BANTAM LYONS, Michel

« Michel » par Antoine Biotteau

Un long travelling suit le couple, du départ du village jusqu'au clair de lune de leurs ultimes soupirs.

Selon Jean Vilar, comédien et créateur du Festival d'Avignon, le théâtre est une nourriture aussi indispensable à la vie que le pain et le vin...Le théâtre est donc, au premier chef, un service public. Bantam Lyons fait sienne cette maxime en rendant gloire, dans ce clip réussi, au sixième art. 
Les guitares sombres et la voix ténébreuse de Loïc Le Cam habillent la succession de petites scènes, une adaptation d'un conte traditionnel du Pays Léonard Les fiancés de Plougastel d'Yves Pinguilly. C'est en quelque sorte, comme si Joy Division s’invitait dans une représentation de théâtre rural. 
Le fond du récit, tragique, a été dépeint à maintes reprises. Deux jeunes qui s'aiment à mort, et qui meurent d'amour. Désirant fuir la double oppression du clergé et des qu'en-dira-t-on, nos Roméo et Juliette armoricains décident de se déraciner de la terre qui les a vus naître et de convoler dans des contrées moins hostiles et définitives. 
Les décors volontairement chiches ne retirent rien à la violence finale : les deux aimants attirés par la même lame du couteau qui arrache leurs cœurs. L'habile mise en scène nous fait glisser du noir et blanc à la couleur, du théâtre à la musique, tel un fluide fil conducteur artistique et sensoriel. Un long travelling suit le couple, du départ du village jusqu'au clair de lune de leurs ultimes soupirs. Les musiciens apparaissent quant à eux, entre les deux actes, cliniques et impuissants. 
Dans son célèbre opus, Psychanalyse des contes de fées, Bruno Bettelheim évoque le besoin de magie chez l'enfant, encerclé d'ogres et de monstres. Son divan d'immondes a trouvé un repreneur. Une fois adultes et lassés des tours de passe-passe, nos bambins auront recours au cabinet des Bantam Lyons, qui tentent de panser le principe de réalité des sentiments.

MICHEL

un clip réalisé par Antoine Biotteau (2017 - 4'10)

BANTAM LYONS

BIOGRAPHIE

Est-ce que je me suis mis à écouter de la pop music parce que j’étais malheureux ? Ou étais-je malheureux parce que j’écoutais de la pop music ? se torturait Rob Fleming, le personnage principal du roman High Fidelity de Nick Hornby. La question pourrait également se poser pour les blancs-becs de Bantam Lyons. Parce que les morceaux de ces quatre jeunes Bretons en exil à Nantes vous collent la boule au ventre plus efficacement encore qu’un après-midi de crachin brestois passé le nez collé à la fenêtre. Et parce qu’on y entend en filigrane un condensé de ce qui s’est enregistré de plus mélancolique depuis les années 80. Portée par une voix singulière qui vous remue les tréfonds, la musique de Bantam Lyons réveille l’éternel adolescent éconduit qui sommeille en chacun de nous. Parce qu’il est parfois bon d’être un peu malheureux. Et qu’il est toujours bon d’écouter de la pop music. Peu importe le reste.

Une rêverie aux contours mal dessinés

NOTE D'INTENTION
bantam lyons

Étant tous originaires de Bretagne - le groupe, le réalisateur et le metteur en scène - nous voulions adapter une légende bretonne, ces récits qui ont baigné nos enfances et nourri nos imaginaires. Ces contes ont eu une influence sur nos vies et nos projets artistiques. Nous avons choisi Les Fiancés de Plougastel car il existe un lien entre cette histoire et les paroles de Michel, puisque le morceau parle de manière très prosaïque d'une romance avortée entre deux collègues qui travaillent dans une grande surface. 
Le texte est en deux parties, la première évoquant des souvenirs de cette relation et la seconde sa fin et ses répercussions. L'action se déroule dans deux lieux : la place du village puis la lande. Les deux décors fonctionnent de la même façon : l’environnement familier des amoureux et le second, celui de leur mort. Cette simplicité des décors a été voulue pour conserver le côté irréel du conte, comme une rêverie aux contours mal dessinés. Ces décors devaient aussi permettre au spectateur de se concentrer sur le jeu des acteurs, afin de mieux saisir les enjeux de l'histoire et de voir apparaître le groupe comme une parenthèse où le réel reprend le dessus, avant l'épilogue tragique du conte, souligné par le passage à la couleur.

UN ROMANTISME EXALTÉ

REVUE DU WEB
Bantam Lyons

Les Inrocks >>> Originaires de Brest, les Bantam Lyons portent le nord-ouest dans leur coeur et dans leur musique. Pluie, mélancolie et rage sont ici au programme d’un album sous haute perfusion eighties, dans lequel on entend les réminiscences de groupes aussi recommandables que les Chameleons ou les Cure.  

New Noise >>> Guitares célestes perçant la brume, voix ressuscitée des eighties, mélodies évidentes se plaisant à divaguer dans les clairs-obscurs, tout ici nous ramène près de trente ans en arrière avec malgré tout, et c’est tant mieux, une personnalité et une musicalité propre. 

Mowno >>> Ce romantisme exalté, presque adolescent, on le côtoie tout au long de l’album. Mais attention, ici pas de geignardises ou de complaisance. Non, chaque morceau se vit comme le point déterminant d’une existence, le tout enveloppé de sacré par l’irruption solennelle d’un clavier en appui. Se dessinent alors en trame de fond des courses effrénées contre la pluie battante, qu’on imagine forcément se dérouler sur la rade de Brest (même si le groupe vit désormais à Nantes). 

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