Une balade à la mer

« une balade à la mer » de Damien Stein

Intrigante expérience tentée par un réalisateur : Damien Stein, alors débutant, décide d’appliquer au monde réel une technique de prise de vue pour film d’animation. Le stop motion consiste à animer des marionnettes devant une caméra qui enregistre, image après image, chaque fraction d’un mouvement. Or, pendant que l’animateur travaille, la vie continue dans le monde réel, et à la prise de vue suivante le temps aura fait un bond en avant de plusieurs secondes, voire plusieurs minutes.

Il en résulte une extraordinaire sensation de bi-temporalité qui fait sens (grâce à un travail important de montage son) : nous, les vrais gens, dans un rythme effréné qui nous conduit à devenir presque insaisissables, et ce petit bonhomme qui vit à son rythme, tranquille. Étrange climat, pour une histoire.

road trip
UNE BALADE À LA MER

un film de Damien Stein (2013 - 3')

Une balade à la mer est l’odyssée d’un petit homme qui sort dans la grande ville pour libérer son poisson rouge. Mais il se confronte aux inconvénients d’un monde totalement hachuré. Mine de rien le film pose la question de notre (in)consistance.

Une centaine de sélections dans le monde et onze prix décernés, Une balade à la mer a aussi été lauréat du concours MK2, les courts métrages, et ainsi diffusé pendant un an dans 60 salles + un mois dans 400 salles CGR, soit plus de 4 000 projections.

Retrouvez un entretien avec Damien Stein dans Alter 1fo ainsi que sa bio sur KuB

UN FILM À DEUX VITESSES

INTENTIONS

une balade à la mer Damien Stein  KuB1

Damien Stein : Je voulais faire un film où un personnage de dessin animé serait confronté au monde réel. C’est ce qui m’a amené à tourner un film d’animation en extérieurs ! Avec quelques amis, sans véritable production, nous avons passé deux semaines dans la rue à tourner. À peu près un plan par jour. Nous avons donc dû être concis. Les défis techniques ont été conséquents, certains plans pâtissent de notre inexpérience, mais au final, il y a un film. 

Le montage du son a été, lui aussi, fait image par image, pour raconter l’histoire de ce personnage qui vit à une cadence qui ne correspond pas à celle des humains. À chaque prise de vue, un fragment de vie est venu faire irruption autour du personnage : une personne qui traverse le champ, une voiture qui klaxonne, un chien qui aboie… La démarche sonore a dès lors consisté à faire correspondre le son avec l’image. Ce jeu de correspondance a débouché sur une partition sonore proche de l’abstraction. J’ai décidé d’ajouter de la musique pour remettre de la linéarité dans la bande son. Cela permet au fil narratif de ne pas être dominé par la dimension expérimentale et de faire de ce film une aventure appréciable par tous.

Le tournage a eu lieu en 2009. Face au défi que représentait le travail de montage sonore, et au fait que j’étais convaincu d’avoir raté beaucoup de plans, j’ai décidé de ne pas aller au bout. Quelques années plus tard, hanté par mon désir initial, j’ai finalement terminé le film. C’était en 2013. Et depuis il a, à ma grande surprise, pas mal voyagé !

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