber sous le charme de sa vieille bâtisse. Mais l’âme de Keriolet a aussi pris corps dans une grande carcasse tatouée : Manu Le Malin qui a déjà joué des dizaines d’heures ici, de jour comme de nuit, là, sous ce donjon. Il est l’homme qui « sent » le château. 
Tous les artistes qui le côtoient le savent : la techno n’aurait pas le même visage aujourd’hui si elle n’avait pas été façonnée par les mains de Manu Le Malin. Notre rencontre a conforté l’image que je me faisais de cet artiste : un homme sans concession, fidèle à ses convictions, qui n’a jamais cédé aux sirènes de la mode. Manu Le Malin est pour moi l’étendard de la techno « made in France ». 
Quand il franchit pour la première fois le porche de Keriolet, il n’a que 26 ans. En 1997, le châtelain tente de redonner vie à sa vaste demeure granit, chahutée par l’Histoire. Il invite une poignée d’activistes bretons de la rave, dont Manu est l’une des figures de proue. 
Vingt ans plus tard, sa notoriété est bien installée. Mais elle n’a pas métamorphosé le bonhomme. Lui, le petit Parisien courtisé sur tout le globe, continue de dire que la Bretagne est sa seconde patrie.

MARIO RAULIN

BIOGRAPHIE
Mario Raulin réalisateur

Né en 1984 à Paimpol, diplômé de journalisme à l’IUT de Lannion (22), journaliste de presse écrite, cadreur et réalisateur. Travaille pendant un an à Ouest-France, dans une dizaine de petites rédactions. Enquêtes, dossiers régionaux, mais aussi actu locale. Une bonne école pour apprendre et mieux connaître la Région dans laquelle j’ai grandi. De 2007 à 2010, il passe à La Nouvelle République, à Poitiers, en charge des dossiers politiques puis de l’actu culturelle. 

À Libération il gère une partie de LibéLabo, la plateforme vidéo, puis il fonde, avec une dizaine d’associés, le pure-player Sourdoreille spécialisé dans les contenus digitaux liés aux musiques actuelles. Il rassemble des journalistes, cadreurs, monteurs et réalisateurs autour de la musique. En trois ans, il co-réalisé plus de 600 vidéos (interviews, lives, sessions acoustiques), tournées dans plus de 30 festivals en France et à l’étranger (Québec, Hongrie, Maroc). Références : C2C, Air, Phoenix, The Kills, Metronomy, Massive Attack, Dominique A... Il co-réalise également des concerts en direct pour le compte de Sourdoreille et Arte Concert. Références : Iggy Pop, Cypress Hill, The Hives, Alt-J... 

Sous le donjon de Manu Le Malin est son premier documentaire.

L'ange noir de la techno hardcore

REVUE DE PRESSE
Sous le donjon de Manu le Malin Mario Raulin rave party


Télérama >>>« Nul besoin d'être un grand psychologue pour me cerner. Regardez autour de moi »

Les Inrocks >>> Pourquoi il faut absolument voir le documentaire sur Manu le Malin, ange noir de la techno hardcore. Sa vie est tellement romanesque qu’il a désormais son propre documentaire. Le boss du hardcore Manu le Malin se dévoile dans un objet visuel à ne pas louper, entre musique extrême et confessions.

Tsugi >>> Sous le donjon…, films d’horreur et souvenirs de rave : rencontre avec Manu le Malin

Ouest-France >>> Sous le donjon de Manu Le Malin est à l’image du personnage : passionnant, original, sombre parfois, drôle aussi. Sa vie, sa carrière, ses hauts, ses bas, ses démons et ses renaissances y sont brillamment racontés. A ne pas rater.

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21 Mars 2017 00:00 - Jo

Formidable, un regret ne pas l'avoir vu en scène hardcore !!!! Sacré bonhomme, bien entouré à priori (j'espère..) et la réalisation est superbe. Le châtelain semble singulier. Merci pour ce film très réussi je vous souhaite une diffusion sur ARTE pour qu'enfin le grand public appréhende mieux cette mouvance musicale. jo

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