Graffeurs : vandalisme ou utilité publique ?

« J'irai graffer sur vos murs »

Avec ce documentaire inédit, nous partageons les (ex)actions d’artistes-graffeurs qui s’expriment sur les innombrables surfaces disponibles dans l’espace urbain. Disponibles peut-être, mais illégalement. C’est pourquoi le graffeur agit souvent dans la clandestinité, de nuit et cagoulé. Entre lui et la police, se joue un jeu du chat et de la souris. Découvrez qui je suis… et prouvez-le ! parole de WAR! un graffeur dont nous suivons les virées nocturnes. Il fait partie de ces artistes rennais plus connus à l’étranger que chez eux, car en quelques années, Rennes est devenue l’une des villes françaises les plus en pointe dans l’art urbain.


En effet, depuis 2002, elle met à disposition des murs dans le cadre de sa politique culturelle. Grâce au RUE, Réseau Urbain d’Expression, les street-artistes ont accès à des appels à projets, des commandes publiques, des marchés privés. Ils organisent même une Biennale du graffiti. 

Ailleurs aussi, certaines mairies ne considèrent plus seulement les graffeurs comme des vandales qui souillent l’espace public. Finalement, un beau graffiti peut atteindre le rang d’œuvre d’art et transcender la grisaille urbaine. Certains graffeurs sont ainsi passés de la clandestinité à une normalisation de leur activité.

Mais en légalisant une fraction de la création de graffitis sur les murs de la ville, le politique a-t-il neutralisé son aspect subversif ? A-t-il altéré le sens originel de cet art, qui voulait manifester une forme de révolte ?

transgression procédé appartenance
J'IRAI GRAFFER SUR VOS MURS

un documentaire d'Erwan Le Guillermic et David Morvan (2017 - 52')

Le graffiti est avant tout un besoin de s'affirmer. Je peins donc je suis ! déclame WAR!, artiste rennais, sur un mur de la ville. Et cela tourne souvent à l’obsession. Inscrire son nom de rue dans la ville, son « blaze », peut devenir une addiction. La Bretagne n’échappe pas à ce phénomène. Tandis que CACA, le tagueur invisible, signe frénétiquement aux quatre coins de Rennes son "Bon dimanche", d’autres artistes sortis de la clandestinité travaillent à des commandes publiques de la ville. Le film propose une plongée dans cet univers coloré, transgressif, qui ne laisse personne indifférent et offre un nouveau regard sur nos murs.
>>> un film produit par Julie Kerlan, Bleu Iroise

BREIZH GRAFFITI

NOTE D'INTENTION

J'irai graffer sur vos murs

Faute d’intérêt architectural ou de beauté particulière, nous ignorons souvent ces murs gris, ces panneaux de tôle, ces bâtiments en friche, qui font partie de notre décor quotidien. Les graffeurs y voient des toiles à ciel ouvert et le moyen de transformer un endroit vide en espace chargé de sens. 
Les années 80 voient l’émergence de la scène rap et de la culture hip-hop. La jeunesse adopte alors de nouveaux codes dont le graffiti, un de ses modes d’expression le plus transgressif. Si la culture hip-hop autrefois underground est aujourd’hui devenue mainstream, le graffiti, lui, continue à faire débat entre les artistes sollicités sur commande qui s’expriment en toute légalité, et ceux qui continuent d’œuvrer dans l’ombre et dans l’anonymat. 
En immersion avec les acteurs de cette scène artistique, une jeunesse entre 15 et 35 ans, le film prend la forme d’une déambulation au cœur et aux marges de la cité, pour questionner trente ans de cette révolution culturelle urbaine.

ERWAN LE GUILLERMIC ET DAVID MORVAN

BIOGRAPHIE

Erwan Le Guillermic et David Morvan

Erwan Le Guillermic et David Morvan sont auteurs-réalisateurs. 
Ils coréalisent des documentaires pour la télévision depuis 2005, avec une prédilection pour les films historiques et culturels : L’incendie (2014) sur l’incendie du Parlement de Bretagne, Rock da breizh (2013) sur l’esprit rock en Bretagne, Génération Yaouank (2013) pour les 15 ans du festival de musique bretonne, Rock ‘n’ Rennes (2015) sur l’émergence de la scène rock rennaise du début des années 80, ou encore deux documentaires sur les langues de Bretagne (2007) pour le Musée de Bretagne. Ils réalisent régulièrement des sujets pour les magazines Littoral et Thalassa. 
Passionné de voyages et de cultures d’ailleurs, Erwan est avant tout curieux de l’autre. Après Sciences Po, Erwan revient vivre à Rennes en 2003 pour y écrire ses films qui questionnent la Bretagne. Son sens de l’écoute en fait un intervieweur à qui on aime se confier. 
Féru de culture, et notamment de musique, son esprit critique et sa capacité à remettre en question l’existant font de David un réalisateur qui sort des sentiers battus et affectionne particulièrement mêler interviews et images d’archives.

MURMUR(E)S DE LA VILLE

REVUE DU WEB

L’Ouest en mémoire >>> À Rennes, l'association de graffeurs, Graffiteam, est en charge de l'embellissement d'un mur en béton longeant la voie ferrée, boulevard du colombier. Le graffeur Mathias Orhan, ainsi que quinze autres artistes réalisent cette fresque murale sur le thème de "Rennes en 2039". (reportage 1'18 - 2000) 

WAR! les murmur(e)s de la ville >>> Vidéo réalisée par Richard Volante avec la complicité de Jean-Baptiste Gandon. 

Libération >>> Dans Star, son premier film de fiction, Marc-Aurèle Vecchione suit les pas d'un graffeur parisien dragué par le marché de l'art. Il commente pour Libération les transformations de cet art né de l'expérience adolescente de la rue.

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