Bébel actualités

« Allons-y ! Alonzo ! » de Camille Moulin-Dupré

Le premier film de Camille Moulin-Dupré est un hommage à la culture pop(ulaire) de la seconde moitié du 20e siècle, mêlant avec virtuosité cinéma et BD, Bébel et Milou, Godard et Hergé… Passerelles temporelles et stylistiques pour initiés, mais aussi simple plaisir de regardeur. Pour mémoire, Jean-Paul Belmondo, alias Bébel, est un acteur champion du box-office des années 1960 à 90 avec plus de 150 millions de spectateurs cumulés sur une centaine de films, des chefs d’œuvres et des nanars. Dirigé par Godard, Verneuil et Melville, de Broca, Oury, Deray… Bébel s’est baladé sur tous les écrans du monde, avec sa dégaine inimitable, sa faconde et son punch rigolard. 

Édito : Serge Steyer

Auteur-réalisateur d’une trentaine de films depuis la fin des années 80, principalement des documentaires pour et avec la télévision publique (France Télévisions, Arte). Auteur d’articles et de dossiers papier pour Films en Bretagne, dont Photographie de l’activité cinématographie et audiovisuelle en Bretagne (2009) et Réinventons l’audiovisuel public (2013). Directeur ...

ALLONS-Y ! ALONZO !

un film de Camille Moulin-Dupré (2011 – 8’)

Un vieil homme de belle allure flâne en bord de mer avec son Yorshire blanc quand un numéro du New York Herald Tribune et la silhouette d’une femme viennent perturber sa promenade. Il se lance à la poursuite de la belle et plonge dans une bande dessinée animée qui retrace ses tribulations sur grand écran et ses amours de cinéma... Ce film d’animation est un hommage coloré à Jean-Paul Belmondo. 

>>> une production Vivement Lundi !

UN GIGANTESQUE CROSS-OVER

INTENTIONS DU RÉALISATEUR
Allons-y! Alonzo! réalisation Camille Moulin-Dupré production vivement lundi

J'ai toujours souhaité créer des narrations dans lesquelles on basculerait d'un univers à l'autre, sans cesse. J'aime jouer sur les transitions, les raccords, écrire des histoires faites de papillonnements, d'une référence à une autre, le plus souvent par l'intermédiaire de citations équivoques. La carrière de Belmondo est propice à pareille entreprise. 
L'idée centrale de cet hommage est d'offrir à l’acteur une dernière aventure qui parcourt l'ensemble de sa carrière. Dans ses nouvelles pérégrinations, il part à la poursuite d'une jeune femme, figure narrative récurrente de sa filmographie. Une promenade à travers les décors, plans et séquences issus directement des films marquants de sa carrière où il croiserait bon nombre de comédiens incontournables du cinéma français. Un gigantesque cross-over qui laisserait évoluer les protagonistes dans des univers changeants, dans les genres comme dans la chronologie. 


Le parti-pris esthétique principal du projet est d’ancrer cette aventure dans un univers visuel inspiré par la traditionnelle bande dessinée franco-belge. Un film dont le découpage joue perpétuellement sur la « mise en cases », un film tout en lignes claires et en aplats colorés. J’ai été particulièrement frappé par l’influence d’Hergé sur les films de De Broca. L’idée m’est donc venue de dépasser l’image de l’acteur fatigué s’affichant avec son Yorkshire blanc pour la sublimer et représenter Bébel comme un Tintin vieillissant avec pour compagnon un cousin germain de Milou. Partant de ce postulat, je retranscris ses films m’ayant le plus marqué à travers le prisme et les codes de la bande dessinée. Je me réapproprie des séquences marquantes, des références par le dessin et par mes parti-pris colorés. J’utilise aussi les bulles, les vignettes, des découpages propres à la BD. Bref, une pratique qui m’est chère et que j’ai déjà pu expérimenter et mettre en place dans mes précédentes réalisations : mélanger et assimiler cadres cinématographiques et planches de bandes dessinées. 
Assimilant instinctivement les divertissements grand public de Belmondo aux aventures des hebdomadaires qu’affectionnait mon père dans sa jeunesse, j’imagine les films cités comme autant d’épisodes des revues Pilote, Spirou magazine ou, bien sûr, du Journal de Tintin. Je cherche une narration donnant la sensation que l’on feuillette l’un de ces magazines tandis que l’on progresse dans le scénario. La filmographie particulièrement riche et diverse de Belmondo me permet d’évoquer les différentes ambiances et les héros que l’on retrouve au fil des pages de ces périodiques : Tintin, Michel Vaillant, Astérix, les vieux polars, les séries à suspenses, d’actions, de guerres ou de sport. Sans chercher l’exhaustivité, je tente de donner une tonalité renouvelée à des films dont les personnages semblent déjà sous l’influence du 9e Art : Le Doulos (ou la silhouette très graphique d’un Dick Tracy à la française), 100000$ au soleil (imaginaire colonial simpliste à la manière d’un Tintin au Pays des Berliet), Peur sur la ville (avec son méchant caricatural), etc. Enfin, en structurant le récit autour de À bout de souffle et de Pierrot le Fou (des références évidentes à ces deux films ouvrent et closent le scénario), je rends hommage aux deux films fondateurs du mythe Belmondo. 
Camille Moulin-Dupré

CAMILLE MOULIN-DUPRÉ

BIOGRAPHIE
Camille Moulin-Dupré réalisateur Allons-y! Alonzo!

Né en 1982 dans une famille d’artistes, Camille Moulin-Dupré découvre les arts graphiques dès son plus jeune âge. Il obtient un DEUG d’Arts Plastiques à l’Université Rennes 2 en 2001. Après des études aux Beaux-Arts, il réalise en 2009 le court-métrage d’animation Allons-y ! Alonzo !, un hommage à Jean-Paul Belmondo dans un univers graphique et narratif de bande dessinée franco-belge. Diffusé sur France 2, le film connaîtra une centaine de sélections en festival à travers le monde. Ancien directeur artistique dans le jeu vidéo et passionné par le Japon, Le Voleur d’estampes est son premier livre. Il a fait trois résidences d’artiste à la maison des auteurs d’Angoulême entre 2011 et 2013.

FILM POP À LA FRANÇAISE

REVUE DU WEB

Arte >>> C’est quoi Jean-Paul Belmondo ? 

La Griffe >>> En choisissant Jean-Paul Belmondo comme figure iconique, Camille Moulin-Dupré profite d’un comédien qui aura été consécutivement l’acteur moderne nouvelle manière (le naturel avant la technique) de la Nouvelle vague, puis Bébel, le héros d’action inventé par Philippe De Broca qu’aura fait fructifier une bonne partie du cinéma populaire des années 60-70. Deux visages très différents qui permettent à Allons-y ! Alonzo ! de couvrir un spectre assez large du cinéma français : des audaces formelles de son avant-garde à la force spectaculaire de son « cinoche ». C’est donc à un véritable voyage fantasmatique dans l’histoire du cinéma français que Allons-y ! Alonzo ! nous convie. Les différents tableaux structurant ce flashback de course poursuite rêvée par le Belmondo d’aujourd’hui (version Un Homme et son chien donc) renvoient à autant d’univers, de Jean-Luc Godard à Henri Verneuil en passant par De Broca. Autant de signes, de figures, d’ambiances qui, dialoguant entre eux, forment une sorte de film pop à la française. Ici se situe la très grande originalité du film, car quand le cinéma français se prête à l’esthétique pop, celui-ci travaille en général un imaginaire lui étant étranger, comme si l’imaginaire français était inexistant.

Télérama >>> Notre hommage perso à Belmondo
Imaginer un remake du Magnifique avec Jean Dujardin, en comique élastique, ou du Doulos avec Sandrine Kiberlain, chapeau mou et imper mastic... Petit exercice de divagation.

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